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Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences (PV Jolie fleur)

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Melody Lawford
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Mer 4 Avr - 14:22
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
Un jour spécial pour nous


Non pas ça... Ça non plus.. Je poussais un soupir à en fendre l'âme à la vue du tas de fringues étalé sur mon lit. Toutes mes fringues et rien ne parvenait à trouver grâce à mes yeux : trop couvert, la couleur ne me va plus avec mes récentes modifications corporelles, ma queue ne passe pas à travers le tissu.. Un vrai désastre. Je jetais un bref coup d’œil au dehors pour observer le beau temps qui semblait me narguer. Certes, je ne pouvais pas quitter l'enceinte de l'établissement mais j'avais espéré un petit moment pouvoir profiter du parc et des rayons du soleil. C'était tout de fois peine perdue si je ne palliais pas sous peu à cette lacune dans ma garde-robe. Une lacune qui me porter préjudice pour les prochains week-end à venir qui plus est. La poisse.. Je poussais un second soupir tout aussi pitoyable. Décidément, les dieux - si tant est qu'ils existent - avaient décidés de s'acharner sur moi comme sur ma côte de popularité. Ces écailles d'abord et maintenant ça.. Je m'apprêtais à me résoudre à passer ce Samedi ensoleillée à écouter de la musique, à chantonner et à observer ma jolie colocataire, étudiée comme à son habitude quand un petit duo d'idées vinrent à germer dans mon esprit.. Deux solutions s'offraient en effet à moi : je pouvais appeler Naomi pour lui réclamer de me ramener des affaires, voire de m'en acheter, mais je doutais que cette solution et le trajet qui va avec ne lui conviennent ;je pouvais aussi essayer de négocier auprès de Weiss un emprunt mais je préférais y renoncer aussitôt. je ne voulais pas qu'elle se fourvoie. Je lui avais piqué un certain nombre de vêtements depuis son arrivée - toujours en les remettant à leur propriétaire après lavage et étendage - et je ne voulais pas incommoder la demoiselle avec mes problèmes vestimentaires, ni lui faire penser que je ne convoitais son amitié que dans un simple but matériel. Finalement rien n'y fera. Je soupirais de nouveau en m'étendant dans mes vêtements pèle-mêle, agacée par la situation. Si seulement je pouvais sortir..
Sortir?

Je me redressais d'un coup après qu'une idée ne m'apparaisse claire. Les rues de Londres m'étaient certes interdites pour éviter un élan de panique ou d'écorner la couverture de cette école mais il n'en était rien de la ville souterraine ou de son alter-ego céleste. De plus, l'un de mes professeurs avaient évoqués une ville aoranne sous la surface terrestre, à l'architecture hors du temps, regorgeant de mythes, mais aussi de bibliothèques, de musées, d'aorannes mais aussi d'échoppes. L'occasion rêvée pour en apprendre plus sur moi-même, ma culture d'adoption et même peut-être sur mes pouvoirs.. Je sentais l'excitation monter en moi rien qu'à l'idée de m'aventurer dans ces rues d'un autre temps cependant un sentiment de crainte s'y mêler : je ne voulais pas y aller seule. Je ne connaissais rien du monde d'en bas et même si je doute que cela n'arrive, je ne désirais pas me perdre seule là-dessous ou même faire de mauvaises rencontres. Je me saisissais d'un débardeur, négligemment posé sur le rebord de mon lit et d'un jean, troué par endroits, avant de m'en revêtir tandis que j'essayais de trouver une alternative. L'alternative m'apparut dès lors : rayonnante comme à son habitude. Je pouvais demander à Edelweiss. Certes, elle semblait trop studieuse pour qu'une virée, légèrement égoïste, ne puisse l'intéresser mais, même si le refus semblait évident, j'aimais à croire que je pourrais la convaincre. Que nous pourrions passer de nouveau un moment semblable à celui de notre douche. Que nous pourrions échangées un peu plus. Après tout, la situation ne s'était-elle pas normaliser entre elle et moi? N'étions-nous pas devenues des amies? C'était le moment de le vérifier et étrangement je me sentais plus nerveuse qu'à l'accoutumée.

Je m'approchais doucement de la demoiselle jusqu'à être à portée de bras. J'hésitais un instant : après tout, elle semblait totalement plongée dans ce qui me semblait être de la physique. Ou des maths. Ou quoi que ce soit d'autre. Je n'écoute pas vraiment en cours... Je prenais une inspiration avant de poser ma main sur son épaule en m'approchant pour qu'elle ne s'inquiète pas.

-"Coucou.. Désolée de t'embêter.. Je voulais faire un peu de shopping dans la ville souterraine.. Acheter des livres, des vêtements et en apprendre un peu plus sur moi.. ça te dirait qu'on y aille toutes les deux?" fis-je en cherchant mes mots pour que ça ne semble pas trop suspect ou dirigiste.

Bon certes, c'était peut-être un peu direct et étrange de lui proposer de m'accompagner. Après tout, elle n'avait rien à faire là-bas que je sache et mis à part perdre du temps à mon profit, je doutais que la demoiselle ne puisse vraiment trouver une motivation pour accepter. Bon quitte à être sincère et vu que personne n'est là pour nous épier..

-" Tu n'es pas obligée mais je me suis dis qu'on pourrait en apprendre un peu plus l'une sur l'autre comme la fois dernière.. Les cours nous empêchent de le faire et je t'avoue que je m'interroge toujours sur les goûts, les rêves et les passions d'une fille aussi adorable que toi" fis-je en souriant malicieusement.

Peut-être qu'aujourd'hui encore ce jour sera spécial pour notre amitié.






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Edelweiss L. Wintenberger
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Mer 4 Avr - 19:05


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




Comme à l'accoutumée la jeune fille s'était levée en même temps que le jour pour prendre sa douche à l'abri des regards et s'atteler à ses exercices. Le Samedi était la journée idéale pour avancer tous les devoirs de la semaine à venir et ainsi s'octroyer un peu de repos pour le lendemain. Ce qui est fait n'est plus à faire après tout.
A pas feutrés, elle alla s'installer au bureau accompagnée de ses livres et cahiers pour se mettre au travail. Une certaine routine avait réussi à s'installer depuis son arrivée malgré tout les événements surnaturels qui étaient survenus. Ses colocataire dormaient encore tandis qu'elle ouvrait déjà son manuel dans le plus calme des silences. La jeune fille appréciait ces instants de tranquillité où elle se retrouvait seule face à sa feuille encore vierge, le crayon en main. Ce quotidien avait quelque chose de rassurant pour Weiss encore si peu habituée à ces histoires de magie. Bien sûre, elle ne pouvait plus nier son existence, Juwelen et Melody en étaient des preuves physiques incontestables, cependant elle avait encore du mal à accepter certaines choses. Elle qui avait l'habitude de ne jurer que par la science...
En parlant de science, son exercice n'allait pas se faire tout seul. L'esprit de la jeune Allemande fit appel à sa rigueur et sa logique naturelle pour entamer la première question. Rien de bien compliqué à bien y réfléchir. Une simple application de la méthode donnée dans le cours. C'est vrai qu'elle avait toujours eu des facilités à résoudre ses exercices sûrement grâce à sa régularité de travail. Ou bien grâce aux gènes de ses parents tout deux professeurs d'université ? Enfin peu importe, le fait est que le résultat y est, ce qui n'est pas pour déplaire à la jeune fille si soucieuse de bien faire.

Le temps s'écoulait au rythme de son écriture sans même qu'elle ne s'en rende compte. Il est vrai qu'une sorte de déformation temporelle semblait s'affirmer à chaque fois qu'elle travaillait comme si les heures étaient aspirées par une force à la limite du surnaturel. Ce phénomène avait tendance à l'épater. Il était plutôt amusant de voir à quel point le temps pouvait se jouer du monde, à passer aussi vite qu'une ombre, silencieux, sans se faire remarquer. Weiss esquissa un léger sourire à cette idée en tournant une page de son livre. Même s'il y avait bien des choses qu'elle ne supportait ni ne tolérait en cette Terre, il y avait également énormément de mystères et de trésors qu'elle aimerait explorer. Puis une agitation se glissa à son oreille. Apparemment les filles commençaient à se lever tandis que Weiss jeta un rapide coup d’œil à sa montre. Bien sûr, elle salua ses colocataires de sa petite voix discrète puis reporta immédiatement son attention sur ses exercices pour ne pas perdre le fil.
Plus les minutes passaient plus elle sentait du mouvement derrière son dos. Nia avait apparemment décidé de profiter du soleil de la journée tandis que Melody semblait exaspérée à tel point que Weiss pouvait entendre ses soupirs de là où elle était... Puis sa colocataire s'effondra sur son lit. A peine réveillée qu'elle était déjà démotivée de la journée ? Quel dommage, il fait pourtant si beau... Suivant sa pensée comme un automatisme, la jeune fille tourna la tête pour regarder un instant le ciel bleu et les rayons dorés qui caressaient les vitres de la fenêtre avant de replonger son nez dans son exercice. La question qui était posée demandait plus de réflexion que les autres et elle avait besoin de concentration. Comme un fait exprès, c'est ce moment que choisit sa colocataire pour lui poser sa main sur l'épaule. Obnubilée par les chiffres, Weiss ne l'avait pas entendu arriver et sursauta à son contact avant de vaguement tourner la tête pour lui signifier qu'elle l'écoutait. Son crayon à quelques centimètres du papier, ses yeux fixant les données de l'exercice et ses oreilles attentives à ce qui lui disait Melody. Finalement, elle se tourna en affichant un air étonné. Sa colocataire lui proposait une sortie shopping ? Mais pourquoi donc ? Dans ses souvenirs, il ne lui semblait pas avoir déjà dit qu'elle avait besoin de quoi que ce soit que Melody voulait acheter... Pourquoi fallait-il qu'elle l'accompagne ?

*Elle cherche ta compagnie petite fleur.* lança Juwelen de son perchoir pour voler au secours de son amie.

Il sentait bien son incompréhension et ne voulait pas la laisser dans l'embarras trop longtemps. Décidément, son âme sœur avait vraiment du mal avec les contacts sociaux...

- Oh heu.. C'est gentil d'avoir pensé à moi mais j'ai encore des devoirs.. répondit-elle en jetant un regard furtif à son livre.

Son compagnon ailé l'avait aidé à y voir plus clair mais il n'empêche que cette histoire lui avait fait perdre le fil de son problème... Tant pis, elle devrait pouvoir le retrouver sans trop de soucis. Elle allait d'ailleurs s'y atteler lorsque Melody reprit la parole, argumentant pour convaincre la jeune fille. C'est vrai que ses propos avaient quelque chose d'attendrissant et son compliment la fit même esquisser un sourire timide. Mais malheureusement pour sa colocataire, la jeune fille était plus attirée par son travail que par une petite balade... Et puis elle devait avouer qu'elle avait un peu peur de sortir dans une ville qu'elle connaissait à peine.

*Allons, tu ne seras pas toute seule. Et puis, ça ne peut pas te faire de mal de sortir un peu. J'avoue avoir bien envie de me dégourdir les ailes. Oh ! Et ce sera l'occasion de prendre quelques clichés !* s'empressa de dire Juwelen en allant dans le sens de Melody et en rejoignant l'épaule de Weiss.

La jeune fille le regarda un instant puis glissa délicatement ses doigts sur les plumes du quetzal avant de soupirer de résignation.

- Bon.. D'accord. Mais à deux conditions.. Déjà, j'aimerais finir mon exercice. Et ensuite Juwelen viendra avec nous. Est-ce que ça te vas ? demanda-t-elle en se retournant déjà sur l'exercice.

Elle n'avait pas envie de perdre de temps ni de faire patienter sa colocataire plus que de raison mais sa première condition était obligatoire. Elle avait déjà perdu un peu le fil mais elle pouvait le récupérer rapidement. Par contre, si elle attendait un journée entière elle risquerait d'avoir du mal à s'y remettre... Et pour la deuxième condition.. Elle avait remarqué que ses migraines pointaient lorsque Juwelen était vraiment trop loin d'elle. Était-ce en rapport avec le lien de leurs âmes ? En tout cas c'était la seule explication acceptable... Enfin, il était inutile de le préciser à Melody pour éviter de l'inquiéter...
Quelques minutes s'écoulèrent avant que Weiss ferme son livre. L'exercice étant finit, elle pouvait désormais se préparer un minimum pour sa sortie. Prévoir un peu d'argent, quelques affaires jugées utile et sa sacoche contenant son appareil photo. D'ailleurs une pensée lui traversa la tête. Avait-elle déjà sorti son appareille depuis son arrivée ? Il ne lui semble pas... Melody ne devait même pas savoir qu'elle était une apprentie photographe...

- Excuse-moi, je t'ai fais attendre, interpella-t-elle pour signifier qu'elle était prête à y aller.


Codage par Nika L. Iélanov sur Pensionnat Immortalia
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Melody Lawford
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Mer 4 Avr - 20:33
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
Phantom Train


J'attendais avec impatience la réponse de ma camarade qui semblait pensive quand à ma proposition. Au fond de moi, je craignais qu'elle ne refuse. C'était presque probable. Je commençais à bien connaître la demoiselle et ses habitudes de part le semblant d'admiration et d'intérêt qu'elle avait su insinuer en moi au cours de nos précédentes entrevues. Dès lors, je ne doutais pas que l'attrait du travail saurait la ravir plus que ma présence, car quoi qu'il en soit, je savais que je n'avais pas encore su me frayer un chemin dans son cœur au point de sortir ensemble faire les boutiques. Après tout sa première réponse avait été par la négative et même si je n'avais pu m'empêcher d'essayer de la convaincre, je ne désirais en aucun cas l'importuner ou la forcer. Je m'apprêtais donc à abandonner, un peu déçue lorsque sa voix s'éleva de nouveau.

- Bon.. D'accord. Mais à deux conditions.. fit-elle finalement après un petit sourire adorable.

Mon cœur fit un bond. Le genre de bond que seuls les plus grandes joies peuvent produire. Le genre de bond que j'avais pu ressentir lorsque j'avais pu goûter pour la première fois aux joies des podiums. Une joie indicible et un sentiment de gratitude vint à se manifester en moi. Weiss acceptait de m'accompagner et j'avais véritablement l'impression que cela ne laissait espérer que du bon pour les choses à venir. Je me gardais cependant d'en faire l'étalage et j'écoutais sagement la suite, non sans me départir d'un grand sourire assez évocateur de mes sentiments.

Mais à deux conditions.. Déjà, j'aimerais finir mon exercice. Et ensuite Juwelen viendra avec nous. Est-ce que ça te va ? conclut t-elle en se détournant de moi.

J'opinais derechef avant de lui manifester mon approbation. De toute manière, je ne pouvais décemment pas lui refuser des conditions aussi simples.

-"Oui, je te laisse faire tes exercices.." dis-je tout en dégageant une mèche de cheveux récalcitrante de mon regard.

Je profitais de ce mince répit pour m'emparer de quelques affaires nécessaires à notre exploration de la cité des Aorannes. Je me dotais donc d'un sac à dos pour y entreposer nos éventuelles achats ainsi que de suffisamment d'argent pour pallier à tout nos besoins qu'ils soient alimentaires ou simplement matériel. Je dois dire ne pas avoir une grande notion de l'argent : c'est un peu le problème de la célébrité. Gagner une certaine fortune sans y gagner le sens des réalités en parallèle. 500 livres devrait suffire non? Je restais un petit moment pensive avant de prendre 100 livres de plus. Ne sait-on jamais. Je me tenais donc fin prête à partir lorsque je vis la Miss refermer son livre.

-"Excuse-moi, je t'ai fais attendre"

Je lui adressais un sourire en ouvrant la porte, lui désignant le couloir comme pour l'inviter à prendre la tête de notre petit cortège.

-"Ce n'est rien, je suis déjà contente que tu acceptes de me suivre ! On a un peu de route.." fis-je en notant la présence d'une sorte d'objet dans sa main : une sacoche peut-être. " .. ça nous fera un peu de temps pour discuter..."

---


Il ne nous fallut que peu de temps pour rejoindre le parc attenant de l'école. Une bouffée d'air frais auquel j'aspirais depuis longtemps déjà. Je crois même que je n'avais plus franchi les portes de l'extérieur depuis un bon moment - du moins il me semblait qu'une éternité s'était déroulée depuis la dernière fois où le soleil était venu mordre ma peau de ses rayons. Je sautillais pour descendre les quelques marches du perron afin de rejoindre la terre ferme puis je m'étirais en relevant la tête vers l'astre solaire, laissant ce dernier m'irradier de sa lumière salvatrice et réconfortante.

-"Ça fait du bien.." fis-je en profitant de la chaleur.

Je devais passer pour une folle, je ne m'en préocupais pas en premier lieu puis après
un instant avant de me retourner vers ma camarade.

" Désolée, normalement j'évite d'aller dehors pour que personne ne voit mes écailles de l'extérieur" dis-je en trottinant, le sourire aux lèvres, pour revenir à ses côtés.

Je profitais de l'occasion pour reprendre notre conversation comme si de rien n'était tandis que nos pas nous menaient vers la cité des Aorannes. En effet, il était possible d'entrevoir l'entrée du chemin : il y avait une ribambelle de galeries souterraines qui courraient sous les rues londoniennes mais chacune d'entre elle aboutissait à la cité en question. Je n'y étais jamais allée aussi j'étais un peu nerveuse en franchissant l'arche de la galerie. Tout irait bien. Je n'étais pas seule : une amie était à mes côtés. Je me tournais vers la demoiselle avant de m'engouffrer plus en avant sous terre, un sourire tendre aux lèvres, tandis que j'attrapais sa main dans la mienne pour ne pas la perdre dans la semi-pénombre ambiante. J'espérais au moins que le lieu n'était pas hantée ou peuplé par d'étranges créatures : après tout j'avais bien une queue de dragon désormais.. tout est donc possible.

---

Nous avions marché un petit moment avant de finalement trouvé la station déserte. En effet, le quai était complètement vide et nulle trace d'âmes qui vivent ne semblait incommoder le silence sacral des lieux. Une vraie station fantôme , éclairée à la faible lumière spectrale d'un lampadaire, dans les tréfonds de la terre. Nous étions nous trompées d'endroit? J'en doutais fort.

-"Je pensais que c'était ici.. enfin je suis certaine que c'est ici.." fis-je en cherchant du regard, un élément auquel me raccrocher.

Je m'apprêtais à arpenter le quai de long en large en quête de quelqu'un pour nous indiquer la marche à suivre lorsque les rails se mirent à vibrer. Je me rapprochais de ma comparse avant de lui adresser un sourire. Finalement le lieu n'était nullement hanté ou dangereux. Peut-être aurais-je dû taire cette idée? En effet, le train freina dans un fracas indescriptible avant de s'arrêter pile face à nous. Il s'agissait d'un train à vapeur massif comme l'était les trains de voyageurs tel que le dépeint les auteurs comme Agatha Christie ou Jules Verne mais une étrange aura semblait agrippé au cuivre, au bronze et à l'acier de ses ornements. La porte en bois vint à s'ouvrir comme pour nous inviter à prendre place dans le véhicule. J'eus un petit instant d'hésitation avant de commencer à passer l'espace entre le marchepied et le quai. Il était un peu tard pour faire demi-tour d'autant que je n'avais jamais été si superstitieuse. Je tendais la main à la demoiselle pour l'inviter à me suivre, un peu de crainte transparaissant tout de même dans ma voix.

-"Viens on y va.. Je suis là.."

J'aidais la demoiselle à monter, peut-être sans vraiment prendre compte de son avis sur la question avant de me diriger dans un couloir désert puis vers l'une des cabines. L’intérieur de cette navette ferroviaire était des plus luxueux avec des banquettes et une moquette en feutrine rouge tandis que le reste des ornementations semblaient faîte de bois sombre. L'éclairage était plutôt faible et les rares fenêtres donnant sur les parois rocheuses et une étrange brume bleutée qu'il ne semblait guère avoir vu auparavant ne participaient en rien à l'éclairage des cabines. En dehors de ces aspects presque princiers, un silence de mort semblait noyer le bruit dans l'ensemble du wagon voire du train. Je m'asseyais sur l'un des sièges disponibles - c'est-à-dire tous car le train semblait désert - avant de sourire à ma camarade qui ne me paraissait pas des plus rassurées.

-"Et bien c'est calme ici.." fis-je tandis que le bruit des moteurs vint commencer à troubler le silence des lieux et signifier que nous commencions notre voyage dans les profondeurs. "Je t'avoue que j'ai presque eu peur de voir un fantôme vu l'ambiance des lieux.."

Vous ai-je déjà dit que je devrais me taire par moment? Non. Et bien c'est fait car ce fut l'instant qu'avait choisi une silhouette encapuchonnée bleutée et spectrale pour traverser les murs de notre cabine en répétant les mots suivants "Nulle part où aller.. Nulle part où s'enfuir.." Effrayant n'est-il pas?





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Edelweiss L. Wintenberger
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Jeu 5 Avr - 22:32


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




Au fur et à mesure de la description de ses conditions, sa colocataire se mit à sourire. C'était presque étonnant de la voir si heureuse pour une balade... Était-elle si désireuse de passer du temps avec la jeune fille ? Bien sûr, depuis leur interaction dans la douche, bien que terriblement embarrassante à certains moments, Weiss avait découvert une nouvelle Melody. Bien plus douce. bien plus prévenant. Et bien plus amicale qu'elle ne l'aurait cru. Elle avait aussi à plusieurs moments complimenté la jeune allemande, prouvant son intérêt pour cette dernière mais de façon si spontanée que c'en était presque gênant. Et attendrissant à la fois. Deux sentiments contraire dont Weiss ne parvenait pas à comprendre le mariage...
Ses conditions énoncées, elle s'était presque immédiatement détournée de sa colocataire pour se plonger dans cet exercice qui lui permettait de fuir son regard... Elle avait l'air tellement contente de sa réponse positive que ça faisait presque un peu peur à la jeune fille. Peur de quoi au juste ? De ne pas être à la hauteur des espérances de Melody ? De ne pas savoir comment agir ? Après tout, elle avait rarement fait des sorties en ville avec une.. amie ? Non, pas encore... C'était trop tôt. Puisque être amie avec quelqu'un engageait forcément à des responsabilités. Un échange de confiance. Un partage. Malheureusement, il y avait encore beaucoup de choses que Weiss n'était pas prête à faire, à confier ou à donner pour prétendre être son amie. Elle n'était pas encore à la hauteur de l'image qu'elle s'imposait d'une amitié. Encore trop méfiante. Encore trop craintive...

Weiss traça un trait au crayon pour l'aider à se défaire de ses idées trop présentes puis arriva à se concentrer sur ses calcules. Tout compte fait, avec un peu de réflexion et de la logique, ce n'était pas si atroce que ça en avait l'air. Elle s'empressa de ranger ses affaires pour ses préparer un minimum avant de partir et ne pas faire attendre Melody plus longtemps. Après s'être excusée pour le temps qu'elle avait prit, sa colocataire répondit par un sourire en lui ouvrant la porte, l'invitant à sortir en première. Immédiatement elle s’exécuta, suivit de Juwelen tout en adressant un petit hochement de tête pour la remercier d'avoir tenue la porte. Elle se posta ensuite dans le couloir en ajustant sa sacoche où se trouvait son appareil photo "de poche". Bien plus petit qu'un professionnel avec un zoom beaucoup moins encombrant, elle le prenait en général lorsqu'elle sortait mais qu'elle n'avait aucune certitude d'avoir des occasions de l'utiliser. C'était plus simple et moins lourd.
Melody semblait vouloir discuter durant le trajet. Si elle ne voulait pas installer un silence pesant c'était un peu logique mais Weiss n'avait aucune idée de quoi parler... Elle n'avait jamais était douée pour faire la conversation, préférant écouter, alors elle s'en remit mentalement à sa colocataire pour "mettre un peu d'ambiance".

Le trajet avait été quelque peu désagréable avant d'avoir rejoint le parc. Pas à cause de sa colocataire mais plutôt à cause des regards qu'elles suscitaient. Enfin, Weiss espérait qu'elle ne faisait pas partie des cibles... Pourquoi avaient-elles droit à ces expressions étonnées pour commencer ? Depuis l'histoire de la douche, Weiss se sentait étrangement plus observée que d'habitude... Serait-il possible qu'il y ait des.. rumeurs ? Non, elle n'avait rien entendu de tel. Du moins, elle n'écoutait pas ce qu'il se disait dans les couloirs alors peut-être que... Elle se frotta la nuque, légèrement embêtée par cette idée. En aucun cas elle ne voulait laisser les gens se fourvoyer et émettre des idioties sans même s'être renseignés avant. Pour qui passait-elle ? Elles étaient deux filles, c'était quelque peu dérangeant de donner cette image...

Enfin, elle sortirent de l'établissement rejoignant ensuite le parc ensoleillé ou les regards s'estompèrent. Weiss avait la sensation d'avoir échappé au jugement des élèves maintenant qu'elle était dehors, à profiter de la douce chaleur du soleil. Mais ce n'était pas la plus enthousiasme à ce beau temps puisque Melody fit la démonstration direct de son excitation en trottinant pour sauter les marches. La jeune allemande avait descendu les escaliers plus lentement en la regardant s'étirer et offrir son visage souriant à l'astre divin. C'était plutôt amusant de la voir se mouvoir aussi naturellement, on pourrait presque sentir la mannequin en elle. Comment dire ? Elle semblait tellement à l'aise dans son corps... Et cette position qu'elle tenait pourrait faire un bon cliché. Peut-être en retravaillant un peu le décors, en s'assurant que les passants s'écartent et en changeant un peu l'angle de vu... Mais enfin, à quoi pensait-elle ? Jamais elle n'avait prit en photo des personnes ou des modèles et elle ne commencerait pas maintenant...  

- Ne t'en fais pas, je comprends, répondit-elle sans faire aucuns commentaires sur ses écailles, et merci de m'avoir emmené dehors, ça fait du bien à Juwelen... ajouta-t-elle en tournant la tête vers l'oiseau qui faisait tournoyer ses reflets turquoises dans les airs.

Weiss laissa ensuite Melody guider ses pas et la conversation pour finalement la mener vers l'entrée d'une galerie donnant apparemment sur les souterrains. Jamais elle n'aurait cru prendre un jour ce tunnel obscur... A vrai dire elle ne s'était pas renseignée sur les territoires "magiques" de la ville, ça ne l'intéressait pas. Elle avait déjà largement à gérer avec les élèves de l'école et sa tolérance au fantastique était assez limitée... C'est Melody qui s'aventura la première dans ce couloir peu engageant suivi de Weiss, la démarche un peu plus incertaine que d'habitude. Puis la main de sa colocataire se resserra sur la sienne accompagnée d'un sourire qui se voulait sûrement rassurant. La jeune fille entreprit d'échapper à son emprise mais abandonna son mouvement à mi-chemin, accordant à Melody de la tirer dans les profondeurs de la terre...

Au bout d'un moment, elles arrivèrent à une station seulement éclairée d'un timide lampadaire et plongée dans un silence de mort. L'ambiance pourrait faire croire à une film d'épouvante...  

- Je pensais que c'était ici.. enfin je suis certaine que c'est ici.. disait sa colocataire en cherchant déjà du regard un indice sur leur position.

Weiss était de moins en moins tranquille en sentant son accompagnatrice peu sûre d'elle. Elle était même sur le point de tourner les talons pour regagner la surface quand un gros train à vapeur sorti tout droit d'un ancien roman freina bruyamment pour s'arrêter à leur hauteur. Il avait une apparence relativement normale mais une étrange énergie semblait en émaner.. Comme s'il avait sa propre vie. Puis, dans une invitation, la porte s'ouvrit.

*Je suis très peu rassuré...* affirma Juwelen en se posant sur l'épaule de sa partenaire.

Elle se serait bien passée du commentaire de l'oiseau qui ne faisait qu’accroitre sa propre angoisse... Pour qu'un animal soit inquiet c'est qu'il pouvait y avoir quelque chose de potentiellement dangereux. Pourquoi avait-elle accepté de venir déjà...? Le moyen de transport dans lequel venait de monter Melody ne lui inspirait absolument pas confiance. Devrait-elle rebrousser chemin ? Non, elle ne pouvait pas laisser sa colocataire toute seule... S'il lui arrivait quelque chose, elle se sentirait responsable. Elle accepta de reprendre sa main pour monter à son tour puis observa l'intérieur. L'éclairage était vraiment discutable pour un couloir bien trop désert à son goût. Étaient-elles les seules dans ce train mystérieux ?
Suivant Melody comme son ombre, elle rejoint une cabine bien trop décorée d'après elle. Quoi que... Ses banquettes associées à cette moquette rouge et soulignée d'ornement en bois sombre pourrait donner de belles photos. Enfin, si l'on aimait l'ambiance "épouvante". Parce que oui, c'était exactement ce que renvoyait l'intérieur au même titre que l'extérieur du train. Aussi luxueux soit-il, la basse luminosité et le silence spectrale rodant entre les wagons ne présager rien de rassurant.

- Et bien c'est calme ici.. plaisanta Melody sûrement pour détendre l'atmosphère juste après s'être assise en souriant, je t'avoue que j'ai presque eu peur de voir un fantôme vu l'ambiance des lieux..

Jusque là, Weiss n'avait pas osé s'asseoir, encore trop méfiante pour se mettre à l'aise mais là... le commentaire de sa colocataire sur les fantômes lui donnait encore plus envie de rester debout dans le cas où elle devrait prendre la fuite. Enfin, c'est vrai qu'elle concevait l'existence de la magie et de certains êtres surnaturels mais les fantômes elle avait encore du mal. Après tout il s'agissait plus "d'esprits errants" que d'une race à proprement parlé, non ?
Et puis une forme terrifiante glissa au travers de leur cabines en murmurant des paroles plaintives.  Encapuchonnée. Fantomatique. Vaporeuse. Était-ce... un fantôme ? Un vrai ? Non, non, non. Ce genre de créatures n'existent pas.. Et pourtant elle était bien là, ignorant presque la présence des deux jeunes filles.
Weiss, jusque là toujours debout et figée sur place, se laissa presque tomber sur le siège à côté de Melody en pâlissant. Incapable de détourner les yeux de cette présence spectrale et en même temps terrorisée par ce qu'elle voyait, elle resserra ses mains sur sa sacoche. Depuis petite, elle avait toujours eu énormément peur de toutes ces histoires de fantômes sûrement parce que c'était trop inexplicable et dangereux. Après tout, comment lutter face à un être capable de traverser tout et n'importe quoi ?


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Melody Lawford
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Classe : 4°A, D1 + Adaptation
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Lun 9 Avr - 17:05
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
Rien qu'à elle et moi


La situation n'était pas vraiment celle que j'avais espéré. Pas du tout même. Je m'attendais à m'engager vers un aller pour l'inconnu, vers mes origines, dans la quiétude d'un train somptueux, le tout aux côtés d'une amie sincère mais je n'aurais jamais pu prévoir de voir ce petit voyage interrompue par une forme ectoplasmique. Comprenez bien que je n'ai jamais nier l'existence des fantômes. Certes, je ne suis pas ce genre de filles qui arbore l'existence d'êtres surnaturels ou de la magie comme un fait mais, j'avais dû ravaler mon avis depuis mon entrée dans cette école : la magie et les créatures magiques étaient aussi tangibles que moi. Ma queue, mes écailles et mes cornes en étaient la meilleure des preuves. J'en étais devenue une. Malgré cet état de fait, je ne m'attendais pas à être confrontés à la source de tant d'histoires sordides racontées au coin du feu. Je reculais légèrement dans un bref moment de panique alors qu'un frisson commençait à me parcourir l'échine et que l'air semblait devenir plus froid à mesure que les secondes ne s’égrènent. J'étais vraiment face à un putain de spectre? L'idée s'évapora aussi vite que mon courage lorsque la silhouette se retourna vers nous, nous fixant un instant sans mot dire, l'ombre béante de sa capuche comme unique visage à nous offrir.Je me ressaisissais en sentant la peur de ma camarade : je ne pouvais pas la laisser dans cet état sans intervenir. Je passais un bras devant elle comme pour m'interposer avant de fixer le néant qui servait de visage à l'être d'outre-tombe. A quoi bon me direz-vous? A rien. Rien si ce n'est me donner l'impressionner de pouvoir intimider cette bestiole. J'allais défendre mon amie même si je ne savais pas comment : après tout j'étais la responsable de sa présence en ces lieux. Cependant.. Un fantôme peut-il avoir peur? Peut-il craindre le défi dans le regard d'une frêle jeune fille à demi-dragonne? Il semblerait. Ou plutôt il semblerait qu'il puisse manquer d'intérêt pour ses proies car ce dernier, après quelques secondes, s'en alla sans demander son reste en continuant sa ritournelle plaintive et ses râles d'agonies avant de traverser la paroi de la cabine sans un bruit. Nous avions peut-être été aussi effrayées qu'il avait été surpris de voir des voyageurs. Le silence reprit alors ses droits lentement dans l'âtre alors que d'autres soupirs alentours me confirmèrent que l'intrus n'était pas le seul être éthéré du wagon. Je me désolidarisais de ma camarade pour ne pas la rendre mal à l'aise tandis que je restais alerte pour la protéger au cas échéant. Après quelques minutes sans incidents et dans un silence quasi-sacral, je reprenais la parole pour tenter de lui faire oublier cette rencontre dérangeante.

-"Je.. Je dois admettre que je ne m'attendais pas à ça.."
entamais-je en tentant de couvrir le fracas des roues et des rails de ma voix mal assurée avant de reprendre un mince sourire feint sur les lèvres."Tout va bien?"

Je connaissais parfaitement la réponse à ma question tant l'évidence était peinte sur son visage. En effet, ma camarade était blême et semblait presque incapable de retrouver son calme. Je m'en voulais presque de lui avoir imposé une telle épreuve pour un désir égoïste d'en apprendre plus sur ce monde, sur elle et sur moi. Dire que nous allions devoir arpenter de nouveau ces wagons hantées lors de notre retour suffisait à accroître ma culpabilité jusqu'à son apogée. Je passais donc doucement un bras autour d'elle pour l'attirer contre moi, oubliant l'espace d'un instant la gêne de son amie pour lui offrir un refuge, un abri dans mes bras. Je restais un instant en silence, mes doigts vagabondant dans ses cheveux comme pour y diffuser ma compassion et ma douceur avant de murmurer doucement.

-"Désolée.. Je t'impose quelque chose de compliqué mais je suis là.. je ne te lâche pas d'accord.."

Les spectres pourraient bien revenir, elle pouvait bien quitter mes bras, je pouvais être aussi nerveuse qu'elle, je resterais auprès d'elle non pas pour la protéger mais m'assurer que ce minois magnifique ne subisse plus l'effroi que je lisais dans ses yeux en cet instant... Edelweiss a de jolies yeux..

---

Je ne saurais dire combien de temps vinrent à s'écouler alors que je restais là, pensive, les yeux braquaient sur la fenêtre crasseuse pour essayer de distinguer quelque chose, tandis que les soubresauts du train et le crissement des rails couvraient les présences extérieures. Finalement, après une attente qui paraissait sans fin, le train s'immobilisa comme il l'avait fait la première fois : d'un coup sec. Je sortais la première de la cabine, tâchant de ne pas jeter un regard au couloir derrière moi, puis je m'aventurais par la porte désormais ouverte. Cette dernière ouvrait vers un quai de gare, bien plus éclairée que le précédent où déambulaient de nombreux badauds, affairés à leurs propres activités. Je descendais du train, après un bref regard vers ma comparse pour m'assurer de ne pas l'avoir perdue, pour observer avec plus de facilité les environs. Tout n'était qu'émerveillement. Nous étions dans un gigantesque dôme sous-terrain dans lequel le bruit, l'agitation et les cliquetis métalliques occultaient chaque parcelle du criant silence;mes yeux s’élevèrent pour contempler la voûte de fer et de terre qui constituait l'unique ciel de cette cité de la pénombre, nous pouvions voir poindre les cheminées d'usine dont les reflets cuivrés produisaient les uniques oscillations de lumière. La vapeur qui sortait de ces bouches d'acier s'engouffraient dans les rues pour y produire une brume presque mystique quand elle ne se voyait pas disparaître aussitôt dans la gueule pleine de dents de l'un des dragons qui virevoltaient à la cime des bâtiments. Est-ce des machines d'acier ou des êtres d'écailles? La mince lumière les faisaient miroiter de tout leurs feux nous laissant à nos spéculations. Les passants, quand à eux, étaient pour la plupart des créatures magiques de tout acabit. En effet, si certains humains parcouraient la gare, des lézards humanoïdes, des wyvernes, toute sorte de reptiles ainsi que des aoras venaient ponctuer le tableau de cet endroit plein de vie de leurs originalités. En parlant de ces derniers, j'eus tôt fait de distinguer une vérité toute nouvelle : en effet, là où certains et certaines arboraient des écailles et des cornes de la même pâleur que les miennes, d'autres étaient dotés d'appendices plus noires que l'ébène. Je notais ce détail dans ma tête avant de tendre la main à ma camarade et m'assurer qu'elle puisse descendre de ce wagon maudit au plus vite. Nous ne serions peut-être jamais pourquoi ce train était si particulier et étrange, ni pourquoi des âmes errantes en avaient fait leurs logis mais n'était-ce pas plus mal? De toute manière, le retour nous laisserait bien assez tôt l'opportunité de répondre à ces questions..

Je me lançais aussitôt à la rencontre de ces nouveaux lieux dès que cette idée pour le moins déplaisante se fut évaporée de mon esprit. Je dépassais l'entrée de la gare en prêtant attention à ne pas perdre ma compagne de vue. Dans tout ce tumulte je ne pouvait être certaine de la retrouver si nous nous séparions. Devrais-je lui tenir la main? Non. Je venais sûrement de l’embarrasser avec cette étreinte alors autant éviter de persister et signer. Je continuais de suivre le chemin avant de m'arrêter devant l'arche forgé, séparant la ville de la gare. L'arche était forgé de cuivre et de bronze, donnant à celle-ci un aspect singulier que diverses rouages incorporés à l'ensemble ne faisaient qu'amplifier, cependant, mon attention ne se prêtait guère à cette dernière mais plutôt à l'étendues de maisons aux allures victoriennes ainsi qu'aux nombreuses échoppes qui parsemaient la rue. Un étrange sentiment ne cessait d'emplir mon coeur depuis que mes yeux s'étaient posées sur cette vision particulière : je me sentais pour la première fois comme chez moi même en n'ayant jamais arpenté ses rues si hétéroclites.

-"Waooouuuhhh..." fis-je avant de remuer la tête et masquer mon étonnement puis je me tournais vers ma comparse, un léger sourire aux lèvres, avant de l'interroger avec une certaine forme d'excitation que je ne laissais presque jamais poindre. "Tu veux commencer par quoi? Faire les boutiques? Manger un bout? Découvrir leurs bibliothèques?"

Aussi stupide que cela puisse paraître, je n'aurais échangé cette découverte de ce monde nouveau avec Weiss contre rien au monde, je n'aurais voulu la faire avec personne d'autre. C'était notre journée. Rien qu'à elle et moi.





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Mar 10 Avr - 1:56


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




Le temps semblait aussi gelé que la jeune fille. Petite fleur des neiges terrifiée par un climat si familier pourtant... De sa vie, jamais elle n'aurait pensé faire face à ce qui pourrait le plus ressembler à la Mort dépeinte dans les légendes. Mais y faisait-elle seulement face ? Elle se sentait vissée à son siège, incapable de bouger ou même de parler alors que le spectre flottait doucement devant ses yeux, exerçant par sa seule présence un règne de silence et de peur. S'il venait à les remarquer, s'il venait à les prendre pour cible, serait-elle capable de se défendre ? De fuir ? De réagir ? Non. La réponse tomba comme la foudre s'abattant sur un pauvre arbre sans défense dès l'instant où l’ectoplasme se tourna. Figé face aux deux jeunes filles, son absence de visage scrutant le moindre de leurs gestes et son souffle glacé frôlant presque leur peau. Weiss se crispa un peu plus, sentant un terrible frisson dégringoler le long de son dos, la respiration aussi incertaine que son rythme cardiaque. Elle remarqua à peine la tentative de protection de sa colocataire, obnubilée par son état de peur qui semblait presque irrationnel. Elle avait l'impression de ne plus pouvoir réfléchir, de ne même pas réussir à comprendre le geste courageux de Melody. Après tout, à quoi bon provoquer cette chose inhumaine ? Elle semblait dangereuse, bien plus forte que ces deux frêles jeunes filles entravées par des sentiments d'angoisse et d'anxiétés. Puis, après un instant sans fin à transpercer leurs âmes pour lire en elles comme dans des livres ouverts, l’entité vaporeuse se détourna de ce qui pouvait lui apparaître comme des intruses, au même titre qu'elle ne l'était pour les étudiantes. Glissant alors hors de la cabine, l'ombre laissa derrière elle une simple trace brumeuse, légèrement bleutée. D'un seul coup, Weiss sentit tout ses muscles se relâcher tandis qu'elle reprenait son souffle, soulagée de ne plus se sentir observée par une forme sans visage. Mais son répit fut de courte durée lorsqu'elle entendit d'autres murmures lui indiquant qu'il devait y avoir plusieurs fantômes. Légèrement nerveuse, elle tourna la tête vers l'origine de ces plaintes puis finit par reposer sa tête contre son siège en fermant les yeux un instant. Depuis quelques minutes, elle avait presque oublié la présence de Melody, concentrée sur son propre malaise mais également sur celui de Juwelen. Elle n'en était pas sûre, mais l'angoisse que ressentait l'oiseau devait augmenter la sienne... Après tout, n'étaient-ils pas liés ?

- Je.. Je dois admettre que je ne m'attendais pas à ça.. lança Melody d'une voix incertaine après un long moment de silence. Un léger sourire se dessina ensuite sur ses lèvres sûrement dans le but d'être rassurant avant qu'elle ne reprenne, Tout va bien?

Weiss resta silencieuse. Elle avait pourtant entendu la question, l'avait comprise mais elle ne voulait tout simplement pas parler. Comme si elle avait peur de faire revenir l'un de ces spectres en parlant ou même en respirant trop fort. Elle était braquée dans son mutisme, les yeux légèrement dans le vague et sa main caressant les plumes de Juwelen. Puis, doucement, elle sentit le bras de sa colocataire l'englober de chaleur comme une enveloppe protectrice pour la ramener vers elle. Ses mains se baladèrent tranquillement dans ses cheveux et elle finit par murmurer des excuses, certifiant qu'elle était là et qu'elle ne la lâcherait pas. Ces mots avaient quelque chose de familier. Comme si Weiss les avait déjà entendu dans une situation similaire. Oui, elle s'en rappelait maintenant, Melody lui avait adressé des paroles semblables lors de leur tout premier contact... C'est vrai que ce jour là elle n'avait qu'une envie: qu'elle la lâche. Mais actuellement c'est différent. Elle ne sait pas ce qu'elle veut.
Des sentiments contraires l'envahissaient alors que son corps ne bougeait pas, se laissait faire. D'un côté elle se sentait légèrement réconfortée par ce geste bienveillant et en même temps elle avait horreur d'être dorlotée comme une petite fille. C'est vrai, elle avait eu très peur et elle était toujours très peu rassurée mais se faire prendre dans les bras appuyait encore plus sur son état de faiblesse. Comme si Melody lui pointait du doigt son stresse. Qu'elle lui disait qu'il était parfaitement visible... Et, même si elle savait que sa colocataire ne pensait pas à mal, elle ne pouvait s'empêcher de trouver ça un peu.. dévalorisant. C'est stupide de croire ça, elle en a conscience puisque sa camarade voulait seulement être réconfortante mais... Non. Elle ne voulait pas être câlinée... Doucement, elle se redressa pour s'échapper de ses bras puis plongea son regard au delà de la vitre.

- C'est gentil Melody... Ça va, ne t'en fais pas, lui glissa-t-elle en reposant sa tête contre le dossier.

Les secondes, les minutes et les heures semblaient défiler au rythme du paysage. Enfin, si l'on pouvait considérer une parois froide et rocheuse comme un paysage... De temps en temps, les secousses du train et les râles des ectoplasmes rendaient la jeune fille plus méfiante, resserrant sa prise sur sa sacoche comme si elle pourrait la protéger. Puis des crissements de métal et un bruit sourd avant une ultime secousse. Le véhicule venait de s'immobiliser dans un nuage de vapeur indiquant ainsi la fin du voyage. Weiss se leva et sortit de la cabine à la suite de Melody qui préférait aller directement vers la porte d'un pas rapide, sans se retourner. Il est vrai que devoir traverser le wagon était quelque peu... effrayant sachant qu'un spectre pouvait surgir à tout moment, mais c'était le seul moyen de quitter ce véhicule infernal. Il fallait prendre sur soit.
Arrivée à la sortie, Melody passa le marchepied pour se poser sur le quai avant d'observer ce qui l'entourait. Son regard s'attardait sur tout ce qu'elle voyait tandis que la jeune fille était toujours à la limite du quai, regardant de temps en temps dans les couloirs du train pour vérifier qu'aucun individu spectral aux allures suspectes ne s'approche trop près d'elle. Elle était plutôt contente de voir sa colocataire s'extasier sur le paysage mais elle aimerait bien qu'elle se décale du passage pour la laisser sortir de là... Son souhait semblait avoir été entendu puisqu'elle se tourna enfin, lui proposant sa main pour l'aider à descendre. Décidément... Elle avait l'air d'aimer les contacts. Pourquoi Weiss était-elle venue déjà ? Sa colocataire n'était pas méchante juste.. un peu envahissante à des moments. D'un geste poli, elle refusa son invitation mais la remercia tout de même pour sa prévenance. Elle voulait garder cette petite distance qu'elle avait déjà établie au départ avec elle pour ne pas lui laisser la possibilité de trop s'immiscer. Du moins, pas encore. Elle la connaissait trop peu et ne faisait pas assez confiance aux gens pour se permettre de tout lui offrir sur un plateau...

Son pied touchait enfin terre et ses yeux se perdirent aussitôt dans le spectacle que donnait ce monde souterrain. Un dôme immense de fer couvrait les bâtiments et usines aux teintes métalliques tandis qu'une foule de passants se mouvait entre les infrastructures. Il y avait si peu d'humains au milieu de ces êtres reptiliens que Weiss se sentirait presque mal à l'aise. Et les reflets de lumières cuivrés qui se balançaient de cheminée en cheminée avaient presque quelque chose d'étourdissant tandis que des voiles de vapeurs tournoyaient dans les rues ou sous les ailes de créatures semblables à des dragons. Incroyable... De sa vie, jamais elle n'aurait pensé voir pareil tableau, à la fois terriblement intriguant mais également angoissant.
Finalement, les deux jeunes filles entamèrent leur marche, Melody en tête de file, pour arriver devant une arche de bronze, forgée, imposante. De là, on pouvait voir éparpillés dans la ville des échoppes, des boutiques et magasins variés. Les activités battaient leur plein au milieu des maisons aux styles victoriennes et dans une ambiance parfaitement insolite.

- Waooouuuhhh... s'exclama Melody, captivée par ce qu'elle voyait avant de se retourner vers Weiss, le sourire aux lèvres, enthousiaste, tu veux commencer par quoi? Faire les boutiques? Manger un bout? Découvrir leurs bibliothèques?

Prise de court par ces questions qu'elle ne s'attendait pas à recevoir, le jeune fille se frotta la nuque pour réfléchir. C'est vrai qu'elle avait accepté de l'accompagner croyant qu'elle n'aurait qu'à suivre le mouvement sans avoir besoin de prendre d'initiative. Elle n'était pas venue dans un but précis et n'avait pas d'envies particulières... Avait-elle parlé de manger ? Enfin, peu importe... De toute façon elle n'avait pas prit énormément d'argent puisqu'il n'est jamais bon d'en transporter en grande quantité lors de balade en ville. Aussi calme ou sympathique soit-elle, il faut évite de susciter le racket ou toute autre forme d'agression.

- Je n'avais pas vraiment d'idée en tête en venant... Je te suis, dit elle en se rapprochant de sa colocataire.

N'empêche, beaucoup de petit détails lui donnaient envie de sortir son appareil photo. Une volute de fumée autour d'une cheminée, un reflet de lumière sur un rouage ou encore le petit accroche-rêve qui pendait à la fenêtre d'une maison et qui tranchait parfaitement avec le style de la ville..
Pendant que son âme sœur laissait ses yeux inspirer son esprit de photographe, Juwelen s'amusait à décrire des cercles dans les airs, tentant parfois d'approcher un dragon avant de renoncer. Il était excité de découvrir de nouveaux lieux et en même temps, cette ambiance souterraine le dérangeait, lui qui avait l'habitude de sentir les rayons du soleil caresser ses plumes. Très vite, il retourna se poser sur l'épaule de Weiss et lui picora gentiment la joue pour essayer de lui arracher un sourire sans trop de succès... Elle était trop concentrée. Ses idées fusaient dans son esprit d'artiste tandis qu'elle emboîtait le pas de Melody. Melody... Comme c'était étrange de se retrouver seule avec elle dans un univers aussi incroyable. Au fond, ce n'était pas si désagréable...


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Mar 10 Avr - 18:15
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
Entre déconvenues et doutes


Après cette petite découverte des lieux, j'observais la demoiselle, impatiente d'obtenir sa réponse. De multiples possibilités s'ouvraient à nous et que je dois dire que je comptais sur la jolie Edelweiss pour donner un objectif précis à cette escapade en terre inconnue. Weiss serait en quelque sorte ma boussole en ces lieux si elle parvenait à faire son choix. Je passais une main dans mes cheveux en souriant tandis que mon regard virevoltait tel un papillon, de gauche à droite, pour se poser d'étal en étal, de personne en personne, de nouveauté en excentricité. Après un moment qui me semblait durer une éternité, ma compagne de voyage finit par arrêter son choix. Enfin plutôt son absence de choix. Quelle responsabilité me faisait-elle porter sur les épaules que de m'improviser guide dans une ville si particulière! Bon il me fallait me décider.. Je restais un instant, pensive, tâchant de ne pas perdre ma compagne parmi la cohue et le tumulte de la foule pressé des diverses créatures habitant l'enceinte de cette cité. Je pesais longuement le pour et le contre de mes nombreuses envies avant de finalement prendre un parti.

-"Optons pour les boutiques de vêtements en premier lieu.." fis-je en opinant de la tête avant que mes pas ne me guident dans l'une des rues commerçantes.

La décision avait été assez complexe: je commençais à avoir un peu faim, les coups de midi approchant à grand pas, d'autant que j'avais hâte de déguster les spécialités locales, cependant je brûlais surtout de découvrir ce nouvel univers, l'univers qui serait le mien tant que je porterais le nom d'aoranne, au gré des ouvrages et des musées. La même semblable envie m'habitait cependant à l'idée de me balader seule avec Weiss. Il fallait cependant bien commencer par quelque chose et puisque nous étions initialement venues pour renouveler ma garde-robe et s'adonner aux joies du shopping, autant s'y astreindre.

Je parcourais donc les allées, Weiss sur les talons, alors que j'inspectais avec minutie chaque détail des échoppes alentours pour y découvrir disposer là des étrangetés : ici, un poste de radio, semblables à ceux des temps jadis, ouvragé dans un bois sombre comme la nuit et dont les boutons cuivrés attiraient indubitablement le regard; là, à l'intérieur  de ce qui semblait être un café ou un restaurant, figurait un comptoir uniquement fait d'argent que le barman, un homme de grande taille au visage complètement couvert d’écailles et dont la queue verte qui oscillait sur le sol trahissait la race, lustrait en silence en observant les quelques clients presque assoupis sur leurs banquettes en cuir rouge ; là-bas, bien en évidence, dans une vitrine transparente comme l'eau d'une source, resplendissait une robe aux inspirations orientales, constitué d'un tissu proche de soie et dont la teinte lavande ravissait l’œil. Celle-ci était ornée de dorures sur les bords ainsi que de pierres précieuses au niveau de la poitrine, de plus, cette jolie robe laissait apparente les épaules, les jambes et le ventre. Aussi improbable que cela puisse être, cette tenue assez indécente pour les standards humains, semblait être des plus populaires et il ne fallait pas chercher loin pour voir un nombre assez conséquents de jeunes femmes de toutes races arboraient ses atours. Je notais donc dans un coin cette information, prête à essayer cette tenue dès que l'occasion se présenterait à moi alors que je fixais de nouveau mon attention sur d'autres détails extravagants. En effet, malgré l'opulence de nouveautés de toute sorte dans le paysage,les passants n'étaient en aucun cas en reste. Si à première vue, le nombre d'humains m'avait semblé peu conséquente, l'évidence était encore plus frappante dans les rues de la cité de vapeur et de laiton. Les aoras semblaient majoritaires et côtoyaient divers types de créatures reptiliennes. D'ailleurs en parlant d'eux... Certains de mes congénères, notamment ceux arborant des écailles noires, ne nous lâchaient pas des yeux. Était-ce la présence d'une humaine qui focalisait leurs attentions? Était-ce si rare de croiser un couple semblable au nôtre? A moins que la blancheur de mes écailles ne soit la cause de leurs regards presque méprisant? Tout ça commençait à me mettre légèrement mal à l'aise.. Dans le doute, je me rapprochais de ma compagne avant de lui murmurer quelques mots pour la rassurer sur mes intentions.

-"Désolée mais comme on semble attirer l'attention, je préfère être proche de toi" fis-je avant de lui prendre la main et de lui désigner la boutique de la robe d'un bref geste de tête "Entrons là tu veux?"

Certes, cette visite ne commençait pas sous les meilleurs hospices en considérant les fantômes de la navette ainsi que cette étrange manière d'accueillir deux pauvres touristes mais tout ça n'avait pas entamer mon envie de découvrir les environs ni celle d'essayer voire d'acheter des vêtements. L'occasion était d'autant plus belle que cette tenue locale était vraiment sublime. Je n'attendais donc pas la réponse de ma comparse pour l'attirer vers la boutique et y pénétrer.

A l'intérieur, nous fûmes accueillis par un calme qui contrastait fortement avec le tumulte ambiant dans l'avenue ainsi que par ce qui devait être une vendeuse. Cette dernière semblait parfaitement humaine - une rareté dans les environs - et seule sa tenue, semblable à celle présente en vitrine, dénotait avec l'image classique d'une fille de son âge. Il semblerait vraiment que les mœurs et les coutumes diffèrent d'en surface. Mon regard arpenta la boutique pour s'en faire une idée alors que je lâchais désormais la main de mon ami. La boutique disposait d'un tas de vêtements de toutes sortes : certains évoquait l'ambiance bien particulière de la cité tandis que d'autres laissaient émaner un style proche de celui de la fameuse robe.

-"Tu me dis si tu trouve quelque chose cocotte ! fis-je en lui adressant un clin d’œil complice.

Je déambulais dans les rayons, l’œil alerte, attentive aux couleurs et aux formes des divers vêtements entreposés. Ils avaient au moins pour eux de tous être conçus pour le port d'un aora. Je prenais tour à tour un béret rouge, la fameuse tenue que j'avais pu observer du dehors - j'avais cependant dû me rabattre sur la couleur chocolat -, un pantalon en cuir marron, un chemisier blanc, un petite veste parfaitement approprié à l'ambiance de la ville, ainsi qu'un robe violette. Un mince butin mais il me suffirait pour l'instant. Je me tournais vers ma camarade, la cherchant du regard, avant de lui sourire.

-"Je vais avoir besoin de ton avis Edelweiss"

Je me dirigeais vers la cabine d'essayage en m'assurant que la jolie jeune femme aperçoive dans quel cabine je m'étais réfugiée. J'optais dès lors pour la robe qui avait capté mes envies dès le premier regard et je me dénudais, pensive, afin de m'en envelopper. Je me demandais si Edelweiss appréciait cette instant avec moi. Après tout, je n'avais pas vraiment laissé le choix à la demoiselle et les diverses déconvenues du voyage pouvaient avoir entamer le peu d'enthousiasme dont elle disposait au début. J'enfilais lentement la robe, alors que cette idée ne voulait pas quitté mon esprit, puis je soupirais en ajustant celle-ci.

J'espère qu'elle passe un bon moment.. j'espère que ça va lui plaire..

Je quittais la pénombre de la cabine pour resplendir à ses yeux et quérir l'admiration dans ses yeux.





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Edelweiss L. Wintenberger
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Mer 11 Avr - 18:01


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




Tour à tour, les deux jeunes filles hésitaient sur leurs activités, immergées dans un nouvel univers aussi improbable qu'excitant. Après une longue attente, Weiss avait finalement délégué à Melody la barre du navire, lui confiant les directives et l’expédition à mener afin de se laisser porter sur les flots tumultueux de la foule. Son capitaine mit un instant à décider du chemin à prendre, pensive et à la fois attentive aux mouvements des passants avant de finalement opter pour la boutique de vêtements. Quoi de plus logique que de commencer pas ça étant donné que le but premier de la jeune fille était de renouveler sa garde robe. Elle avait clairement exprimer cette envie dans leur chambre, il était donc normal que son choix s'arrête sur les vitrines.
Leur marche reprit. Légèrement frissonnante d'anxiété, la jeune allemande ne lâchait pas sa colocataire des yeux. L'heure active de la cité souterraine semblait affluer dans ces rues victoriennes parsemée d'usines et de structures en bronze. Des vagues de véhicules dotés de rouages ou de cheminées coulaient au milieu des remous d'une cohue de piéton. Parfois, Weiss se recroquevillait pour se glisser entre deux passants ou bien éviter de se faire bousculer. Décidément... Elle a du mal avec l'agitation d'une foule.
Une fois les rues marchandes atteintes, l'allure se fit plus lente pour laisser aux yeux curieux des demoiselles le temps de mieux s'attarder sur les détails. Il y avait énormément d’échoppes ouvertes brandissant leurs articles sur des étalages pour mieux attirer le regard tandis que certains magasins, aux airs plus classiques, étaient dotés de vitrines fermées. Indubitablement, Weiss arrêta son inspection des étals sur une série d'appareil photo pour le moins insolite... Leurs formes différaient d'un objet à l'autre mais le matériau utilisé semblait identique pour chacun. Englobés de plaques cuivrées, ponctués ça et là de rouages dorés ou argentés, et couverts de mécanisme que la jeune fille n'avait encore jamais vu, ces appareils avaient des allures anciennes et improbables. Elle se demandait même comment tenir certains d'entre eux.. Néanmoins, il fallait avouer que leurs zoomes l'amusait par leur originalité. La lunette était bien plus fine que ce dont elle avait l'habitude et il y avait parfois une loupe pouvant basculer pour tomber devant la lentille. Bien que la jeune fille ne se verrait pas en utiliser ou même en acheter un, leur design avait quelque chose de fascinant... Puis elle se redressa pour récupérer le chemin tracé par Melody et éviter de la perdre au milieu de ces reptiliens. Elle aimait toucher du regard chaque article mais l'ambiance que dégageaient les passants lui déplaisait légèrement... En effet, cela faisait un petit moment qu'elle se sentait observée alors qu'elle découvrait ce nouveau monde sans pour autant le relever. Comme à son habitude, elle préférait jouer la carte de l'ignorance pour ne pas donner plus de matière à être regardée cependant... Cela commençait à devenir quelque peu pesant. L'une de ses discrètes surveillance lui permit tout de même de cibler les regards indiscrets. Des êtres de la même race que Melody mais aux écailles foncées à la limite de l'ébène les dévisageaient, l'air hautain, une expression de jugement désagréable collée au visage. Que pouvaient-ils bien fixer avec tant de suffisance ? La couleur des cornes était-elle si importante pour eux ? Y avait-il un système de grade comme au judo par exemple ? Ou bien considéraient-ils les humains comme inférieurs ? Après observation l'on pouvait effectivement en trouver très peu dans les rues alors peut-être que Weiss attirait le regard par sa condition...  
Elle finit par soupirer en resserrant sa prise sur sa sacoche où, en plus de ranger son appareil photo, elle y avait glissé son argent. Elle dut également convaincre Juwelen de ne pas se montrer agressif tandis que Melody se rapprochait d'elle.

-Désolée mais comme on semble attirer l'attention, je préfère être proche de toi, glissa-t-elle à son oreille avant de lui désigner une boutique de vêtements, Entrons là tu veux?

Joignant le geste à la parole, la jeune fille lui prit la main pour la tirer avec elle dans le magasin en question sans trop lui laisser le temps de réagir. Surprise par la rapidité de l'action, Weiss n'eut pas le temps d'émettre une protestation ou même de se libérer de l'emprise de sa main. En moins d'une seconde, elles avaient échappé aux flots de la foule pour s'immerger dans le calme plat d'une flaque d'eau. En effet, l'ambiance paisible de la boutique tranchait parfaitement avec le tumulte de l'extérieur comme si passer la porte menait à une autre dimension, hors du temps et de l'agitation. Une fois en sécurité dans le bâtiment, sa colocataire lâcha sa main pour arpenter les rayons du regard avant de s'y aventurer.

- Tu me dis si tu trouve quelque chose cocotte ! dit-elle en ponctuant sa phrase d'un clin d’œil.

Weiss répondit par un hochement de tête accompagné d'un sourire aimable sans pour autant exprimer sa désapprobation du surnom "cocotte". Même si c'était dit de façon gentille et affectueuse elle avait plutôt tendance à ne pas apprécier la comparaison animale.

*Un problème avec les volatils ?* adressa Juwelen avec un regard faussement moralisateur.

Le jeune fille le regarda d'un air innocent comme si elle n'avait aucune idée de ce dont il parlait puis haussa les épaules avant d'entamer sa découverte des rayons. Weiss observa avec moins d'empressement les articles proposés, les comparant souvent aux vêtements portés par les passants qu'elle pouvait voir au travers la vitrine. Le style assez dénudé l'avait capté, elle qui connaissait des normes bien différentes. Elle faisait glisser ses doigts sur les tissus sans pour autant prendre de vêtements en particuliers. Certes, elle aimait beaucoup allier les formes et les couleurs pour se mettre en valeur, choisir des habits laissant sous-entendre ses formes sans pour autant les dévoiler, exercer un charme irrésistible par sa retenue, mais elle ne se voyait pas porter des tenues aussi audacieuses que celles proposées dans les rayons. Bien sûr, il n'y avait pas que ce style mais le reste ne l'attirait pas vraiment. C'est vrai qu'elle est assez sélective et capricieuse au niveau de ses goûts mais ça ne l'empêchait pas de prendre du bon temps. Sentir la texture du tissu sous ses doigts était tellement agréable que cela faisait parti de ses petits plaisirs silencieux...

- Je vais avoir besoin de ton avis Edelweiss, fit-elle en souriant avant de se diriger en cabine.

Weiss se redressa, lâchant sa prise sur le vêtement avant de suivre sa colocataire. Il y avait vraiment peu de monde, mise à part celle de Melody, il ne devait y avoir que deux cabines fermées par des rideaux épais. Tranquillement, la jeune fille s'adossa au mur en face du rideau cachant sa colocataire pour attendre. Elle avait rarement fait les boutiques avec quelqu'un, serait-elle à la hauteur des espérances de sa camarade ? Après tout, elle n'avait jamais conseillé qui que ce soit en mode et n'aimait pas tant que ça poser un avis de peur de vexer... Questionnements qui s'évaporèrent à l'instant même où elle entendit les boucles du rideau s’entrechoquer, signe que Melody se révélait dans l'une des tenues qu'elle avait choisi. Weiss se redressa un peu, scrutant de haut en bas la jeune fille qui n'avait visiblement pas peur d'exposer son corps de mannequin. Quoi que, ça devrait tomber sous le sens après réflexion... Elle connait ses atouts et sait les utiliser. Aucune honte. Aucun complexe. Une totale confiance.
Son œil de photographe fit tout de suite son travail pour constater que cette robe lui allait terriblement bien, mettant en valeur toutes les parties de son corps que ce soit au niveau de la forme ou des couleurs. Elle mit une main à son menton, imaginant déjà une mise en scène pour prendre quelques clichés.. Mais..? pourquoi pensait-elle a ça ? Elle devait simplement lui donner son avis et non imaginer une façon de la mettre encore plus en valeur. Si tant est qu'elle en soit capable... N'ayant jamais prit en photo de modèles, elle ne pouvait pas prétendre être assez bien pour Melody qui avait déjà de l'expérience...
Décidée à ne pas parler travail, parce qu'après tout, sa colocataire devait vouloir se détendre un peu, elle se mit à réfléchir à ce qu'elle pourrait bien lui dire de plus original que "ça te va bien". Panne d'inspiration... C'est bête, elle pourrait faire mieux que ça ! Finalement elle opta pour une solution qui lui parut presque plus percutante que des mots et se mit à sourire en la regardant. Ce n'était pas un sourire d'envie, ni même d'admiration mais plutôt une expression gentille comme si le fait que le vêtement lui aille était une évidence.

Puis une alerte mental de Juwelen la fit jeter un rapide coup d’œil vers l'entrée, troquant son sourire pour un visage soudainement neutre.

- Juwelen, Umkleidekabine. Schnell !1 ordonna-t-elle à l'oiseau qui s’exécuta immédiatement.

Weiss prit alors Melody par les épaules pour l'obliger à rentrer dans la cabine, refermant le rideau sans se retourner, d'un coup sec. Elle appuya ensuite sa main sur le mur du fond pour lui éviter de tomber ou de trop coller sa colocataire, déjà que l'espace était vraiment réduit... Elle mit ensuite un doigt devant sa bouche pour signifier à Melody de ne pas faire de bruit même si elle devait sérieusement se questionner. Bon sang, mais pour qui passait-elle ? Enfin peu importe si elle pouvait éviter une situation désagréable... En effet, Juwelen l'avait prévenu plus tôt de la venue d'un individu de la même race que Melody. Mais pas n'importe lequel puisque ses écailles étaient foncées comme l'ébène et qu'il faisait parti des regards bien trop insistants portés sur les deux jeunes filles un peu plus tôt. Bon, peut-être était-ce une coïncidence mais dans le doute, mieux valait être plus prudente que pas assez. Et puis si le sixième sens de l'oiseau s'agitait ce n'était pas forcément bon signe...
Puisque Weiss avait agit assez rapidement pour ne pas attirer son attention, il leur suffisait d'attendre qu'il parte.
Mais tout de même... La pénombre et cette proximité étaient pour le moins... gênantes.

- Je t'expliquerai tout à l'heure...Excuse-moi.. murmura-t-elle extrêmement doucement en détournant le regard, mal à l'aise, sentant le souffle de Melody sur son visage...


_____________________________Notes______________________________

1. « Juwelen, cabine d'essayage. Vite ! »



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Melody Lawford
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Jeu 12 Avr - 16:33
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
Conflit intérieur et conflit idéologique


Je balayais le rideau d'un revers de la main avant de quitter l'enceinte de la cabine, le sourire aux lèvres. Il était évident que cette tenue devait m'aller à ravir mais je brûlais intérieurement de le lire dans les yeux de ma camarade. J'aime lire l'admiration dans le regard d'autrui, l'envie, le désir, la jalousie ou tout autre passion dévorante. C'est un plaisir, une drogue traîtresse et une habitude que j'ai fini par prendre alors que les années s'écoulaient. L'adolescence avait fait son oeuvre : des courbes à damner un saint, un minois angélique, des cheveux longs et soyeux, un regard envoûtant... Je n'avais rien à envier à quiconque. Je ne pouvais décemment me plaindre du résultat devant une telle oeuvre de la Nature : la mignonne petite chenille que j'avais pu être dans mon enfance avait cédé sa place à un papillon resplendissant de milles feux, un papillon que chacun aimerait admirer à loisir quitte à en perdre la notion du temps, un papillon dont le monde entier rêve d'effleurer les ailes pour imbiber son cœur de ses couleurs, un papillon que chacun souhaiterait capturer pour son unique bénéfice comme on peut aspirer à voler le Soleil pour jouir seul de sa lumière. Pourtant je ne parvenais pas à retrouver ce genre de choses dans le regard opalin de la Miss. Je focalisais mon attention sur son regard pour en décrypter les mystères mais sans succès. Il était évident que ma compagne d'excursion avait son attention braquée sur moi mais, mis à part son sourire, rien ne vint éclairer ma lanterne. Peut-être que je m'étais fourvoyée et que la couleur n'était pas la plus optimale. Je jetais donc un regard furtif à un miroir qui trônait, non loin derrière Weiss, afin de m'y contempler. Rien à signaler. J'étais toujours aussi parfaite que je l'avais toujours été. Toujours aussi belle qu'auparavant même si ces écailles et ces cornes venaient troubler le tableau de mon être. Toujours si gracieuse. Toujours aussi sexy avec ces étoffes qui tombaient pour camoufler les courbes désirés sans pour autant gâcher le spectacle de ce qu'elle laissait dévoiler. Et pourtant.. Pourquoi Edelweiss ne ressentait pas tout ce que les autres m'avaient toujours renvoyés? Quelque chose était vraiment différent chez cette fille. Quelque chose qui m'attirait irrémédiablement. Quelque chose que je ne parvenais ni à percevoir clairement ni même à expliquer. Je ne parvenais pas à le comprendre. Un mélange d'incompréhension et de curiosité vint envahir sa poitrine au sujet de la jolie jeune femme aux cheveux châtains. J'aurais aimé lui demander mais je n'en eus guère l'occasion. En effet, en une fraction de seconde, l'expression de la jolie petite fleur vint à changer. Quelque chose clochait. La suite fut un peu confuse. Weiss ordonna quelque chose en allemand mais aucun mot ne me semblèrent familier. La suite fut d'autant plus étonnante. Weiss m'attrapa par les épaules avant de m'entraîner dans la cabine sans me donner plus d'explications.

-"Att...!" entamais-je avant de finir enfermée dans la cabine en agréable compagnie.

Il me fallut un certain temps pour prendre conscience de la situation embarrassante dans laquelle nous nous trouvions. En effet, j'étais plaquée contre le mur de la cabine, presque entièrement collée à ma camarade, le tout dans une tenue laissant bien trop mes courbes apparentes pour quiconque souhaiterait vivre une situation similaire. Pourquoi Weiss avait-elle fait cela? Je ne me l'expliquais pas. A moins que..? Serait-ce possible que ma simple vue dans une tenue si sensuelle eusse exhortée Weiss à céder à des désirs qui m'étaient inconnus et camouflés? Je chassais cette idée d'un geste de la tête, tant elle semblait improbable venant de l'adorable jeune femme dont il s'agissait. Je n'étais pas son genre de toute manière. Les rumeurs rapportaient qu'elle fréquentait déjà quelqu'un , un garçon du nom de Léandre, qui avait toutes ses attentions. Je cherchais dans la pénombre de l’exiguë endroit une réponse à ce soudain revirement quand mon attention fut détourné par un doux contact sur mon épaule. En effet, dans sa tentative de maintenir son équilibre et de garder un semblant d'espace vital, ma camarade était venue poser sa main sur la paroi et toucher donc mon épaule. Un léger frisson vint me parvenir de part cette sensation nouvelle. Weiss me touche sans même réagir? Est-ce qu'elle me fait enfin confiance? Est-ce uniquement lié à cette situation abracadabrantesque? Que dois-je faire? Dois-je faire comme si de rien de cela n'était perturbant ? Dois-je lui faire remarquer? Je dois respecter ses limites et ses craintes.. Je tentais donc de l'avertir du regard, ne trahissant pas le silence imposé mais mon regard vint se perdre sur les courbes du visage d'Edelweiss. Dis donc.. Je sais que j'avais dis qu'elle n'était pas mon genre mais d'aussi près.. Le résultat était toute autre. C'était un peu comme se surprendre à apprécier un tableau en l'observant de plus près alors que l'indifférence définissait auparavant votre rapport à ce dernier. J'observais avec attention, comme fascinée, les courbes délicates de ses lèvres, soulevée par la présence impétueuse de ce doigt tout aussi délicat qui m'exhortait au silence. Comment pourrais-je parler alors que j'essayais de capter au mieux la teinte sacrale de sa peau malgré la pénombre qui venait gâcher sa blancheur?

-"Je t'expliquerai tout à l'heure...Excuse-moi.."

Je hochais la tête simplement, déjà trop loin dans mes rêveries pour capter les mots de ma partenaire de cabine, sans prononcer un mot alors que mon regard suivait la courbe de son petit nez pour ensuite se perdre dans ses yeux dans une intense contemplations. Ses yeux.. Un océan d'argent s'étendait à perte de vue et je m'y perdais avec grand plaisir, occultant même le contact subtile de sa peau si douce sur la mienne. Je perdais presque la notion du temps à force d'en observer tout les détails, d'admirer la longueur de ses cils, la perfection de son iris.. Un sentiment nouveau pour moi vint alors emplir mon esprit et mon cœur. La gêne. Je n'avais jamais ressenti la gêne de la proximité avant ce moment et je n'en pris réellement conscience qu'au moment où mes joues s'embrasèrent plus que d'accoutumée. Je profitais de la protection de l'obscurité pour ne pas laisser à ma comparse le loisir de s'en rendre compte. De toute manière, ça devait être la chaleur et la surprise qui affolaient le sang dans mes joues. Rien de plus. Inconsciemment cependant, je me mis à murmurer quelques mots sur le ton le plus discret qu'il soit.

- "Lahadachfei vralai.." murmurais-je en un souffle.

Je ne pus cependant continuer de m'esbaudir de cette proximité nouvelle entre cette fleur fragile et le papillon que je suis. En effet, la raison d'une telle situation et d'un tel empressement m'apparut alors entre les plis du rideau : un individu de mon espèce semblait chercher dans les rayons féminins. Vu sa grande taille, son apparence un brin musculeuse, son apparent désintérêt pour la marchandise ainsi que les écailles noires que je percevais sur sa queue, il semblait assez évident que le but de sa recherche n'était sûrement pas des dessous mais les deux pauvres jeunes filles que nous étions.
Quoi que.. Peut-être cachait-il ses attraits pour la lingerie féminine qui sait? Blague à part, je me détournais du spectacle magnificent de ma camarade pour suivre la progression des événements. J'espérais que nous ne serions pas découvertes. Plus je m'appesantissais sur les détails, plus ce jeune homme me semblait familier et pour cause, il faisait partie de ceux qui ne nous avaient pas lâchés du regard durant nos emplettes dans la rue. Je brûlais certes de connaître la raison d'une telle discrimination mais je doutais, à en voir son attitude, qu'il soit suffisamment ouvert au dialogue pour permettre d'éclairer ma lanterne. Soudain son attention sembla se porter sur les cabines et donc notre refuge. Rien d'étonnant en soit. Nous n'avions peut-être pas prise la meilleure des cachettes dans ce genre de situation. Si votre proie entre dans un magasin sans en ressortir et qu'elle est introuvable dans les rayons, il est fort probable qu'elle soit au niveau des cabines. D'autant plus lorsque le magasin n'en comporte que deux et qu'une seule semble occupée. Certes, l'aora ne semblait pas être un diplômé d'astrophysique appliqué mais de là à louper une telle évidence. Je lâchais un soupir en contemplant l'inévitable présence du reptilien s'avançait inexorablement vers nous. De nouveau des ennuis. Weiss va me détester. C'est alors qu'une voix perça dans le relatif silence et détourna l'attention du jeune homme.

-"Je peux faire quelque chose pour vous Monsieur?"

Le sauvetage de dernière minute. Sauvées par un cliché. C'est presque risible. Une vendeuse venait d'intervenir et de nous sauver la mise. Je vis alors le jeune homme esquisser une expression de dégoût à son arrivée. La jeune femme était une aoranne, tout comme lui ou moi, mais elle semblait plus proche de moi : en effet, elle était un tantinet plus petite que moi, ce qui produisait un certain contraste avec le jeune homme d'une taille imposante, mais surtout elle arborait une queue et des cornes en touts points semblable aux miennes, couleurs comprises. Au vue de l'expression de l'inconnu, Weiss n'était pas la cible des regards mais j'en étais plutôt la cause. Décidément quelle poisse. Fallait-il que ces appendices qui me faisaient horreurs me causent des soucis en plus de me forcer à revoir ma garde-robe... Passons. L'aora sembla chercher ses mots, lançant de temps à autre un regard vers notre abri, avant de se fendre de quelques mots.

-"Yep'.. Je cherche deux amies que j'ai perdu dans la foule.. Une humaine et une .." Le mot qu'il s'apprêtait à prononcer semblait lui arracher la gorge. "Une Raen.. L'une d'elle se trimbale un pigeon.. Je crois qu'elles sont dans la cabine, là-bas." dit-il en essayant, tant bien que mal, de camoufler le dégoût suintant de ce mot ou de son interlocutrice dans ses paroles.

Le jeune homme avait décidé que cette échange était terminé et esquissa alors quelques pas vers notre position, apparemment déterminé à aller jusqu'au bout de son raisonnement et de ses opinions, cependant, la vendeuse, loin de se démonter, l'interrompit en reprenant la parole ce qui sembla prendre son interlocuteur de court.

-"Voyons Monsieur, les cabines sont individuelles, d'autant que des jeunes filles ne souhaiteraient pas être importunées tandis qu'elles se changent. Ceci dit, je suis la seule Raen en ces lieux" dit -elle en appuyant bien sur le mot qui paraissait odieux pour l'inconnu avant de continuer sans tarder "D'autant que, sans vouloir vous manquer de respect, je doute que vous soyez l'ami de n'importe laquelle de mes semblables Monsieur le Xaela. Simple analyse de votre regard sur moi bien sûr."

De là où nous étions, nous avions une vue imprenable sur l'expression emprunte de colère, de dégoût et de honte qui était inscrite sur le visage du Xaela. Ce dernier s'empressa de se retourner avant de se ficher devant la vendeuse qui ne bougeait pas d'un iota, le regard défiant. Après un moment à s'observer en chien de faïence, l'inconnu finit par lâcher un sifflement sonore d'agacement avant de quitter la boutique en bousculant, au passage, quelques présentoirs. Il allait sûrement être très certainement fier de lui en plus. La vendeuse finit par soupirer, autant de soulagement que de dépit avant de se tourner vers notre planque et de venir jusqu'à nous pour écarter le rideau et passer la tête par l'ouverture.

-"Je crois que vous pouvez sortir Mesdemoiselles" fit-elle en esquissant un sourire.

Je joignais le geste à la demande avant d'observer notre sauveuse. La proximité me permettait de mieux voir les détails de son visage : comme moi elle avait des écailles sur le côté des joues, le haut de l'arête du nez et la base du cou. Ses cheveux blonds platines étaient coupés courts en une frange qui camouflaient presque ses yeux ambrés. Elle nous adressa un sourire avant de s'expliquer sur son geste héroïque.

-"C'est triste de dire que je commence presque à m'y habituer mais je ne pouvais pas rester sans rien faire. Entre Raen, il faut bien s'entraider non? Et puis.. Décidément, ce racisme a deux galds est insupportable. Entre certains Xaela qui continuent à penser que les Raen sont des nobles méprisants, uniquement là pour l'apparat, et certains Raen qui voient les Xaela comme des rustres travailleurs.. Enfin ça c'est quand la religion ne se joint pas à ce genre de conflit pour venir attiser les braises..Bref.. je vous laisse à vos achats. Ceci dit, vous êtes ravissante dans cette tenue Mademoiselle, elle vous sied à merveille! N'hésitez pas au besoin!" fit-elle en s'éclipsant dans un sourire.

Je rassemblais les informations que je venais de glaner tout en m'assurant de la présence de ma comparse à mes côtés. Il semblerait que les aoras soient divisés entre deux groupes : Xaela, ceux qui arborent des écailles noir comme la nuit, et Raen, ceux dont les écailles rappellent l'éclat lunaire. De plus, il semblerait qu'un conflit idéologique et religieux en divisent certains mais que la plupart ne portent aucun intérêt à ce genre de différenciation. La découverte de cet endroit se voulait tumultueuse mais très enrichissante au demeurant. Quelle étrange cité mais surtout.. Quelle étrange sensation j'avais ressenti seule à seule avec Weiss dans l'intimité de ce box.. Une sensation que les affres de l'action avaient déjà commencé à dissiper, évaporer pour que mon cerveau n'eusse pas à remarquer l'évidence.





"Lahadachfei vralai.." : Quelle splendeur..
[color=#ffcc99] : la vendeuse
[color=#6699ff] : l'inconnu


Merci à Weiss pour l'avatar ♥️
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Edelweiss L. Wintenberger
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Commentaire/citation : « Du siehst aus wie Juwelen... »
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Lun 16 Avr - 2:56


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




Weiss venait de tirer le rideau, chassant ainsi la lumière du magasin pour plonger la cabine dans la pénombre. Melody n'eut d'autre choix que de rentrer de force dans ce petit espace malgré le début de protestation dont elle fit preuve et se retrouva très vite plaquée dans le fond du box. Ses yeux débordaient de questions et d'incompréhension mais Weiss se taisait, imposant le silence d'un geste. La main crispée sur le mur pour garder un semblant d'espace vital et d'équilibre, elle tenta de faire abstraction du léger contact de sa peau contre l'épaule de Melody. Le malaise commençait à lui monter aux joues, inévitablement, alors elle détourna doucement le regard. Contrairement aux autres jours, elle ne pouvait laisser son embarras dicter ses réactions pour la simple et bonne raison que sa situation était plus grave qu'une taquinerie après être sortie de la douche. Calmement, elle reprit sa respiration pour réguler ses émotions et garder un certain détachement envers Melody qui semblait la dévorer du regard... Face à son expression indéchiffrable, elle ne pu s'empêcher de donner un début d'explication, ne voulant pas laisser croire à sa colocataire qu'elle puisse avoir des idées obscènes la concernant. Elle savait sa réaction inattendue en plus d'être inexpliquée sans compter la tenue sensuelle qu'exhibait la jeune fille, le tout créant une situation des plus ambiguës même si les motivations de Weiss n'étaient autre que de les protéger. Dans une extrême prudence, elle tourna la tête pour surveiller superficiellement l'intérieur du magasin sans pour autant focaliser une attention totale dessus. Elle ignorait à quel point elle avait perturbé Melody et ne voulait pas lui ajouter des inquiétudes supplémentaires alors de temps en temps, elle ramenait sa tête face à elle, évitant tout de même son regard. Comment concilier surveillance et neutralité ? La jeune fille ne saurait dire si elle agissait comme il le fallait mais elle pouvait au moins essayer... Puis quelque chose d’inattendu se produisit: Melody murmura dans un souffle quelques mots incompréhensibles. Weiss lui adressa un regard confus, ne sachant que répondre à cela. Ses mots ne ressemblaient à rien de connus en plus de ne pas être autorisés depuis le début jusqu'à la fin du silence imposé, théoriquement. La jeune allemande émit un soupire en son for intérieur, constatant que son autorité était sérieusement à revoir avant de tourner une nouvelle fois la tête vers la fente du rideau. De là, elle parvenait à distinguer le jeune homme aux écailles noires parcourir les rayons. Même s'il semblait profondément désintéressé de la lingerie féminine, l'on voyait parfaitement qu'il cherchait quelque chose. Weiss avait beau tenter de se rassurer de toutes les manières possibles, il était inutile de se voiler la face, elles étaient sa cible.

Lentement, elle porta sa main libre à sa poitrine dans l'espoir de faire taire son rythme cardiaque en constante accélération. Même si elle s'était promise de garder le peu de naturel qui lui restait face à sa colocataire, elle ne pouvait plus faire semblant, sa méfiance était bien trop forte et l'obligeait à garder son attention en alerte, pointée sur le reptilien. Il était étonnement grand et son apparence musculeuse n'avait rien de rassurant lorsqu'on n'était qu'une simple jeune fille aussi forte physiquement qu'un chaton... Elle ne s'attarda pas sur son visage, déjà trop occupée à suivre ses déplacements en priant pour qu'il ne fasse qu'un simple tour avant de sortir. Malheureusement il n'en était rien. En effet, il commençait à se diriger vers les cabines... Elles étaient donc bien sa cible. Pourquoi suscitaient-elles tant d'attention ? Elles n'étaient que deux jeunes filles normales... Enfin "normales" était un bien grand mot.
Lui s'approchait d'un pas bien trop décidé ce qui fit s’interroger Weiss sur son initiative. Avait-elle fait le bon choix en se repliant dans la cabine ? Maintenant qu'elle y pensait, s'il venait à les découvrir, elles n'auront aucun échappatoire. Que faire.. Que faire ? Elle était la plus exposée si le rideau s'ouvrait, littéralement en première ligne. La seule petite consolation qu'elle pouvait trouver à sa position allait à Melody. Les dégâts devraient lui parvenir limités ou amorties.. Si l'aora avait une quelconque agressivité envers elles, Weiss se savait capable de supporter moralement mais s'il devenait violent elle ne donnait pas cher de sa peau... Peut-être en tentant de prendre la fuite maintenant, avant qu'il ne soit trop tard ? Ou bien ne pas bouger et espérer que la vendeuse intervienne ? C'est bête, mais elle souhaitait sincèrement que le cliché opère pour freiner le jeune homme dans sa progression, ne serait-ce qu'un peu.
Ses pensées convergeaient toutes sur cet individu tandis qu'elle sentait des frissons d'angoisse parcourir son dos. Son seul point de repère était la subtile odeur de pomme que dégageait Melody. Telle une bouée dans un océan de crainte, ce détail semblait pourtant si puissant pour ne pas la laisser se faire submerger totalement par sa peur. Il fallait qu'elle garde son calme pour sa camarade. Si elle cédait à la panique, elle ne lui serait d'aucune aide... Comment se fait-il qu'elle se préoccupe tant de sa colocataire, au fait ?

- Je peux faire quelque chose pour vous Monsieur ? lança la vendeuse en se rapprochant du jeune homme, stoppant ainsi sa course.

Incroyable ! Le cliché avait marché. Une sorte de soulagement passager vint emplir la poitrine de la jeune fille. En effet, elle se trouvait rassurée par la protection nouvelle qu’apportait la vendeuse mais les paroles du reptilien lui confirmaient qu'il les cherchait.  

*Il ose me comparer à un pigeon ! Un vulgaire pigeon !* s'offusqua Juwelen, si fier de son plumage hypnotisant.

L'heure n'était vraiment pas à la vexation... Weiss intima à l'oiseau le silence pour ne pas perturber sa concentration. Sa respiration se faisait de plus en plus faible pour diminuer toujours plus les risques de se faire remarquer même s'il semblait les avoir repérées depuis quelques temps. Il reprit même sa marche, contournant la vendeuse pour mieux s'approcher de leur cachette. Comptait-il réellement ouvrir le rideau sans aucune gène ? Même s'il n'avait pas l'air du plus grand noble de la région, des manières aussi rustres ne pouvaient décemment pas appartenir à quelqu'un d'un minimum d'éducation. Il était quoi ? Un paysan ? L'aoranne lui fit d'ailleurs presque immédiatement remarquer son manque de savoir vivre toujours en gardant une certaine subtilité puis elle l'appela... "Xaela" ? Ils étaient si proche dans leurs caractéristiques physiques, seule la couleur des écailles différaient, malgré tout, serait-il possible qu'ils soient de deux races distinctes ? Un certitude découla néanmoins de cet échange tendu: il en avait après Melody. Mais pourquoi ? Qu'avait-elle fait de si grave pour s'attirer les foudres d'un espèce de malotru sans éducation ?
Puis, après une attente proche de l'infini, le prétendu Xaela se résigna à sortir dans un sifflement d'irritation. Visiblement la résistance de la "Raen" avait dissuadé toute envie de venir importuner les jeunes filles. Il tourna donc les talons pour sortir du magasin non sans avoir renversé quelques présentoirs avant... Quelle classe.

Même si le danger semblait écarté, Weiss ne se détendit qu'à l'instant où la vendeuse pointa sa tête dans l'ouverture du rideau pour leur donner la permission de sortir. La jeune fille ne se fit pas prier pour donner une petite impulsion de sa main toujours appuyée contre le mur afin de sortir en vitesse, se libérant de cette proximité de plus en plus dérangeante. Après quoi elle alla s'adosser contre la façade en face de la cabine, écoutant attentivement la commerçante. En effet, cette dernière répondait aux questions silencieuses qu'avaient pu se poser les jeunes filles, leur apprenant que les Raen et les Xaela étaient marqués par des distinctions politiques et subissaient très souvent de la discrimination. Cet état de fait laissait un goût amer dans la bouche de Weiss, ne se rappelant que de mauvais souvenirs. Pourquoi les gens ne pouvaient-ils pas faire preuve d'un peu d'indulgence ? C'est tellement... pesant à force. Comme quoi, fuir un endroit ne suffisait pas à faire disparaître le racisme... Elle se sentait tellement stupide parfois et attristée pour Melody. Ayant déjà vécu une très mauvaise expérience de ce type, savoir que sa colocataire risquait la même chose en venant simplement dans la cité souterraine lui donnait un pincement au cœur.

La vendeuse ponctua son discourt d'une note plus joueuse en complimentant Melody sur sa tenue avant de s'éclipser. Discrètement, Weiss la regardait s'en aller, repensant à sa confrontation frontale avec le jeune homme. Leur différence de taille était si flagrante et l'agressivité du Xaela presque palpable. Pourtant, elle lui avait fait face, sans flancher à aucun moment, gagnant finalement la bataille et l'obligeant à battre en retraite. La jeune fille avait de l'admiration pour cette vendeuse et en même temps, la regarder la faisait se sentir terriblement nulle. Sous la pression, elle n'avait trouvé qu'une seule alternative: la fuite. Incapable d'affronter le problème. Incapable de faire autrement que de se cacher comme une lâche. Weiss se laissa glisser doucement le long du mur pour s'asseoir et mit une main devant ses yeux. L'adrénaline retombait d'un coup et elle avait presque du mal à tenir sur ses jambes. Vraiment.. elle se trouvait faible. Sans courage...

Juwelen vint se poser avec précaution sur son épaule, préoccupé par l'état d'esprit de son âme sœur. Malgré ce qu'elle pensait, la fuite était un instinct de survie naturel qu'il ne pouvait qu'approuver, de ce fait, il n'aimait pas la savoir si dure avec elle-même. Mais il ne dit rien. La laissant un peu tranquille pour ne pas perturber son esprit fragile.

C'est après un petit moment sans rien dire qu'elle commença à se calmer. Il lui avait fallu du temps pour réorganiser ses pensées sans se perdre dedans. Elle baissa alors la tête, détournant le regard. Elle voulait s'excuser convenablement auprès de sa colocataire pour son comportement mais n'avait pas la force de la regarder dans les yeux, encore trop consternée par sa couardise.

- Excuse-moi Melody, finit-elle par lancer en soupirant, à la limite de l'attristement, je n'ai rien trouvé de mieux que de me cacher... Et je t'ai mis dans une position embarrassante alors.. elle avait tellement de choses à dire, à confier, mais elle sentait les mots se bloquer dans sa gorge comme si une force invisible l'empêchait de parler. Finalement, elle décida d'achever sa phrase dans un souffle, Pardon.

C'est idiot, elle ne devrait pas s'excuser. C'est Melody qui devrait puisqu'elle avait insisté pour qu'elle l'accompagne ! Sans ça, jamais elle ne se serait retrouvée dans cette situation. Mais en même temps, elle ne lui en voulait pas. Pour le moment, elle se sentait juste incapable de protéger qui que ce soit. C'est bête, c'est pourtant si rare qu'elle ressente pareil élan de considération pour une personne... Elle se sentait terriblement déçue par son incapacité à gérer les situations de crises.

- On devrait aller remercier la vendeuse comme il se doit, tout à l'heure, finit-elle par dire en se relevant avec la plus grande des précautions.

Après tout, cette femme avait bien le droit à tout les remerciement du monde pour son acte de bravoure. La véritable personne à les avoir protégé c'était elle. Weiss tenait le rôle de la peureuse..


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Melody Lawford
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Lun 16 Avr - 11:58
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
Le plus beau des trésors


Le retour à la réalité se fit en deux temps. Premièrement, l'adrénaline et le stress vinrent s'estomper petit à petit à mesure que les secondes venaient à s’égrainer puis lentement le calme revint après la tempête, mon cœur s'apaisa et je pus revoir les événements clairement. Les choses ne s'étaient pas vraiment passées comme elles le devaient mais n'était-ce pas une habitude? Il semblait en tout cas que la ville souterraine nous réserve de nombreuses surprises et j'étais convaincue que ce harcèlement de rue ne serait pas l'unique péripétie de ce voyage. Espérons tout de même que les suivantes soient plus agréables. Je tournais mon regard vers ma partenaire pour constater son état presque catatonique. En effet, la demoiselle était assise à même le sol, la tête entre les mains, Juwelen perchée sur son épaule. Je m'approchais lentement d'elle pour essayer de lui venir en aide avant de me raviser. J'étais responsable de son état. J'étais celle qui avait insisté pour qu'elle vienne avec moi. Je m'étais montré égoïste, encore une fois, capricieuse même et Weiss en payait le prix injustement. D'abord le train et ses spectres, les regards désapprobateurs ensuite et désormais ça... Un sentiment proche de la culpabilité germa dans mon cœur tandis que j'essayais de croiser son regard magnifique pour l'apaiser d'un sourire, sans succès. Je ne savais pas comment gérer l'apparente détresse de mon amie. Mon cœur me soufflait de laisser parler ma tendresse et de me mettre à sa hauteur pour l'enserrer de mes bras, pour la rassurer tandis qu'une petite voix en mon for intérieur, me dictait de respecter son mutisme et sa gêne des contacts physiques en restant là, sans un mot, à l'observer. J'étais simplement impuissante. Je déteste être impuissante. La vie m'a préservé de cet état de fait et je déteste quand celui-ci décide de venir me chercher dans mon existence idyllique. Je n'eus cependant pas à me morfondre bien longtemps car ma partenaire d'infortune prit la parole de sa petite voix.

- Excuse-moi Melody, je n'ai rien trouvé de mieux que de me cacher... Et je t'ai mis dans une position embarrassante alors.. Pardon.

Les excuses sincères de la demoiselle me firent un pincement au cœur. J'essayais de rassembler mes pensées pour lui ôter ce poids des épaules mais il était encore trop tôt pour que je laisse mon apparente fierté au placard et que je révèle ma véritable opinion sur les faits. Et pourtant.. Je brûlais de lui dire qu'elle n'était en rien responsable, qu'elle ne faisait que subir mes lubies, que mon unique bonheur dans cette histoire était qu'elle ne soit pas blessé... Impossible. Je ne pouvais m'exposer de la sorte sans voir l'admiration disparaître des yeux de mon entourage. Moi la beauté fatale, la reine des glaces. Si je me laissais aller à ce genre de considération, qu'en serait-il? Je soupirais intérieurement, incapable de soutenir cette vision du regard, la vision de mon amie auquelle je n'étais pas capable de tendre la main lorsqu'elle en avait besoin.

- On devrait aller remercier la vendeuse comme il se doit, tout à l'heure fit-elle en se relevant, la voix un peu tremblante tout comme ses jambes.

Le ton de la jeune femme me fendait le cœur, aussi, sans trop réfléchir, je laissais pour la première fois mes pensées s'exfiltraient de la barrière de mes lèvres et mes émotions prendre le dessus. Je m'approchais lentement de la jeune fille, le visage et regard baissé avant de glisser mes bras autour d'elle pour l'enlacer. Mes doigts vinrent se loger derrière ses omoplates délicatement alors que je sentais ces dernières se dessinaient sous le tissu. Je déposais ensuite un petit bisou sur son front avant de poser mon front contre son congénère, mon regard figé dans le sien afin d'avoir tout le loisir de m'y perdre. Je restais ainsi un court instant avant de clore mes paupières. J'étais bien consciente d'enfreindre les règles tacites de Weiss concernant les contacts physiques, de faire une erreur de plus, une erreur qui me vaudrait de l’embarrasser plus encore mais je nourrissais le secret espoir que mon élan de tendresse et d’honnêteté me vaudrait un sursis, une dérogation unique à cette règle. J'avais dans l'idée qu'elle avait besoin de ma présence et de mes paroles mais d'une certaine façon c'était encore un acte égoïste : j'en avais besoin tout autant qu'elle.

-"Ne dis pas de bêtises tu veux.." fis-je en un murmure tout en la serrant un tout petit peu plus contre moi et de reprendre plus bas encore "Tu n'as rien à te reprocher.. tu m'as protégé.. tu as affronté ta peur de ce même contact pour ma sécurité.. Cesse de te penser coupable.. Je suis là.. Je veux te protéger aussi alors je préfère encore fuir à tes côtés que de te voir blesser pour moi.. je suis soulagée que tu ailles bien alors n'est-ce pas le principal?"

Je ne m'étais jamais laissé aller à exprimer ce genre de considération hormis dans les méandres de la fièvre lorsque ma sœur était venue me rendre visite. Pourquoi avais-je eu cet élan d'intérêt en premier lieu pour cette magnifique fleur? Je n'avais jamais vraiment porté d'intérêt à quiconque, estimant pour la plupart qu'ils ne méritaient en aucun cas mon attention. La première à avoir gagné ce droit en dehors de ma sœur et de ma famille avait été Nia et même si nous étions proche, je gardais toujours une certaine réserve, un certain masque derrière lequel j'avais toujours préféré me cacher. Pourquoi balayait-elle mon masque de prétention sans même émettre un mot, un geste? J'avais rencontré moult personne et pourtant je n'avais jamais ressenti autant de difficulté à chasser ce naturel qui semblait revenir au galop lorsque Edelweiss faisait son apparition. Je ne sais pas et je ne le saurais peut-être jamais. Je me détachais doucement d'elle, lui rendant ainsi sa liberté avant de détourner le regard, empreinte d'une sorte de gêne coupable. Était-ce ce dont elle avait besoin? Était-ce les paroles que son cœur réclamaient? Avais-je fait le bon choix? Je ne sais pas et je ne le saurais peut-être jamais. Mon but était simplement de lui rendre le sourire, ce sourire si harmonieux qui outrepassait mes barrières pour me faire accomplir le meilleur et exprimer ce qu'il a de plus beau en moi. Je chassai ses pensées avant qu'elle ne vienne me paralyser et je brisai le silence pour éviter que nous nous y empêtrions.

-"Tu viens? Je crois que je vais la prendre finalement" fis-je en me référant à la robe.

Certes, ce changement de sujet était des plus maladroits mais que voulez-vous.. Je me dirigeais, sans réellement attendre sa réponse, vers la cabine pour y réunir les diverses affaires que j'avais laissé dans le box. Je comptais en effet, rester vêtue de cette robe pendant le reste de notre visite. Quitte à être potentiellement discriminée, je préférais me fondre dans la masse vestimentaire des environs. Nous attirerons moins les regards et nous pourrions ainsi jouir de notre visite sans autre désagrément. Je me dirigeais vers la caisse en me fendant de quelques mots à ma camarade de voyage.

-"Désolée pour tout à l'heure, je me suis laissée aller mais je le pense vraiment tu sais?" fis-je en lui adressant un clin d’œil joueur.

Un semblant de culpabilité s'était installé dans mon cœur suite à mon attitude cavalière et je tenais à l'exorciser tant bien que mal. J'espérais cependant que Weiss ne m'en tiendrait pas rigueur : je souhaitais plus encore qu'auparavant découvrir les secrets de Weiss, les raisons de mon attitude envers elle ou tout simplement forger des liens indestructibles avec elle. Je laissais de côté ces pensées avant de me rendre à la caisse en veillant à ce que ma camarade me suive. Nous y retrouvions la vendeuse aoranne, l'humaine semblant s'affairer en réserve comme le laissait entrapercevoir la porte ouverte derrière le comptoir ainsi que le fin frottement du carton dans la pièce voisine. J'adressais un sourire à ma congénère Raen avant de lui faire part de mes intentions d'achat.

-"Je la prends ! Elle est trop jolie pour que je n'en profite pas !" fis-je en souriant et en tournoyant, les événements déplaisants de tout à l'heure déjà loin dans ma mémoire avant de la remercier pour son intervention. "Encore merci Mademoiselle! Je ne sais pas ce que nous aurions fait sans vous ! "

La vendeuse esquissa un sourire en guise de réponse avant de pianoter d'un air professionnel sur sa caisse enregistreuse en bois et en bronze et me réclamer son dû. Je m'en acquittais sans broncher, offrant même un pourboire assez conséquent à mon interlocutrice. Après tout, c'était le minimum non? Je jetais un regard à Weiss, un peu inquiète à son sujet depuis notre échange et les événements de la cabine avant de quitter la boutique avec elle. Au dehors, le tumulte de la foule restait inchangé même si je ne notais pas de regards insistants contrairement à précédemment. J'inspectais du regard la foule pour m'assurer que le gêneur n'avait pas simplement attendu que nous sortions de l'échoppe mais aucune trace de lui ne se fit voir. Une chance en somme. Je ne nourrissais pas vraiment le désir de me confronter de nouveau à cet individu. Je m'engouffrais dans la rue, Weiss à ma suite - je vérifiais toujours qu'elle ne me quitte pas des yeux - tout en me demandant quel découverte faire, quel endroit découvrir. La faim se faisait plus pressante mais je ne voulais pas imposer ce choix à Weiss après de pareilles événements : il était presque certain qu'elle n'aurait pas faim dans l'état. Je n'eus cependant pas à me questionner plus longtemps sur la prochaine étape de notre périple car une enseigne vint attirer mon attention. En effet, entre deux boutiques miteuses et sans intérêt, se trouvait un antiquaire. J'avais toujours nourri une fascination particulière pour les objets anciens et hors du temps. J'aimais cette esthétique et le contact des matériaux de jadis. J'aimais découvrir des objets dont l'utilité m'échapper maintenant que la technologie les avaient rendus obsolètes. J'aimais en quelque sorte remonter le temps , un fait assez ironique de part mon don. C'était aussi une passion qui tranchait en partie avec mon job basé sur l'esthétisme, le moderne, l'innovation mais aussi la technologie mais qu'importe. Je me retournais vers ma comparse, un sourire aux coins des lèvres, pour lui montrer du doigt ma trouvaille et l'inviter à s'y rendre. Tiens est-ce que Edelweiss aime les antiquités? Qu'est-ce que Weiss aime? Je dois dire que j'aimerais le savoir. Je nourrissais depuis notre départ l'espoir qu'un objet vienne attirer son attention et que je puisse lui offrir. Qu'importe le prix. C'était d'ailleurs dans ce but que j'avais emporté tant d'argent dans cette escapade. Si je souhaitais parer à toutes éventualités c'était surtout pour pouvoir faire des folies pour ses beaux yeux. Aussi stupide que cela puisse paraître je désirais que ces moments aussi communs soient-ils pour elle s'ancrent dans sa mémoire, que mon cadeau constitue l'un de ses plus beaux souvenirs comme son amitié et l'importance que je revêtais à ses yeux étaient pour moi le plus beau des trésors.






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Edelweiss L. Wintenberger
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Mar 17 Avr - 2:38


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




La jeune fille se remettait doucement mais sûrement de ses émotions qui vinrent finalement à s'affoler de nouveau. En effet, à peine s'était-elle levée qu'elle aperçu Melody s'approcher, certes lentement mais dangereusement, pour finalement l'enlacer. Glissant ses bras autour d'elle, posant délicatement ses mains contre ses omoplates et déposant ses lèvres sur son front. Puis, dans un geste d'une extrême douceur, elle installa son front contre celui de Weiss, plongeant son regard dans le sien alors que la jeune allemande ne cherchait qu'à le fuir. Qu'est-ce qu'il lui prend tout d'un coup ? Pourquoi agissait-elle aussi imprudemment ? N'avait-elle pas remarqué la répulsion qu'elle ressentait pour les contacts ? Bien sûr, elle n'en avait pas horreur mais, avec les personnes qu'elle connaissait mal, elle ne pouvait s'empêcher d'être mal à l'aise. Cherchant très souvent un échappatoire pour ne pas subir ces assauts physiques ou bien s'en soustraire. Elle avait ressentit bien trop d'émotions pénibles en plus d'avoir supporté un contact rapproché si long dans cette cabine pour se sentir bien dans les bras de Melody. Elle se sentait même terriblement dérangée par son étreinte. Sa colocataire, elle, avait clos ses paupières, semblait paisible alors que les sens de Weiss s'affolaient. Elle aimerait retrouver sa liberté. Non, elle veut retrouver sa liberté. Immédiatement. C'est alors que l'étreinte se resserra encore un peu se qui figea sa respiration tandis que son corps se crispait de plus en plus.

- Ne dis pas de bêtises tu veux.. Tu n'as rien à te reprocher.. tu m'as protégé.. tu as affronté ta peur de ce même contact pour ma sécurité.. Cesse de te penser coupable.. Je suis là.. Je veux te protéger aussi alors je préfère encore fuir à tes côtés que de te voir blesser pour moi.. je suis soulagée que tu ailles bien alors n'est-ce pas le principal?

Étrange. Les paroles de Melody lui parvenaient sans vraiment la toucher. Comme si elle entendait mais qu'elle ne comprenait pas. Comme si son cerveau écoutait mais qu'il ne traduisait plus l'anglais. La seule chose qu'elle retenait était la compréhension de sa colocataire concernant son malaise avec les contacts alors.. pourquoi s'obstinait-elle à la câliner ? A lui prendre la main ? A lui démontrer son affection ? Pourquoi ne respectait-elle pas cette distance qu'elle s'efforçait à garder ? Elle se sentait piégée dans les bras de Melody malgré son discours murmuré qu'elle voulait sûrement réconfortant. Tout son être n'avait qu'une envie: repousser sa colocataire. L'obliger à lâcher de force si nécessaire mais elle n'arrivait pas à bouger. Qu'est-ce que ça peut-être agaçant de sentir ses pensées submerger sa tête mais son corps incapable de suivre...

*Calme-toi Edelweiss. Elle est simplement heureuse que tout se soit bien terminé, que vous alliez bien alors arrête de culpabiliser, tu l'as protégé.* intérceda Juwelen pour Melody.

C'est vrai... Il lui semblait que sa colocataire avait dit quelque chose comme ça. Alors.. elle avait vraiment réussit à l'aider ? Petit à petit, elle sentit ses muscles se détendre alors qu'elle essayait de relativiser. L'intervention de l'oiseau avait fait l'effet d'une claque. Alors qu'elle se braquait dans ses sombres pensées, les paroles de son compagnon à plume semblaient faire appel à son bon sens pour ainsi mettre en lumière la bienveillance de Melody. Après tout, elle ne pensait pas à mal en l'enlaçant... Elle voulait peut-être simplement la rassurer, l'aider à se calmer et non l'embarrasser. Maintenant qu'elle y pense, sa grande cousine faisait ça... Ah, qu'est-ce qu'elle aimerait être dans ses bras et la serrer contre elle. C'est bête, elle devrait se contenter de l'étreinte de Melody mais, en pensant à Alina, elle ressentit cette envie, bien plus forte que tout les sentiments qui l'avaient submergé jusque là. Comme elle lui manque... Comme elle aimerait la voir et se sentir à nouveau protégée par son regard attentif. Ne plus être avec elle lui avait toujours donné l'impression de manquer de quelque chose, qu'un mur la préservant du monde extérieur s'était écroulé. Serait-ce pour ça qu'elle était si méfiante et craintive maintenant que sa cousine n'était plus avec elle ?

Doucement, Melody desserra ses bras pour lui rendre sa liberté. Une bouffée d'air frais vint emplir ses poumons alors qu'elle se sentait délivrée d'une chaleur difficilement supportable. Elle savait que Melody avait le sang chaud par sa race et ne lui en voulait pas, ce n'était pas sa faute après tout. Mais l'avoir contre elle était quelque peu étouffant... Elle aimait et avait l'habitude du froid alors elle avait beaucoup de mal à résister à la chaleur en règle générale. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle se couvre très peu en hiver par rapport à la normale et qu'elle redoute autant l'été...

- Tu viens? Je crois que je vais la prendre finalement, finit-elle par dire.

Heu... de quoi parlait-elle ? Oh. De la robe... Comment pouvait-elle changer de sujet si facilement en écartant totalement le précédant comme s'il n'était jamais arrivé ? Elle a vraiment un comportement bizarre... Pendant que sa colocataire retournait dans la cabine d'essayage pour rassembler ses affaires, Weiss restait immobile, pensive, obnubilée même par tout ce qu'il s'était passé. La foule, les regard, la cabine, ce Xaela et maintenant ça. Beaucoup trop d'émotions l'avaient traversé en si peu de temps si bien qu'elle se demandait comment les concilier. Devait-elle simplement les ignorer ou bien les apaiser ? Elle n'eut pas le loisir de peser le pour et le contre que sa camarade la rejoignait déjà en s'excusant mais certifiant qu'elle pensait ce qu'elle lui avait dit. Puis elle lui adressa un petit clin d’œil léger auquel Weiss répondit dans un hochement de tête. Elle voulait lui signifier qu'elle avait compris mais préférait garder ses commentaires pour elle, silencieux. Elle ne pouvait tout de même pas lui dire qu'elle aurait pu se passer de son câlin même si elle l'avait accompagné de mots bienveillants...
N'ayant aucun achat à faire, elle laissa la jeune fille se diriger vers la caisse tandis qu'elle s'en alla directement vers la porte pour l'attendre. Après une telle situation, elle avait besoin de prendre ses distances, de se sentir décollée totalement de Melody. Cette dernière avait d'ailleurs l'air bien enthousiaste, faisant même un petit tour sur elle-même pour laisser le tissu de la robe virevolter. Comment pouvait-elle autant rayonner après ce qu'il s'était passé ? Weiss était mitigée quand à son opinion. Elle ne savait pas si elle devait saluer cette force de caractère ou si elle devait en être agacée... Dans le doute, elle préféra répondre par la neutralité, décidant de ne pas en tenir compte pour éviter de passer un mauvais moment et puis sa colocataire semblait également mal à l'aise ou inquiète. Elle devait regretter son attitude cavalière...
Après avoir réglé, Weiss adressa ses plus sincères remerciements avant de sortir à la suite de Melody. Une appréhension demeurait tout de même alors qu'elle s'immergeait à nouveau dans la foule. La crainte que l'individu ne soit encore dans les parages, à les attendre, c'est pourquoi la jeune fille redoubla de vigilance, prêtant attention à chaque personne qu'elle croisait tout en évitant de perdre sa colocataire. Il serait plus que fâcheux de se séparer dans une cité si.. spéciale et potentiellement dangereuse. C'est alors que, pendant une énième surveillance des passants, Weiss remarqua le sourire de sa camarade tandis qu'elle pointait fièrement sa nouvelle trouvaille: un magasin d'antiquités rendu presque invisible par les deux boutiques miteuses qui l'encadraient. Tiens ? Elle aime les objets anciens ? Intéressant... A première vu, Weiss n'aurait pas pu le deviner. Enfin, ça leur faisait un point commun apparemment. Il est vrai qu'elle avait toujours apprécié le charme des objets d'époques, imaginant la façon dont ils pouvaient être utilisés mais surtout de songer à ce qu'il se faisait actuellement. C'était toujours amusant de comparer ce qu'un engin avait pu être avec ce qu'il était devenu.
Plutôt emballée par leur nouvelle destination, la jeune fille ne se fit pas prier pour entrer dans la boutique, regardant déjà autour d'elle. La luminosité était légèrement réduite par les meubles anciens empilés devant la vitrine et une multitude d'objets semblaient intelligemment se grimper les uns sur les autres. Il y avait tellement de marchandises qu'il était même difficile de poser son regard sur quelque chose en particulier mais l'ambiance avait un attrait que seul les boutiques d'antiquités possédaient. Celle-ci pouvait même être comparée à ces petits magasins apparaissant souvent dans les histoires. Ces mêmes magasins hors du temps qui suscitent tant l'attention des auteurs qu'ils envoient leur héro dedans pour y découvrir un objet mystérieux et aux propriétés extraordinaires. Peut-être que Weiss aussi trouvera quelque chose de banale à première vu mais qui attirerait toutes ses attentions ? Cette idée en tête, elle se mit à déambuler doucement dans la pièce pour observer chaque article avec précaution. Elle n'avait pas d'envies particulières mais en même temps aimerait découvrir La perle rare. Elle chercha rapidement le propriétaire de la boutique du regard et ne remarqua que maintenant qu'il n'y avait personne pour les renseigner. Visiblement, elle avait été un peu trop captivée par les premiers articles exposés pour avoir remarqué dès le début l'absence du vendeur. Des bruits venant de l'arrière-boutique signifiaient tout de même une présence alors elle se replongea dans sa quête. Les meubles étaient très beaux mais ne l'intéressaient pas puisqu'elle ne pourrait décemment pas rapporter pareil mobilier à l'établissement. Elle observait donc tout les articles plus petits ou transportables, se gardant bien d'y toucher. C'est alors que son regard se posa sur un stylo à plume, exposé sur un buffet en bois sombre. Elle s'approcha pour mieux observer son manche noir lustré, parsemé de dorures et de détails rappelant subtilement la cité souterraine. Et pourtant, son style dénotait légèrement avec les allures presque grossières des rouages qu'elles avaient vu à la gare ou bien de certaines autres antiquités présentes dans le magasin. Doucement, elle se pencha pour détailler sa fine plume dorée, gravée de quelques courbes entrecroisées dans un but purement esthétique. La jeune fille resta pendant un instant en admiration devant la finesse de l'objet, se sentant atrocement charmée par sa seule vision. Silencieux, discret et pourtant si attirant... Délicatement, elle retourna l'étiquette accrochée au capuchon avant de soupirer. Évidemment, elle aurait du s'attendre à ce qu'il soit hors de sa portée.. Un stylo pareil n'allait pas être vendu à un prix raisonnable.    

- Une pièce magnifique, n'est-ce pas ? adressa une voix masculine par dessus l'épaule de la jeune fille.

Elle sursauta. Absorbée par sa contemplation, elle n'avait pas entendu le vendeur sortir de l'arrière-boutique ni même se rapprocher pour observer avec elle le stylo à plume. Weiss se tourna alors vers l'homme, visiblement proche du lézard, pour lui lancer un regard d'approbation. Elle ne pouvait qu'être d'accord avec son affirmation même s'il ne servait à rien d'essayer de la convaincre de l'acheter. Aussi persuasif soit-il pour un article tout bonnement splendide, elle ne pouvait de toute façon pas se l'offrir, son porte-monnaie l'en empêchait.

- En effet mais je ne fais que regarder, répondit-elle poliment.

Le vendeur hocha la tête dans un sourire aimable après quoi il s'éloigna tout en lui disant être à disposition si besoin. Le jeune fille le remercia puis posa une dernière fois son regard sur le stylo, comme pour lui faire ses adieux, avant de chercher Melody des yeux. Elle aussi semblait absorbée par sa découverte des articles mais pour Weiss, la recherche était terminée alors elle interpella sa colocataire gentiment.

- Je vais t'attendre dehors, prends le temps que tu veux, dit-elle en se dirigeant vers la sortie, remerciant une nouvelle fois l'homme-lézard et lui souhaitant une bonne journée.

Rester une seconde de plus devant cet objet inatteignable risquait de la frustrer, elle le savait, mais elle ne pouvait pas non plus rester dans la boutique. Se connaissant, elle aurait erré sans vraiment faire attention à son environnement et aurait finit par retourner vers ce stylo. Mieux valait limiter les dégâts immédiatement et éviter de se faire envie pour rien. La petite cloche retentit à l'instant où elle franchit la porte puis elle prit une inspiration, le nez légèrement levé. Même si ce magasin était fascinant, l'ambiance avait tout de même un petit quelque chose d'étouffant.
Une nouvelle fois, elle balaya la foule du regard pour s'assurer qu'il n'y avait aucune présence hostile autour d'elle puis s'adossa au mur, juste à côté de la porte. Si le moindre soucis survenait, elle pourrait entrer dans la boutique pour trouver une protection. Elle n'était pas extrêmement rassurée d'être toute seule dehors mais sa possibilité de repli la rassurait et puis elle était vigilante, sans compter Juwelen qui avait son sixième sens en alerte pour la préserver de tout danger. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à attendre que Melody la rejoigne.  


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Melody Lawford
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Mar 17 Avr - 13:04
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
If I keep on believing, my dreams will come to life


Après tout ces soubresauts du destin, ces événement inattendues ainsi que ces émotions, il était plaisant de s'octroyer un peu de calme et d'apaisement. La boutique que nous venions de dénicher au détour de nos recherches semblait le parfait cadre pour ce moment de répit. Certes, je m'interrogeais toujours sur ce que pouvait penser Edelweiss de mon attitude un tantinet déplacé de tout à l'heure. Après tout je connaissais sa répulsion pour les contacts physiques et mon étreinte était une exception évidente à cette règle tacite qu'elle imposait à chaque seconde. M'en voulait-elle? Je ne crois pas. Si elle avait montré une évidente raideur et un certain malaise au début de notre échange affectif, j'avais pu la sentir s'y acclimater. Loin de moi l'idée de recommencer pour autant. Bref. Changeons de sujet. Revenons à notre échoppe. Une chose était certaine à ce sujet : je ne l'obligeais en rien à me suivre dans ce magasin qui recelait de milles et un trésor ouvragés et de merveilles des temps jadis. En effet, si Weiss ne manifestait que rarement ses émotions et ses désirs j'avais tôt fait de noter l'expression d'intérêt qui traversa le regard si particulier de la jeune femme. Un regard alliant la beauté des vagues et leurs chaude mélancholie avec la pureté opaline. Dieu quel regard elle a.. Bref. Je laissais de côté ma contemplation, tâchant de paraître la plus naturelle possible. Il allait falloir que je travaille à comprendre ces moments d'absence où je me perds sur un détail de la beauté de ma camarade mais là n'était ni l'heure, ni le lieu. Mes rêveries et mes questions existentielles mise de côté, je suivais la jeune fille dans la boutique de l'antiquaire.

La première chose qui vint me frapper alors que mes pas me guidaient dans l’exiguë espace de la boutique et que le carillon de la cloche d'entrée se fit entendre fut l'odeur particulière des boutiques de ce genre. Toutes les vieilles librairies, les antiquaires ou les marchands de tableaux anciens possèdent cette odeur d'entre deux âges. Une odeur rappelant l'ancienneté de tout ce que l'on effleure du regard là où l'ont n'osent poser ses doigts de peur de briser un fragile équilibre. Un équilibre dont on se trouve le garant. Un équilibre emprunt de mysticisme. Un équilibre qui laisse notre imagination douter de la trouvaille qu'il pourrait faire. Mon regard explorait alors les lieux se posant sur chaque point d'attention, sur chaque objet insolite, sur chaque questionnement avant de trouver une perle rare. Ici, un vieux livre à la couverture d'un cuir sombre sur laquelle des plaques de bronze et d'or dessinaient une fleur en pleine éclosion et dont les pages avaient jaunies sur la tranche, faute à l'astre solaire qui n'avait pas non plus épargné la reliure et ses fils dorées, reste assoupi, protégé par une paroi de verre dont la propreté et l'état impeccable trahit le jeune âge. Mon imagination y voit un grimoire antique dont l'ornement me rappelait ma camarade de voyage, Edelweiss. Mon regard se tourna vers la fragile et délicate Miss. Elle aussi est une fleur. Une fleur qui éclot chaque jour pour livrer une partie d'elle de plus à ce monde qui a besoin de sa douceur. Je soupirai à en fendre l'âme à cette simple idée, confuse. Pourquoi est-ce que je pensais à ça? La réponse n'est sûrement pas entre ses rayonnages, emplis de livres et de poussière ou dans les meubles à la sculpture fine et aux dorures majestueuses. Non la réponse est juste devant moi. Juste dans cette jeune fille a l'air détaché. Pourtant elle refuse de m'apparaître comme si cela m'était impossible. Je déteste l'impuissance. Je décide donc de bannir cette réflexion pour le reste de la journée afin de garder les idées claires et de profiter au mieux de cette virée entre filles. Je ne suis cependant pas dupe : je sais bien que je ne pourrais chasser aussi longtemps que je ne le désire cette étrange procession d'idées. Je me tenais cependant à ma résolution et écartais ces pensées pour me concentrer sur les faits et gestes de ma partenaire. Cette dernière semblait avoir trouvé quelque chose à son goût cependant je doutais de pouvoir distinguer l'objet de ses désirs à pareilles distances. Du moins, je ne pouvais accomplir une prouesse pareille sans attirer son attention. Je décidais de laisser de côté la demoiselle ainsi que ses trouvailles pour faire mes propres découvertes. Mon attention vagabondait à droite et à gauche lorsqu'elle fut alors retenue par une petit présentoir en bois sombre comme l'ébène. Ce dernier offrait un ensemble de montres à gousset dont le bruit caractéristique suffisait à m'hypnotiser. J'avais toujours aimé les montres mais aussi la classe naturelle de ces petits objets d'autant que ceux-ci présentaient des ornements et des rouages qui laissaient imaginer la complexité de leurs mécanismes. Je me risquais à en saisir une dans le creux de ma main pour la soupeser tandis que la chaîne dorée de cette dernière glissaient entre mes doigts fins. Je fixais mon attention sur cette dernière avant d'en actionner le bouton pressoir et d'en afficher le cadran. L'affichage était en chiffres romains, ce qui m'étonna en premier lieu. Les Aoras avaient-ils les mêmes codes que les nôtres ? Avait-il donné le même nom aux couleurs et aux chiffres que les races humaines? Qui avait inspiré l'autre? Autant de questions sans réponse qui se précipitaient dans mon esprit dans un flot ininterrompu tandis que je regardais, sans bouger, les minces aiguilles d'or décrire leur sempiternelle course. Irrémédiable. Inflexible. Elles étaient hors du temps. A la fois maîtresse de celui-ci, comme un chef d'orchestre qui bat la mesure de son éternel requiem, mais aussi esclave de ce dernier. Un peu à mon image. Le temps m'avait toujours fasciné. J'en avais souvent manqué lorsque mon métier m'obligeait à parcourir le monde sans répit, sans une seconde à perdre tandis que la nuit, lorsque j'étais seule et que mon pays et ma famille venaient à me manquer, les longues heures de la nuit venaient engloutir toute trace de joie en moi. En arrivant ici, j'avais acquis une maîtrise sur cet élément pourtant indomptable. A quel prix? Certes, je m'étais acclimatée, aussi mal que bien, à mes modifications raciales et à mon don de maîtrise du temps mais cette bénédiction avait un prix, un prix dont on m'avait fait l'énoncé dès que mon état l'avait permis, un prix qui m'avait tenu alitée des jours durant. Je vivrais plus longtemps que la moyenne. Je ne parle pas de quelques années. Je ne parle pas de quelques décennies. Je parle de quelques siècles. Ma mère, mon père, ma sœur ,mes amis, les enfants de ces derniers, mes propres enfants si un jour j'en ai. Tout ce monde. Je lui survivrais. Je lui survivrais aussi inflexiblement et irrémédiablement que les aiguilles ne cesseraient leurs courses effrénées qu'au crépuscule de l'humanité et de toutes les races unies. Je reposais doucement l'objet, tâchant de chasser ces pensées peu joyeuses du train de mes émotions. Je reprenais mon escapade dans les rayonnages, passant mon doigt sur des reliures de cuir maculées de poussière, inspectant avec attention comme pour en décrypter les secrets quelques appareils dont le fonctionnement et l'utilité me paraissaient dénués de sens avant de poser mon regard sur une nouvelle perle rare. Une perle rare qui éveillait en moi une présence familière. J'avais devant moi un appareil photo dont le design s'apparentait aux appareils argentique du milieu du siècle dernier mais aux couleurs et à la mode locale. En effet, le flash n'était qu'une petite boule de cristal qui devait être employé pour diffuser la lumière; le zoom n'était, quand à lui, une simple lentille qu'une attache en laiton fixée à l'appareil. Je le saisissais à son tour avant de porter l'appareil à mon œil tout en tournant sur moi-même pour observer le monde alentour via le prisme de cet appareil antique. Les appareils photos me fascinaient tout autant avec leur capacité à arrêter le temps et à en exposer la beauté de manière impérissable. Quelle jolie ironie que j'en sois aussi capable, combien même ce n'est que pour quelques instants éphémères.. Je tournais mon objectif vers l'endroit où j'avais laissé ma camarade de chambre quelques instant auparavant pour voir qu'elle n'avait pas encore quitté l'objet de ses désirs mais aussi pour l'observer discourir avec le tenant de la boutique ou du moins ce qui semblait s'y apparenter. Il s'agissait d'un homme d'une quarantaine ou d'une cinquantaine d'années, vêtu d'une chemise blanche enserré de bretelles ainsi que d'un pantalon de velours au motif criminel pour la mode. Le pantalon du tenancier des lieux laissait passer une queue reptilienne bien différente de la mienne, proche de celle d'un dragon de Komodo, tandis que les écailles et les prunelles reptiliennes que je pouvais distinguer sur son visage ne laissaient aucun doute sur sa nature. Je surveillais un instant ma camarade pour m'assurer de sa sécurité - oui autant éviter que les événements fâcheux de la dernière demi-heure ne se reproduise ici - avant de tendre l'oreille pour saisir l'origine et le sujet de leur conversation.

- En effet mais je ne fais que regarder

J'avais donc bien interprété l'insistance avec laquelle elle avait observé l'article elle faisait face. L'idée de lui offrir un présent vint de nouveau me taquiner l'esprit d'autant que, si mes oreilles ne me faisaient pas défaut, Weiss était dans l'incapacité la plus complète de se l'offrir. Comment Edelweiss réagirait-elle à une telle offrande? Penserait-elle qu'elle est simplement intéressée? Verrait-elle ça comme un geste déplacé? Non je ne le pense pas. Je ne l'espère pas. J'imaginais sans mal l'expression adorable, mignonne et emplie de gêne qui teinterait les joues de la divine jeune femme et qu'elle arborerait sans s'en départir lorsqu'elle obtiendrait ce qu'elle convoitait. Cette expression valait tous les présents du monde non? Celle du bonheur d'une amie. Celle d'un cadeau qu'elle pourrait garder sa vie entière à défaut de pouvoir m'accompagner au long de ma propre vie? Un sourire béat vint se poser sur mon visage à cette unique pensée. Si seulement je pouvais d'abord m'assurer de la nature de l'objet.. Mais suis-je sotte? Je reprenais l'appareil dans ma main avant d'appliquer la lentille grossissante sur l'objectif et l'appliquer sur mon œil. Je tentais de discerner les contours de l'article sans être gêné par les deux interlocuteurs pendant de longues secondes jusqu'à ce que... Bingo ! Il m'était désormais clair comme de l'eau de roche que l'objet du débat était un stylo plume au style unique et ravissant. Son manche noir gravé d'arabesque d'or ainsi que sa plume ouvragée m'apparaissait d'ici. Tout simplement unique et ravissant. Un peu comme sa future propriétaire. Les deux dégageaient une sorte d'élégance, une sorte de grâce qui exhortaient à offrir le meilleur de soi au monde. Un charme indicible et invisible auquelle j'avais succombé depuis un moment : je ne désirais que de devenir la meilleure amie qu'il puisse exister pour cette magnifique jeune femme. Mes rêveries s'interrompirent dès que je vis la silhouette de mon amie se tourner vers moi. Je me retournais dans la hâte, comme prise sur le fait d'un innommable acte de voyeurisme. Je me sentais en effet presque coupable d'avoir ainsi observer la beauté particulière de mon amie et je feignais de m'intéresser aux quelques breloques qui s’étalaient devant moi. La voix de ma camarade eut tôt fait de me parvenir de l'autre côté de la pièce, claire et cristalline avec ce petit accent plaisant.

- Je vais t'attendre dehors, prends le temps que tu veux

Le son de la cloche de l'entrée marqua son départ mais je restais encore quelques secondes à observer l'étal qui me faisait face de peur de la voir revenir sur ses pas. C'est seulement lorsque je fus intimement certaine qu'elle était dehors à m'attendre que je me détournais de ces articles qui revêtaient peu d'intérêt à mes yeux et que je contournai les quelques meubles qui me séparaient de mon point d'intérêt. Une fois face au futur cadeau pour Weiss, je me saisissais de celui-ci et je me dirigeais vers le comptoir d'un pas décidé. Je n'avais même pas regardé le prix de ce trésor d'esthétisme. Était-ce vraiment important? D'aucun y aurait porté intérêt mais ce n'était pas mon cas. Ça n'avait aucune sorte d'importance. Rien n'importait plus que de lier des liens durables : j'avais eu beau avoir tout l'argent du monde dans ma vie d'adolescence, ça n'avait pas suffi à m'offrir une amitié semblable à celle que je partageais avec mes deux colocataires. Une amitié un brin sincère. Au diable Katie et son benêt de copain. J'étais bien loin de tout ça, bien loin de la trame du temps elle-même alors autant marqué celui de mon entourage.

-"Excusez moi" fis-je pour interpeller le vendeur qui était retourné à son ouvrage, une fois son échange avec ma camarade terminé et Weiss sorti.

Je jetais un dernier regard à mes deux achats avec un petit sourire fiché aux lèvres tandis que le vendeur rejoignait le comptoir pour venir m'encaisser. J'allais pouvoir immortaliser avec cet appareil tout mes instants, que ce soit avec Nia, Weiss ou même ma famille, pour leur donner un semblant d'éternité tandis que Weiss pourrait s'évertuer à écrire son histoire et celle de notre amitié de cette jolie plume. Pouvais-je faire mieux?

---

Je sortais après quelques minutes de la boutique, un sac à la main, le sourire aux lèvres. Je cherchais du regard ma partenaire une fois la porte franchi vers l'extérieur avant de la trouver, adossée au mur. Je me dirigeais vers elle avant de la gratifier d'un sourire sincère et l'interroger sur la suite des opérations.

-"Tu viens?" lui fis-je en désignant une rue voisine d'un simple geste de la tête.

Je m'engageais sans attendre dans la petite allée marchande tout en veillant à ce que ma comparse ne me quitte pas du regard. Les rues semblaient moins bondés qu'à  notre arrivée et c'était pour mon plus grand plaisir. Je n'aimais pas spécialement devoir fendre les foules pour me frayer un simple chemin d'autant qu'il m'était ainsi plus facile de garder un œil sur Weiss. Weiss.. Je ne lui avais encore pas touché mot à propos de mon offrande. Certes, je brûlais d'envie de la voir s'émouvoir de ma générosité mais il fallait parfois se montrer patiente et j'estimais que l'heure n'était pas encore à ça. Un autre impératif se faisait un tantinet plus urgent, aussi, j'en fis part à ma camarade de voyage sans plus attendre.

-"Ça te dirait qu'on aille manger un morceau? Il doit sûrement y avoir des choses passionnantes à déguster qu'est-ce que tu en dis? T'en fais pas, je m'occupe de tout !" fis-je en lui adressant un sourire et un clin d’œil complice.

Il commençait à être propice de trouver un restaurant : en effet, si la faim n'était pas encore à son apogée, tout comme le soleil n'était pas encore à son zénith, elle commençait à se faire sentir et les contours indistincts d'un bon poulet se dessinaient sans mal dans mon esprit. Désolée j'aime le poulet. Je me tournais vers ma camarade pour observer sa réaction à ma proposition tout en m'interrogeant sur ses goûts. Qu'est-ce qu'elle aimait manger? Quelles étaient ses couleurs favorites? Quel type de musique écoutait-elle? De quel main délicate empoignerait-elle son stylo pour lui offrir son plein potentiel? Même ce détail indistinct, futile et pourtant si simple m'intéressait alors que d'accoutumée je n'offrais d'intérêt qu'à ma simple personne.. C'était d'autant plus rageant que je l'avais vu écrire des centaines de fois, attablée à son bureau, le visage dans ses cahiers, tandis que je la regardais faire pour chasser l'ennui. Je crois qu'elle est gauchère, tout comme moi.. A moins qu'il ne s'agisse d'une fabulation de mon esprit.. Qu'importe je ne me voyais guère lui demander et la réponse viendrait à qui sait attendre.. Tout comme les autres. Je reprenais donc mon chemin pendant quelques longues minutes quand je finis par trouver mon graal. Au détour d'un virage, m'apparut un restaurant. Enfin c'est plutôt un glacier mais qu'importe. L'esthétique prédominante de la ville semblait ne pas avoir atteinte cette échoppe qui ressemblait à l'un des glaciers que j'avais fréquenté lors de mes voyages en France et il suffit d'un regard au comptoir pour comprendre pourquoi : le vendeur était en effet un homme tout ce qui a de plus normal, comme l'on peut s'attendre à en voir à chaque coin de rue dans la ville de la couche supérieur. Je désignais le glacier à ma camarade de voyage avant de lui demander, tout sourire.

-"Tu veux une glace? Si on a encore faim on cherchera un vrai restaurant après ça te va?" dis-je tout en battant des cils, comme pour lui apparaître la plus mignonne possible et lui faire accéder à mes désirs, technique que j'avais étoffé des années en avant.

J'attendais d'avoir son consentement puis je me dirigeais vers le glacier, le sourire toujours fiché aux lèvres. J'avais toujours aimé les glaces. Gamine déjà, alors que nous vivions au Canada, je tannais mes parents pour m'en procurer malgré les températures négatives. Je ne dénombrais plus le nombre de fois où ma sœur Naomi et moi avions écoulées nos économies dans ces petits bonheurs sucrés. Ce goût pour ces friandises ne m'avaient jamais quitté malgré le dictât des kilos et de la minceur. Je continuais à en manger par kilo et mon organisme l'éliminait sans que rien ne paraisse. Une chance que d'autres de mes collègues n'avaient pas eues. Je me précipitais devant la vitre pour observer les divers parfums disponibles. Certains étaient des plus classiques comme le chocolat ou la vanille, d'autres étaient exotiques sans pour autant paraître futuristes tels que l'ananas ou la mangue, alors que d'autres laissaient entendre par leurs noms que les reptiles des environs étaient friands de viande même dans leurs desserts. Tiens, je me demandais bien si une glace au poulet serait savoureuse.. Je laissais de côté mes suppositions hasardeuses lorsque le vendeur, un trentenaire aux cheveux courts et aux yeux verts, vint à ma rencontre.

-"Bonjour charmante demoiselle, que voudriez-vous pour vous faire plaisir?" fit -il en me souriant.

Bon c'était de la drague. Ou un quelconque essai de séduction que ce soit commercial ou pas. Je ne suis pas assez idiote pour ne pas m'en rendre compte, d'autant plus quand je suis le sujet de ce genre de tentative de manière presque quotidienne. Je répondais par mon usuel masque et un petit sourire.

-"Je ne suis là que pour dévorer du regard ces magnifiques glaces avant de les dévorer tout court voyez-vous" fis-je en gardant mon ton charmeur d'accoutumée.

Il entendrait ce qu'il voudrait. Les hommes avaient souvent d'étranges manières de percevoir les avances d'une femme aussi factices soient ces dernières. De toute manière je ne lui portais aucun intérêt quelconque. Même si mon image laissait entendre le contraire, je ne vouais aucun crédit à la séduction. Ce n'était qu'un jeu comme un autre où je m'assurais de toujours rester la vainqueur. Comme avec Nia même si les choses avaient vite dégénérés et que je m'étais retrouvé pomme de discorde entre Naomi qui détestait à présent mon amie et Nia qui cherchait à conserver mon amitié et cette proximité envers et contre mon aînée. Je soupirais intérieurement. Tout ça n'avait que peu d'importance. Je recherchais quelque chose de bien plus fort que toutes ses querelles mais sans succès. Laissons. Je me concentrais de nouveau sur l'échange en cours et je commandais dans la foulée sans plus chercher à entretenir ce jeu futile avec le vendeur.

-"Deux glaces s'il vous plaît.." Je parcourais les parfums du regard avant de trouver un parfum dont il me fallait obligatoirement faire l'essai "Une glace à la banane hmmm et.."

Je me rendais seulement compte que je n'avais pas vraiment interrogé la demoiselle sur ses goûts en la matière. Je me tournais vers ma comparse avec un petit sourire taquin avant de m'amuser à briser les espoirs de ce pauvre vendeur. J'espérais au moins que Weiss comprendrait la manœuvre que j'essayais de lui intimer en désignant le vendeur d'un geste du regard.

-"Et toi mon ange? Tu vas prendre quoi?" fis-je tout sourire, espérant intérieurement qu'elle comprenne ma méthode pour me débarrasser de cet encombrant prétendant.

Je pouvais sentir le désespoir émaner de ce pauvre jeune homme mais il aurait dû savoir que draguer une jeune femme propose son lot de déception, surtout quand elle n'arrive pas seule. J'attendais avec impatience la réponse de la jeune fille, aussi bien pour m'acquitter du paiement que pour pouvoir profiter de la terrasse.

Une fois que Edelweiss eut proposé son choix,je la laissais nous prendre une table en terrasse puis je me délestais de quelques livres auprès du vendeur avant de le remercier d'un clin d’œil. Je n'eus pour unique réponse qu'un soupir de désespoir pur. Désolée mon grand. Je rejoignais ensuite ma camarade en terrasse, une glace dans chaque main, avant de lui délivrer son dû avec un sourire.

-"Désolée pour tout à l'heure, je n'ai pas eu d'autre idée pour éviter ce type de remarque" fis-je en guise de mea culpa alors que je posais mes fesses sur la chaise qui faisait face à Weiss.

Il est certain que je pouvais me débarrasser de cette gêne de bien des manières : je l'avais fait de nombreuses fois par le passé sans user de tels artifices ou stratagèmes. C'était même plutôt étrange que je puisse me projeter suffisamment pour imaginer un jour être en couple avec une fille, d'autant plus une fille comme Weiss. Nous étions différentes par bien des aspects si ce n'est diamétralement opposées. Si sa beauté et sa gentillesse n'étaient là que pour accroître son charme, je ne pensais en aucun cas pouvoir l'atteindre de quelques manières qu'ils soient.. Je soupirais intérieurement avant de me ressaisir. Pourquoi m'interroger à ce sujet? Je ne comptais pas tenter l'expérience de ce que je sache et la question n'avait aucune raison de s'imposer à moi. Je délaissais donc mes inventions et mes songes pour me concentrer sur la jolie fleur. Je brûlais d'envie à l'idée d'en apprendre plus sur elle, aussi, je posais mon coude sur la table avant de poser ma joue dans la paume de ma main, léchant pensivement ma glace, puis je prenais la parole.

-"Parlons de toi Edelweiss, j'ai envie de mieux te connaître.." fis-je avec une honnêteté déconcertante.

Je plongeais mon regard dans ses deux vitraux bleus tels deux océans miniatures dans lesquelles je laissais la houle des bagues me berçaient. Certes, mon interrogation était posé de but en blanc mais je devais espérer que malgré l'attitude secrète que je lui connaissais, elle m'ouvrirait bientôt une porte sur elle. Je ne demandais pas grand-chose en somme mais juste de faire part intégrante de sa vie, qu'elle sache qu'elle peut se confier auprès de moi, qu'elle peut parler sans détour. Futile espoir me diriez-vous. Vous auriez peut-être raison. Je décidais cependant de laisser s'évanouir toutes ces pensées de racontars qui parcouraient mon esprit pour lui livrer une oreille attentive, sans jugement. La décision lui revenait. Un jour, je serais importante à ses yeux, c'était ma décision depuis notre conversation sous la douche, depuis que j'étais parvenue à écarter ce masque une seconde de plus que d'accoutumée. Si je continue d'y croire, mes rêves deviendront une réalité.








[color=#6699ff] : le vendeur de glace


Merci à Weiss pour l'avatar ♥️
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Edelweiss L. Wintenberger
BB |:| Troisième année
Sexe : Femme
Identité de genre : Féminin
Apparitions : 308
Inscription le : 05/03/2018
Né(e) le : 22/12/2002
Age : 15
Nationalité : Allemande / Française
Niveau d'études/Métier : Troisième année
Classe : 3°A, D2 + Adaptation
Situation amoureuse : Célibataire
Double Compte : Krystal Hamilton
Personnage sur l'avatar : Dessin de la joueuse
Péché(s) :
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Commentaire/citation : « Du siehst aus wie Juwelen... »
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Jeu 19 Avr - 1:17


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




Une légère brise vint taquiner la chevelure de la jeune fille alors qu'elle regardait vaguement les passants qui se pressaient dans la rue. Même si elle avait horreur du caractère étouffant de la foule, Weiss aimait tout de même la regarder, en silence. Il y avait quelque chose d'hypnotisant dans son mouvement ininterrompu, coulant sur les dalles, semblable au courant de l'eau. Comme si rien ni personne ne pouvaient l'arrêter ou même lutter contre. La seule option possible est de se laisser porter au gré de la houle, se faire emporter pour voir jusqu'où elle nous mène. C'est rassurant et effrayant à la fois... Pourquoi était-elle traversée par des sentiments si contradictoires ? Elle connaît ce trait de caractère mais elle ne l'apprécie pas énormément. Souvent, elle peut se retrouver perdue par ses propres pensées à cause de cela. Il est toujours étrange d'avoir l'impression de lutter contre soi-même comme si un débat intérieur faisait rage en silence. Finalement, elle essaya de détourner son attention en fouillant dans sa sacoche pour y sortir un petit sachet transparent dans lequel se trouvait des petites pastilles rondes, dorées et décorées chacune d'une représentation plutôt imagée d'une fleur. Elle l'ouvrit avec précaution avant d'y glisser deux doigts pour attraper l'un de ces bonbons d'or tant convoités puis le glissa dans sa bouche. Une fois le sachet refermé, elle le rangea à sa place attribuée tout en songeant à ses cousines. Même si ça paraissait lointain, elle se souvenait parfaitement de ce jour où elles lui avaient acheté un paquet de bonbon au miel. Ça devait être au début du printemps, alors qu'elles étaient sorties se balader près du parc. Elles étaient petites à l'époque et ses cousines n'avaient pas encore d'argent de poche attribué mais elles s'étaient apparemment débrouillées pour économiser et lui acheter un sachet de friandises. Tellement adorables... Il lui semble bien qu'à partir de ce jour, les bonbons au miel ne l'avaient plus quitté. Elle en mangeait rarement cela dit. Uniquement lorsqu'elle voulait penser à Alina et Angela ou bien lorsqu'elle se sentait mal. Ce goût sucré avait un pouvoir apaisant qu'elle ne saurait expliquer mais qui faisait toujours son effet sur elle. Était-ce en quelque sorte un effet placebo ? Ou bien un pouvoir lié à ses souvenirs ? La jeune fille finit par soupirer doucement, laissant vagabonder son esprit tout en perdant son regard dans la marrée humaine qui lui faisait face. Bercée par le mouvement des vagues, elle ferma les yeux. Coupée de l'un de ses sens, elle se rendit petit à petit compte des odeurs qui l'entouraient, souvent cuivrées avec un fond de fumée, mais aussi de la chaleur qui se déposait sur sa peau et des bruits presque métalliques des chaussures frappant sur les pavés. Elle se sentirait presque enivrée par toutes ses informations sensitives qui semblaient tournoyer autour d'elle dans un flot continu. Sans arrêt. Sans arrêt...

- Tu viens? émit une voix familière.

C'est étrange, sa seule question avait suffit à balayer ce tourbillon infernal aussi facilement qu'une musique ne s'arrête en appuyant sur un bouton. Mais comme une mélodie restant encore dans la tête, la jeune fille garda un semblant de souvenir de toutes ces sensations, accrochées à sa peau, à son nez, à ses oreilles. Elle ouvrit les yeux doucement pour s’acclimater à la lumière qui lui semblait plus forte que tout à l'heure, comme tirée d'un songe. La demoiselle tourna finalement la tête vers Melody pour l'observer comme si elle la redécouvrait après un sommeil trop long qui lui aurait fait oublié le réel. Sa colocataire avait le sourire aux lèvres, le regard pétillant et fit un petit geste de la tête pour désigner leur prochaine destination. Oh... C'est vrai qu'elle porte toujours cette tenue indécente mais qui, il faut l'avouer, lui sied à ravir. Un nouvel élément s'était d'ailleurs ajouté à son accoutrement. En effet, elle tenait un sac à la main, signe qu'elle avait trouvé son bonheur dans la boutique d'antiquité. Il s'agissait peut-être d'un rituel de sortir avec un achat pour chaque magasin visité ? Cela étant, où trouvait-elle tout cet argent ? A son âge, pouvait-elle déjà toucher l'argent de son travail de mannequin ? Enfin, ce n'est pas si important au fond.
Edelweiss se décolla du mur pour emboîter le pas de Melody qui les menaient dans une rue voisine à la principale. Plus calme que son homologue, la jeune fille s'autorisa à avoir le regard plus curieux qu'avant. Puisqu'elle ne devait plus lutter contre la foule, elle avait moins de chances de perdre sa colocataire et puis, elle aimait bien balader son regard un peu partout lorsqu'elle se promenait en ville. C'est alors que Melody fit part de son envie de se poser pour manger quelque chose. Elle ajouta également qu'elle s'occupait de tout. Elle voulait lui offrir le repas donc ? Edelweiss était parfaitement en désaccord. Sa partait d'une gentilles attention mais en aucun cas elle ne voulait avoir des dettes et puis elle avait comme politique de se suffire à elle-même. Depuis petite elle avait toujours était indépendante et débrouillarde, si elle devait manger, elle payerait sa part. Elle se gardait cependant de faire part de cette information dans l'immédiat, elle aura tout loisir de le dire plus tard à Melody.

- Si tu veux, dit-elle à sa colocataire, assez évasive.

En ce qui la concernait, elle n'avait pas spécialement faim et puis elle avait encore quelques restes de son bonbon mielleux dans la bouche. Enfin, elle ne pouvait pas non plus brimer sa camarade uniquement parce qu'elle n'était pas dans un besoin immédiat de manger. Dans le pire des cas, elle commanderait quelque chose de léger comme une salade par exemple. Mais elle n'eut pas le temps de s'étendre en suppositions qu'un glacier apparut judicieux pour Melody, au détour d'un virage. Son style était étonnant dans cet univers souterrain puisqu'il semblait tout droit venu d'une ville française. La jeune fille était pour le moins intriguée par cette différence flagrante de culture qui tranchait avec tout ce qu'elle avait pu voir jusque là.
Dès la boutique repérée, Melody eut tôt fait de proposer une glace pour commencer et de s'arrêter dans un vrai restaurant si leurs estomacs le réclamaient. Elle ponctua sa demande d'un battement de cils, prenant soudainement un air plus mignon que d'habitude à la manière d'un chiot qui quémanderait de la nourriture. Weiss ne comptait de toute façon pas aller à l'encontre des choix de sa camarade, elle trouvait son numéro de charme inutile même s'il avait quelque chose d'attendrissant. Ainsi, elle accéda à sa demande avant de la suivre pour se planter devant la vitrine de parfums après une rapide salutation au vendeur. Pensive, bien que sachant déjà ce qu'elle prendrait, elle observa avec attention les étiquettes, curieuse de savoir si l'univers de la ville avait déteint sur les parfums de glace. Et effectivement, sans compter les plus classiques ou même les exotiques, il y avait bel et bien des glaces à la viande. Des glaces à la viande... Un véritable attentat à la gastronomie.. Même si elle se voulait tolérante sur la plupart des choses, là elle ne pouvait pas rester sereine en lisant l'étiquette. Elle jeta même une regard d'incompréhension à sa colocataire pour savoir si elle aussi se posait les mêmes questions. Enfin, elle avait l'air plutôt prise dans sa réflexion jusqu'à ce que le garant de la boutique ne vienne troubler le silence. Les cheveux courts bien coiffés, des yeux verts et les dents blanches sur un visage d'homme d'au moins une trentaine d'années, habillé d'une chemise. Plutôt bel homme à mieux y regarder. D'ailleurs il semblait le savoir puisqu'il tenta une approche suave pour sa colocataire. Vraiment déplaisant... C'était relativement discret mais ça ne pouvait tromper l'intuition de Weiss. Il essayait de draguer Melody. C'est étrange ce réflexe masculin de séduire les jolies filles. Fort heureusement, l'attention était reportée uniquement sur sa colocataire qui était bien plus avenante dans sa tenue légère ainsi que son sourire charmant, ce qui permettait à Weiss d'échapper aux assauts légèrement déplacés de ce monsieur.

- Je ne suis là que pour dévorer du regard ces magnifiques glaces avant de les dévorer tout court voyez-vous, répondit Melody d'un ton charmeur.

Bon, au moins elle ne semble pas s'offusquer de la tentative de drague du vendeur puisqu'elle lui renvoyait des paroles mielleuses du même acabit. Elle a même l'air de s'en amuser... Et ce pauvre homme, prit à son propre piège, le regard éprit de désir, fondant comme neige au soleil. A ce jeu là, il faut croire que Melody est plus forte ou du moins qu'elle y est plus habituée. Malgré le malin plaisir qu'elle semblait prendre à titiller le petit cœur type caramel mou du vendeur, elle finit par entamer la commande. Après un court parcourt des parfums, la jeune fille arrêta son choix sur une glace à la banane. Plutôt original. Puis elle se tourna vers Weiss, un sourire taquin affiché sur son visage et désignant le vendeur d'un rapide coup d’œil. Avait-elle une idée en tête ? En tout les cas, quelle qu'elle soit, elle semblait lui plaire ou du moins l'amuser...

- Et toi mon ange? Tu vas prendre quoi? finit-elle par dire en souriant, sans aucun scrupules.

Mon. Ange. Même si Weiss avait parfois des doutes sur la traduction de certains surnoms, elle était sûre de la connotation de celui-ci. Rêvait-elle ou bien Melody la faisait passer pour sa petite amie ? Mais pour qui se prend-elle ? D'accord, Weiss pouvait comprendre qu'être draguée n'était pas forcément agréable mais sa colocataire avait attisé le jeu du vendeur. Et maintenant elle lui détruisait tout espoir de façon si... violente. En se servant d'elle comme excuse pour couronner le tout. La jeune fille appréciait Melody. Elle pouvait accepter les taquineries. Elle pouvait supporter les câlins ou autres marques d'affections. Mais ça, c'est non. Juste non. Premièrement parce qu'elle ne se voyait et ne voulait pas sortir avec elle mais surtout parce que s'était utilisé à des fins presque.. cruelles. Weiss eut un élan de compassion pour ce pauvre homme qui avait subit les charmes de la jeune mannequin et dont le visage s'était déjà dégradé. D'ailleurs, elle aussi devait avoir un regard un peu plus sévère depuis que sa colocataire avait lancé sa phrase...

- Citron, trancha-t-elle sèchement en lançant un regard profondément contrarié au vendeur.
Initialement destiné à Melody, elle réussit à le dévier à la dernière seconde pour éviter qu'un malaise plus que palpable ne s'installe entre elles. L'homme pourrait le prendre comme de la jalousie ou quoi que ce soit d'autre qui puisse dénoter d'une contrariété concernant sa précédente tentative de drague envers sa.. "copine". Bref, elle sauvait la mise à sa colocataire même si elle ne cautionnait absolument pas la méthode. En espérant qu'elle ne refasse jamais ça.
Sur ces pensées, elle tourna les talons pour aller trouver une table en terrasse et puisque Melody voulait être sa "petite-amie" qu'elle se comporte comme telle en achetant et ramenant les glaces. C'est mal de penser comme ça...
Une fois son choix fait, elle tira une chaise pour s'y asseoir après quoi elle soupira lourdement. Ses coudes reposant sur le bord de la table, entrecroisant ses doigts pour y déposer son menton, elle se mit à réfléchir en fermant les yeux. Bon du calme, ce n'est pas si grave au fond. Melody n'avait pas commit un crime et ce vendeur non plus. Même si Weiss avait était embarquée malgré elle dans un petit jeu de séduction, elle n'en avait pas trop pâtit. Si elle ne comptait pas l'image qu'elle aurait aux yeux de ce monsieur. Heureusement qu'elle ne le voyait qu'une fois dans sa vie... Alors qu'elle retrouvait son calme, Juwelen s'amusait à rire en silence de ce petit événement qu'il trouvait plutôt distrayant. La jeune fille le laissait faire, sans se vexer ou s’énerver. De toute façon c'était passé.

C'est à cet instant que Melody la rejoint, toujours autant souriante, les deux glaces en mains avant de donner celle qui était destinée à Weiss. Elle émit également des excuses, argumentant qu'elle ne savait pas quoi faire pour se débarrasser de cette situation tout en s'asseyant. Elle aurait peut-être du commencer par agir normalement au lieu de déployer son air charmeur... Enfin, au moins elle s'excusait.

- Je te rembourserai une fois rentrées, affirma la jeune fille sans pour autant dire si elle acceptait ou non ses excuses, évasive comme toujours. Et puis elle préférait changer immédiatement de sujet plutôt que de s'étendre sur celui là.

Melody semblait porter une attention particulière à la demoiselle, reposant son visage dans sa paume de main, léchant sa glace d'un air pensif et en même temps concentré. Puis elle dirigea la conversation sur Edelweiss, disant vouloir la connaître. Son expression sincèrement honnête et ses yeux qui plongeaient dans ceux de la jeune allemande avaient quelque chose de déstabilisant, aussi, elle détourna légèrement le regard l'espace d'un instant. Weiss se mit à réfléchir en donnant un coup de langue timide dans sa glace. Même si elle s'attendait à une question de ce style de la part de sa colocataire, elle était toujours un peu mal à l'aise lorsqu'il s'agissait de parler d'elle. Finalement, elle prit une inspiration avant de rediriger son regard vers celui de son interlocutrice.

- Je m'appelle Edelweiss Laure Wintenberger, j'aurai 16 ans le 22 Décembre. Je suis née à Detmold en Allemagne mais j'ai aussi vécu en France. Je suis arrivée à S'indarë en début Janvier 2018, je ne connais pas encore mes pouvoirs mais je sais que je suis une Psyché. Je suis liée à Léandre Laverny, mes deux colocataires sont Nia Jones et Melody Lawford, déroula-t-elle presque d'une traite.

Elle ne savait de tout façon pas quoi dire mis à part les informations que Melody connaissaient déjà plus ou moins puisqu'elle ne lui posait pas de questions précises. C'était un portrait assez superficiel, elle ne parlait pas de sa famille, mais si on ne lui demandait aucunes précisions elle n'avait pas forcément le réflexe d'exposer sa vie. Enfin, elle décida tout de même de donner une information plutôt personnelle à sa colocataire qui faisait des efforts pour aller vers elle, même si elle était maladroite.

- Et j'ai un grain de beauté au milieu des clavicules.. dit-elle en pointant du doigt l'endroit en question.

Peut-être que ça arrivait comme un cheveux sur la soupe mais au moins elle avait fait l'effort de lui dévoiler quelque chose qui ne pouvait être vu qu'avec de l'observation que la plupart n'ont pas ou qui nécessiterait un minimum de décolleté qu'elle ne portait pas extrêmement souvent. Puis, estimant avoir remplit sa part du contrat, elle fit comme Melody et reposa son menton dans la paume de sa main, bien décidée à reporter la conversation sur sa camarade qu'elle savait plus bavarde.

- A ton tour.. "mon ange", ponctua-t-elle sur un ton et une expression on ne peut plus neutre.

Weiss est pince-sans-rire, ce qui rendait parfois son humour... assez froid. Si tant est qu'elle fasse de l'humour. Melody l'interprétera comme elle le voudra: blague, rancune, provocation. En ce qui la concernait, elle voulait simplement être quitte avec elle. Maintenant que c'est fait, on en parle plus.    


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Melody Lawford
BB |:| Quatrième année
Sexe : Femme
Identité de genre : Féminin
Apparitions : 157
Inscription le : 26/09/2017
Né(e) le : 14/10/2001
Age : 16
Nationalité : Britannique
Niveau d'études/Métier : Quatrième année
Classe : 4°A, D1 + Adaptation
Situation amoureuse : Demisexuelle
Double Compte : Erik, Lily, Malon
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Péché(s) :
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Ven 20 Avr - 17:22
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
White Scales, Silver Eyes


Le ton ainsi que la réaction de ma camarade de voyage avait suffi à me faire comprendre que j'avais peut-être franchi les limites en la faisant passer pour ma bien-aimée. Certes, j'avais peut-être de bonnes raisons mais il était évident que la méthode n'était pas vraiment du goût d'Edelweiss et mes excuses ne suffiraient sûrement pas à glaner son pardon. Après tout, il aurait bien plus aisée et moins risquée de faire passer Weiss pour ma cadette ou encore pour une amie jalouse, ce qui aurait eu le mérite d'épargner la conscience et l'image de la jolie petite fleur. Pourquoi l'avais-je donc fait passer pour mon amoureuse? Je n'en avais pas la moindre idée et je n'avais aucune idée de la raison qui faisait que cette hypothèse me semblait possible. Je laissais de côté ces questions existentielles pour focaliser de nouveau mon attention sur la conversation en cours. Il semblerait, en effet, que malgré le désaccord opérant entre la jolie jeune femme et moi, elle ne m'en tienne pas assez rigueur pour ne plus m'adresser la parole. J'étais d'ailleurs plutôt étonnée de la voir me répondre  aussi clairement; elle que je savais si secrète par moment, et je lui prêtais dès lors une oreille attentive, avide d'en savoir un petit peu plus sur la délicate fleur qui me faisait face.

- "Je m'appelle Edelweiss Laure Wintenberger, j'aurai 16 ans le 22 Décembre. Je suis née à Detmold en Allemagne mais j'ai aussi vécu en France. Je suis arrivée à S'indarë en début Javier 2018, je ne connais pas encore mes pouvoirs mais je sais que je suis une Psyché. Je suis liée à Léandre Laverny, mes deux colocataires sont Nia Jones et Melody Lawford" fit-elle sans marquer une seule pause.

Je restais à l'écouter, ma tête toujours logée dans le perchoir de ma main, mon regard vagabondant toujours autour de la terrasse alors que je léchais presque inconsciemment cette délicieuse glace. Je dois admettre que les informations que je venais de glaner me laissaient pantoises. La plupart d'entre elles ne constituaient que des points de détails que je connaissais mieux que beaucoup. Comment pourrais-je ignorer le fait que je sois sa colocataire ou même son prénom? Comment pourrais-je avoir oublié la date de son arrivée avec l'enthousiasme avec lequel j'avais cherché à mieux connaître cette nouvelle arrivante? Comment aurais-je pu omettre l'existence de ce Léandre? En effet, ce jeune homme ne m'était pas inconnue et pour cause, je l'avais vu en de multiples occasions avec Weiss. Chacun de ces instants avaient été comme une trahison. Non pas que je reproche à Weiss d'avoir d'autres amis que moi ou que je reproche à ce garçon de fréquenter mon amie mais la voir sourire par moments à ce garçon ne faisait que me rappeler que j'étais incapable de lier ce genre de lien avec elle. Je détournais dès lors le pas pour ne pas qu'elle note ma présence et j'essayais en mon for intérieur de me dire que je ne l'avais pas vu. Après tout, ce qu'on ne sait pas ne nous fait aucun mal? On ne pourrait avoir plus tort. J'avais toujours suffi à faire rayonner mon entourage par ma beauté, mes réussites, une bonne humeur que je voulais une partie de cette façade, de ce masque mais je n'y parvenais pas avec elle. Je déteste l'impuissance. Je déteste décevoir. Je déteste l'entendre me dire qu'elle est liée à ce type alors que j'ai l'impression de ne pas parvenir à instaurer un simple contact, alors que Weiss reste un immense mystère à mes yeux, un miroir de brume dans lequel il est impossible de percevoir quoi que ce soit. L'un de mes doigts s'aventure dans ma chevelure avant de décrire des tourbillons avec mes cheveux, nerveusement. Je me plongeais un peu plus dans ces pensées désagréables lorsque Weiss me fit une confidence un peu particulière. Un grain de beauté? Est-ce vraiment le genre de choses qu'il convenait de partager entre colocataire? Certes, j'avais partagé une intimité bien plus ambiguë avec mon autre camarade de chambre mais ce n'était que la conséquence d'un défi stupide qui me valait, encore parfois aujourd'hui, les remarques de mon aînée.  Je dois avouer n'avoir qu'une faible expérience de l'amitié ou de la colocation aussi, je me résolvais donc à ne pas souffler mot et je quittais les aléas de la rue voisine pour suivre du regard l'emplacement que venait de désigner la demoiselle. Un endroit assez intime au demeurant? Weiss me faisait-elle assez confiance pour m'exposer de telles informations? Certes, j'en savais sûrement plus que la plupart du commun des mortels sur les courbes divines de ma camarade de chambre après les événements de la douche, où, malgré ma promesse et les interdictions, je m'étais aventurée à jeter un œil à la peau blanche de la jeune femme, en toute innocence bien sûr, mais je doutais qu'elle ne soit disposée à m'en révéler autant. Je me contentais cependant d'un simple sourire bienveillant en guise de première réponse - relever l'étrange révélation n'aidant en rien - avant de lui adresser quelques mots.

-" C'est presque sur la poitrine alors? Intéressant.. Tu sais ce que ça veut dire? Ça veut dire que tu es plus belle que la moyenne si j'en crois ce que ma maman disait quand j'étais petite! Remarque, je n'en doutais pas vraiment mais bon.. Tu as un charme particulier.. Parole de mannequin donc je sais de quoi je parle!"
fis-je en penchant la tête et lui tirant la langue, joueuse.

J'avais entendu un certain nombre de fois ma mère me dire que les petites tâches brunes sur ma peau était le signe d'une grande beauté alors qu'elle m'horripilait lorsque j'étais enfant. Ma mère était parvenue par le biais de cette petite croyance à me rendre fière de mes quelques grains de beauté dont je tairais l'emplacement. Je soupirais intérieurement en contemplant mon bras désormais marquée par endroit par de multiples écailles blanches. Celle-ci ne parvenait pas à attiser ma fierté, tout comme ma queue ou mes cornes aussi blanche que le reste. Saurais-je en être fière un jour ou même les ignorer complètement? Qui sait? Peut-être qu'un jour, une autre histoire, une autre personne saurait me faire changer d'avis? Je n'eus pas le temps de me plonger plus en avant dans ces pensées mornes que la demoiselle vint à attirer mon attention d'un bien étrange manière.

- "A ton tour.. "mon ange""

Je restais un instant, légèrement stupéfaite, levant le regard vers ma camarade pour échanger un long regard. Je me perdais au passage quelques instants dans les océans argentés de ses yeux pour tenter d'y trouver une quelconque explication à ce surnom. En effet, le ton de la demoiselle ne laissait en aucun cas entendre ce qu'elle tentait de me faire comprendre. Était-ce une manière de me taquiner? Était-ce simplement une plaisanterie visant à me perturber? Ou bien.. L'idée vint m'effleurer comme une évidence. Peut-être m'en voulait-elle encore pour mon attitude de tout à l'heure? Je passais ma main dans mes cheveux tout en prenant un bout de ma glace entre mes lèvres, l'air désolée.

-"Encore désolée.. Je ne voulais pas te mettre dans pareille situation tu sais?" fis-je en cherchant une lueur de pardon dans l'éclat magique de son regard.

Bon.. Je balayais d'une main invisible l'ombre pesante de cette once de culpabilité avant de réfléchir à la manière de parler de moi. C'est drôle. Il faut dire que d'habitude je suis plutôt à l'aise avec l'idée de dévoiler un peu de mon quotidien, de mes pensées. C'est presque une habitude auquelle je suis rodée plus que tout autre mais étrangement je ne sais pas par où commencer cette fois comme si cette conversation revêtait une importance que les autres n'avaient pas. je restais donc pensive, cherchant la meilleure manière de dresser le parfait portrait avant de renoncer et la singer dans son déroulé.

-"Bon tu dois en connaître déjà une bonne partie mais je m'appelle Melody Malon Lawford, j'ai 16 ans, je suis originaire de Londres, j'ai vécu une bonne partie de mon existence au Canada cependant, j'étais mannequin dans ma "précédente" vie comme tu le sais. Je suis une aoranne, une Raen de ce que je crois avoir compris, et j'ai un pouvoir de maîtrise du temps..." fis-je tout en cherchant une manière plus intimiste de m'exposer à l'image de sa dernière révélation.

J'hésitais à lui faire part de certains de mes secrets, jouant nerveusement avec mes cheveux. Je voulais lui faire acte de ma confiance, lui montrer que je considérais ce pas vers moi comme un trésor que je ne saurais renier, un trésor que je saurais chérir et honorer mais j'ignorais la manière pour le faire. Je défilais dans ma tête quand aux options que je pouvais lui dévoiler tel que mon tatouage en forme de papillon sur la hanche gauche ou encore l'emplacement de certains grains de beauté qu'aucune photo n'aurait jamais pu offrir au regard du monde. Après quelques instants de réflexion semblable à une éternité, je pris le parti de l'imiter.

-"Comme tu m'as dis un sacré secret, je vais en faire de même.." fis-je en baissant le ton et en lui faisant signe de s'approcher.

Je me penchais délicatement au dessus de la table, veillant à ne pas tâcher ma nouvelle tenue avec nos glaces ou d'en dévoiler trop au regard indiscret et lorsque je fus en mesure de sentir son parfum et de me plonger dans son regard sans être dérangé par le spectacle alentour, je lui murmurais doucement à l'oreille une information que de nombreux paparazzi auraient aimés coucher sur papier, aussi insignifiante soit-elle.

-"C'est un peu nul mais.. J'ai moi-même un grain de beauté assez personnelle sur la face intérieure de la cuisse droite. En plus, je suis plutôt sensible.. Enfin bref.."
fis-je en reculant légèrement et en agitant les mains, profondément gênée - étrangement - d'avoir livré une information dont seul ma sœur et mes parents étaient les garants auparavant.

Faut-il que je parle trop.. Je percutais avec un peu de retard que ma déclaration allait encore prêter à confusion et que l'évocation de zones sensibles de mon corps n'était sûrement pas une pratique courante au sein d'une colocation normale. Enfin si la colocation entre une Psyché, une voyante et une dragonne maîtresse du temps puisse être quelque chose d'un tant soit peu normal dans ce bas monde. Je soupirais à en fendre l'âme avant de m'excuser pour en avoir dévoiler plus que nécessaire.

-"Désolée.. j'ai encore dû te mettre mal à l'aise.. je parle trop et je fais pire que mieux..." fis-je en baissant la tête pour éviter ce regard grisant et l'éventuelle gêne de ma camarade; je me consacrais donc à dévorer ma glace en silence pendant quelques secondes avant de faire preuve d'un nouvelle instant de parfaite honnêteté et franchise et de relever le regard. "C'est juste que je n'ai jamais vraiment eu d'amis avant et que dans le mannequinat on a pas vraiment de tabou mais je cherche vraiment à devenir ton amie.. je sais juste pas comment.."

Un silence presque gênant menaçait de venir troubler notre dégustation, aussi, je cherchais autour de moi une échappatoire à cette situation jusqu'à ce que cette dernière ne m'apparaisse comme une évidence. En effet, mon regard venait de se poser sur le sac où reposer son cadeau. Je me penchais vers ce dernier pour m'en saisir tout en lui adressant quelques mots.

-"Rien à voir mais j'ai quelque chose pour toi.." fis-je tout en retirant mon étrange appareil photo du sac pour le déposer sur mes genoux tandis que je posais le sac sur la table en offrant un de mes plus beaux sourires.

Je poussais légèrement l'emballage ainsi que son contenu vers la demoiselle tout en grignotant le cornet de ma glace, le regard obnubilé par la future réaction de ma jolie Edelweiss. Pourquoi ma? Tu déconnes Melody... Bref.. J'attendais assez impatiente qu'elle ouvre mon offrande alors que je me fendais de quelques mots pour tromper l'attente.

-"J'espère que ça excusera le déplacement, tout les tracas jusqu'à présent et ma confidence un peu déplacée..."
fis-je en observant ses doigts délicats se débarrasser des couches de papier superflus.

Je tripotais entre mes doigts mon acquisition et je m'apaisais avec la sensation glacée du bronze pendant qu'elle se débattait avec l'emballage récalcitrant qu'avait effectué plus tôt le vendeur reptilien. J'espérais sincèrement que je n'avais pas fait erreur et que je verrais son sourire, un sourire rien que pour moi, le même qu'elle pouvait avoir pour Léandre parfois.





Merci à Weiss pour l'avatar ♥️
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