Sin Theatre


 

Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences (PV Jolie fleur)

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Edelweiss L. Wintenberger
Ho |:| En France + Allemagne
Sexe : Femme
Genre : Féminin
Apparitions : 212
Inscription le : 05/03/2018
Né(e) le : 22/12/2002
Age : 15
Nationalité : Allemande / Française
Niveau d'études/Métier : 2ème année
Situation amoureuse : Célibataire
Double Compte : Krystal Hamilton
Personnage sur l'avatar : Dessin de la joueuse
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Sam 21 Avr - 23:42


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




Pour tout dire, Weiss regretterait presque sa réaction qu'elle trouvait à la limite du puéril. Certes, elle n'avait pas clairement dit que le comportement de Melody l'avait énervé mais elle l'avait suffisamment fait ressentir dans sa réponse pour le vendeur de glace. Il était peut-être inutile de continuer sur une lancée aussi immature que désagréable. Et puis, sa colocataire s'était excusée, elle devrait peut-être se calmer... Intérieurement. Aussi, après son déroulé biographique, elle s'autorisa à livrer une information relativement personnelle même si elle restait parfaitement normale de son point de vu.

- C'est presque sur la poitrine alors? Intéressant.. lança Melody le plus naturellement du monde.

Weiss manqua presque de s'étrangler avec sa glace au citron lorsqu'elle entendit cette réflexion plus que déplaisante. Comment ça "intéressant" ? Une pensée aussi saugrenue qu'embarrassante germa dans l'esprit de la jeune fille. Serait-il possible que Melody soit intéressée finalement ? Enfin, elle mit très vite de côté cette idée pour reporter son attention sur quelque chose d'encore plus important. Non. De grave. Pendant un instant, la jeune fille se demanda si sa camarade avait suivit les cours de biologie pour croire que les clavicules seraient presque au niveau de la poitrine. Non Melody, non. Ce n'est pas vraiment un bon repère corporel. Si elle avait dit "c'est près du cou", la réponse aurait été validée. Mais là, elle ne pouvait simplement pas laisser passer une telle erreur scientifique sans siffler des oreilles et sans avoir une petite pensée pour son père et son métier de chirurgien. Cependant elle ne dit rien, laissant Melody s'exprimer sans la couper. Les règles de politesse l'obligent.

- Tu sais ce que ça veut dire? Ça veut dire que tu es plus belle que la moyenne si j'en crois ce que ma maman disait quand j'étais petite! Remarque, je n'en doutais pas vraiment mais bon.. Tu as un charme particulier.. Parole de mannequin donc je sais de quoi je parle!

Alors ça c'était... inattendu. La jeune fille regarda son interlocutrice, ne démontrant qu'un léger étonnement sur son visage pour ne pas sembler déstabilisée. Cependant, malgré la certaine neutralité dont elle fit preuve, intérieurement, elle se demandait sérieusement ce qui lui valait un tel compliment de la part d'une mannequin qui plus est. Est-ce qu'elle était.. si jolie que cela ? Certes, elle ne s'était jamais trouvée laide et remerciait plutôt la nature d'avoir bien œuvré mais elle ne pensait tout de même pas mériter ces éloges. Elle se trouvait mignonne, sans plus. Alors entendre Melody flatter son charme lui donnait une drôle de sensation. Un mélange de joie. De timidité. De satisfaction. Ou d'embarras. Elle avait du mal à déterminer ce que s'était mais elle esquissa un léger sourire en jouant avec une mèche de cheveux. Finalement, Melody était plus attentionnée qu'elle ne semblait l'air. A moins que... Qu'elle essaye de la flatter pour obtenir ses faveurs et son pardon concernant son comportement précédant ?
Doucement, la jeune fille donna un coup de langue dans sa glace en réfléchissant. En fin de compte, elle ne pouvait s'empêcher de rester méfiante. C'est dommage, cela lui gâche souvent les moments qu'elle passe avec les gens mais elle ne peut pas s'en empêcher. C'est plus fort qu'elle. C'est sa seule façon de se protéger... C'est pourquoi elle récupéra sa neutralité pour rediriger la conversation sur Melody d'une façon quelque peu scabreuse. Mais tant pis, elle ne voulait pas que sa colocataire accède à elle. Pas encore.

Melody relava les yeux pour la regarder longuement, visiblement surprise de ces quelques mots. Puis elle sembla déconcertée, baissant légèrement le regard pour prendre sa glace entre ses lèvres avant de réitérer ses excuses. Weiss commencerait presque à se sentir mal face aux regrets qu'elle lisait dans le regard de sa camarade de chambre. Peut-être qu'elle aurait du se taire finalement pour ne pas infliger à Melody la culpabilité qu'elle décelait dans sa voix ? Elle n'y pensait que maintenant, ayant parlé sans vraiment réfléchir aux conséquences d'un simple mot, et se sentit soudainement très bête. Indélicate. Elle poussa un petit soupire en son for intérieur, se blâmant pour son comportement totalement ridicule puis reporta son attention sur sa glace en attendant la réponse de Melody.

- Bon tu dois en connaître déjà une bonne partie mais je m'appelle Melody Malon Lawford, j'ai 16 ans, je suis originaire de Londres, j'ai vécu une bonne partie de mon existence au Canada cependant, j'étais mannequin dans ma "précédente" vie comme tu le sais. Je suis une aoranne, une Raen de ce que je crois avoir compris, et j'ai un pouvoir de maîtrise du temps... dit-elle avant d'entrer dans une intense réflexion.

Manifestement, Melody avait trouvé bon d'imiter le premier portrait que Weiss avait donné pour parler d'elle, grossièrement. Ce n'était pas pour lui déplaire puisque, de cette manière, elles restaient tout les deux évasives, ne donnant que des informations principales sans entrer dans le détail, et ainsi leur permettre de garder une certaine intimité concernant leurs vies respectives. Même si elle trouvait sa colocataire sympathique et qu'elle souhaitait entretenir des liens agréables avec elle, elle ne souhaitait pas aller plus loin, soucieuse de conserver ses secrets. Elle ne s'autorisait pas à dévoiler quoi que ce soit de trop personnel à Melody pour la simple et bonne raison qu'elle ne lui faisait pas totalement confiance. Du peu qu'elle a vu d'elle, elle pouvait aisément jouer des rôles, gardant toujours autant de fierté mais n'exposant jamais sa vrai nature. Elle pouvait s'en apercevoir par sa façon d'agir avec le vendeur qui différait parfaitement de son comportement avec Weiss. Cet état de fait la rendait naturellement méfiante, ne sachant pas qui elle avait en face d'elle. A moins qu'elle ne lui fasse un peu peur ? Avec cette capacité d'endosser plusieurs rôles, rien ne garantissait que son amitié puisse être sincère...

- Comme tu m'as dis un sacré secret, je vais en faire de même.. finit-elle par dire après une éternité d'hésitation, la voix basse.

Elle fit ensuite un signe à la jeune fille, lui demandant d'approcher alors qu'elle se penchait déjà légèrement sur la table. Weiss s’exécuta, non sans une certaine appréhension, pour écouter le "secret" que voulait lui révéler Melody. Elle avait cependant un peu de réticence à l'entendre puisque, après tout, elle n'avait pas vraiment dit quelque chose de si confidentiel. Mais ce qui la dérangeait le plus était la proximité que nécessitait cette révélation, en effet, elle pouvait sentir le souffle de sa colocataire sur sa peau alors qu'elle lui glissait quelques mots à l'oreille.  

- C'est un peu nul mais.. J'ai moi-même un grain de beauté assez personnel sur la face intérieure de la cuisse droite. En plus, je suis plutôt sensible.. Enfin bref.. fit-elle avant de reculer, visiblement gênée de ce qu'elle venait de dire.

Weiss resta interdite, mettant une main sur son oreille comme si elle aimerait couper la possibilité à cette information de s'infiltrer à nouveau. Que devait-elle comprendre ? Que devait-elle faire de ce renseignement ? Pourquoi Melody l'avait choisit plutôt qu'un autre ? La jeune fille sentit le rouge lui monter aux joues alors qu'une idée traversa son esprit. Serait-il possible que.. qu'elle soit réellement intéressée ? Non, non, elle sont deux filles, ça serait étrange. Malgré tout... la révélation de Weiss sur son propre grain de beauté n'était pas si aguicheuse que celle de Melody.. En tout cas elle ne pensait pas avoir dit quoi que se soit qui puisse laisser entendre de sous-entendus.
Sa colocataire soupira lourdement avant de prononcer de nouvelles excuses, l'air embarrassé.

- C'est juste que je n'ai jamais vraiment eu d'amis avant et que dans le mannequinat on a pas vraiment de tabou mais je cherche vraiment à devenir ton amie.. je sais juste pas comment.. Avoua-t-elle sincèrement.

En tout les cas, elle a le mérite de savoir bien se rattraper. Même si un petit malaise persistait chez la jeune fille, elle réussit à détendre les épaules, décidant de ne pas lui en tenir rigueur. Puis elle dirigea son attention sur sa glace pour la manger jusqu'au cornet. Un début de silence commença à s'installer entre les deux jeunes filles ce qui n'était pas pour déplaire à la jeune allemande. En effet, elle appréciait les moments de tranquillité qui ne nécessitaient pas de dialogues. Un simple échange silencieux. De son point de vu, c'était presque plus apprécié qu'une conversation sans fin. Mais apparemment, Melody n'était pas de cet avis puisqu'elle reprit très vite la parole, affirmant qu'elle avait quelque chose pour elle. Parlait-elle d'un cadeau ? Weiss releva les yeux vers elle, étonnée. Elle ne s'attendait pas forcément à recevoir quoi que ce soit de la part de sa colocataire si ce n'est sa présence alors elle se retrouva prise de court. Intriguée, elle l'observa poser le sac de la boutique d'antiquité sur la table puis le pousser légèrement vers elle, signe qu'elle pouvait le prendre pour en découvrir son contenu. La jeune fille releva la yeux vers Melody, comme si elle cherchait dans son regard une énième autorisation de découvrir le fameux objet avant de se permettre de poser ses mains sur le sac. Si cela venait bel et bien de la boutique d'antiquité, elle se devait de déballer son présent avec la plus grande des précautions afin de ne pas le briser par maladresse. Doucement, elle retira les couches de papier la séparant encore de l'objet mystérieux.

- J'espère que ça excusera le déplacement, tout les tracas jusqu'à présent et ma confidence un peu déplacée... dit-elle en l'observant, impatiente.

Weiss était de plus en plus intriguée même si les quelques mots de la jeune fille la fit se poser quelques questions. Est-ce qu'elle essayait d'acheter ses excuses ? Ou même son affection ? Elle chassa cette idée de sa tête pour se concentrer sur son déballage. Et c'est ainsi qu'il apparu à ses yeux ébahis. Aussi fin qu'une tige de roseau. Noir comme l'ébène. Parsemé d'arabesques d'or. La jeune fille regarda immédiatement sa colocataire, partagée entre la joie, la reconnaissance et l'incompréhension. Ce stylo qu'elle avait observé si longtemps dans ce magasin, elle ne l'aurait jamais imaginé entre ses mains. Pourquoi Melody avait-elle fait une telle folie ? Elle n'arrivait pas à savoir pourquoi et en même temps, elle commença à se sentir mal de ne rien avoir en retour. Peut-être aurait-elle du avoir un regard moins insistant dessus pour ne pas attiser la générosité de Melody ?

- Melody c'est.. je.. commença-t-elle en balbutiant.

Un tel cadeau était parfaitement irréel. Déraisonnable même ! Est-ce que ses excuses valaient si chères ? Est-ce qu'elle méritait tant de générosité ? Franchement, elle avait du mal à y croire. Elle devait rêver.. Elle osait à peine toucher le stylo tant elle craignait de l'abimer.

- C'est déraisonnable. As-tu seulement vu le pr.. lança-t-elle avant de se taire.

Parler du prix d'un cadeau est impoli... Elle ne savait vraiment pas où se mettre ni même si elle avait le droit de l'accepter alors elle se mit à rougir légèrement. Pas de gène ou même de joie. Elle n'avait aucune idée de ce qui provoquait ce rougissement mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Melody devait la trouver stupide...

- Je ne sais pas quoi dire.. et je n'ai rien en retour.. dit-elle en détournant le regard.

Elle posa ensuite ses yeux sur le stylo, longuement, le caressant du bout des doigts avec une délicatesse extrême. Et puis elle eut l'impression que son cœur s'allégea. Après tout... A quoi bon culpabiliser pour un présent ? A quoi bon imaginer des arrières pensées ou des actions intéressées ? A quoi bon se sentir gênée d'être, peut-être, appréciée pour ce qu'elle est ? Un sourire se dessina sur ses lèvres avant qu'elle ne lève les yeux vers Melody. Il lui semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis la dernière fois où elle adressa pareille expression. Pourquoi devant Melody ? Peut-être que le charme de la situation l'avait attendrit... Et en même temps, elle avait presque du mal à se reconnaitre dans ce visage d'une telle douceur.

- Merci Melody. J'en prendrai le plus grand soin, je te le promets.    


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Melody Lawford
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Dim 29 Avr - 14:02
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
Transition vers de nouvelles aventures


Certaines attentes, aussi courtes soient-elles, semblent être des éternités. Celle-ci en fait partie. En effet, j'attendais toujours nerveusement que la demoiselle ouvre son cadeau. J'avais acheté ce stylo en me fiant à ce que j'avais pu soupçonner de l'intérêt qu'elle pouvait lui porter mais désormais une étincelle de doute s'était infiltré dans mon cœur. Se pourrait-il que je me sois trompée? Était-il possible qu'Edelweiss n'eusse admiré ce stylo pour une autre raison que celle que j'avais imaginé? J'aurais l'air fine si je lui offrais quelque chose d'aussi cher alors qu'elle n'y portait pas le moindre des intérêts, d'autant que je la mettrais assurément mal à l'aise.. Pourtant.. Malgré cette crainte grandissante au plus profond de moi, je ne pouvais m'empêcher de m'imaginer la jolie demoiselle, assise devant son bureau comme à l'accoutumée, le nez plongé dans ses cahiers à former des courbes et des arabesques de ses doigts délicats grâce à mon offrande. C'est vrai qu'elle a des doigts fins et délicats. Je m'étais surprise une ou deux fois à me faire cette réflexion en l'observant travailler lorsque l'ennui et la pseudo-captivité ne me laissaient pas d'autres options. Je laissais de côté ces pensées contemplatives alors que l'angoisse revenait à la charge pour se frayer un chemin dans mon cœur. Je triturais un peu plus mon appareil et je grignotais rageusement mon cornet tandis que Weiss dénudait le présent de son habillage de papier. C'est alors que vint l'heure de vérité. Le stylo apparaissait dans toute sa splendeur tandis que j'interrogeais du regard la demoiselle, de moins en moins certaine d'avoir eu une brillante idée.

- Melody c'est.. je..

Le ton de la jolie petite allemande vint à suffire pour balayer mes doutes. Elle avait l'air.. touchée. Touchée, gênée, voire même émue. Je n'étais pas une grande experte de ce genre de situation mais je jugerais que quelque chose venait de se produire : je venais de traverser ses barrières pour atteindre son cœur, pour ériger quelque chose. Je ne saurais dire quoi mais cette simple pensée, aussi futile et improuvable soit-elle, m'emplissait de bonheur. Un sourire de soulagement mais aussi de joie vint se ficher sur mes lèvres alors que je contemplais mon oeuvre. Un bonheur presque palpable sur un visage angélique.

- C'est déraisonnable. As-tu seulement vu le pr..

Je lâchais un petit rire nerveux. Il faut dire que je m'attendais à cette réflexion. il est vrai que ce petit cadeau n'était pas vraiment donné cependant je pouvais me le permettre. Je conçois cependant qu'un tel achat puisse être un sacrifice pour quiconque n'a pas la chance de jouir d'un physique assez avantageux pour en vivre. Et puis.. il était assez évident que la demoiselle avait dû regarder le prix de cet charmant objet avant de renoncer à s'en porter acquéreur. Je ne pouvais cependant pas m'empêcher de me fendre d'une remarque alors que je passais la lanière de mon appareil autour de mon cou. Ooooh c'est plus lourd que je ne l'aurais pensé..

-"Je sais, je sais.. Ce n'est pas une bagatelle.. Ne te soucie pas de ça voyons" fis-je en lui adressant un clin d’œil.

Je restais à observer la demoiselle sans un mot tandis qu'elle se confondait en excuses inutiles et qu'elle fuyait mon regard. J'avais simplement posé mon coude sur la table - tant pis pour les règles de politesse élémentaire - avant de déposer ma tête dans la paume de ma main alors que je dévorais du regard ce charmant spectacle. La gêne venait sublimer le charme naturelle de la demoiselle au point que je m'imaginais photographe l'espace d'un instant pour mieux capter cette beauté discrète. Je résistais cependant à l'envie d'essayer ma nouvelle acquisition ou, mieux encore, de figer le temps quelques instants pour en profiter à mon gré. Non, je me contentais de mes souvenirs car cet instant était unique. Certes, j'avais déjà fait preuve de générosité par le passé, avec ma sœur notamment, et j'avais toujours aimé voir les visages s'illuminaient devant mes présents. C'était en quelque sorte ma manière de compenser mes absences, de montrer mon affection quand ce masque s'y refuser. Il n'était d'ailleurs pas rare que je passe des heures à arpenter boutique après boutique, moi même - chose assez rare quand vous avez une assistante -, afin de dénicher la perle rare. Tout ça cependant n'avait pas le même impact et j'eus tôt fait de le comprendre. Je pouvais le comprendre dans chacun de ses gestes: à la manière dont elle caressait ce simple stylo, aussi précieux soit-il; à la façon dont elle ne pouvait en détacher le regard; à l'infinie délicatesse dont elle faisait preuve à son égard. C'était comme si je venais de lui offrir le plus précieux des trésors, la plus rare des pierres précieuses, le plus sacré des dons divins. C'était comme si pour la première fois, quelqu'un lui faisait un cadeau désintéressé, lui faisait l'honneur de la considérer. C'était une impression étrange, une impression qui me pinçait le cœur comme elle venait m'emplir d'une plénitude nouvelle dans le même temps.

- Merci Melody. J'en prendrai le plus grand soin, je te le promets.

Le sourire que venait de m'offrir Edelweiss à cet instant sonnait comme un achèvement, une réussite. Je ne pouvais douter de ces dires lorsqu'elle rayonnait de la sorte. J'avais presque envie d'effleurer sa joue du bout des doigts comme pour m'imprégner à mon tour de la joie qui inondait ses traits mais je n'en fis rien. C'était déplacé. J'imprimais plutôt cette image dans ma mémoire pour ne jamais l'oublier avant de répondre en souriant d'un air charmeur.

-"Je compte sur toi pour la tenir cocotte! J'espère d'ailleurs que tu m'écriras une jolie lettre d'amour avec ce stylo !" fis-je en riant avant de tirer la langue et de lui adresser un clin d’œil.

Pourquoi une lettre d'amour? Je ne sais pas vraiment mais c'était le premier truc qui m'était passé par la tête. Peut-être était-ce le fait de manger une glace comme un couple d'amoureux qui m'avait évoqué cette idée ou était-ce une manière de conserver ma couverture? Je penchais plutôt pour la seconde option même si le vendeur semblait trop loin pour pouvoir intercepter notre conversation. Mon cerveau est bizarre parfois. Weiss comprendrait de toute manière. Je reprenais mon sérieux avant de lui faire une nouvelle proposition.

- "Ça te dirait qu'on reprenne l'exploration? J'aime bien passer du temps à discuter mais "un couple" ne peut décemment ne faire que ça non?"
fis-je en lui lançant un nouveau clin d’œil lourd en sous-entendus avant de reprendre mon naturel et mon sérieux et lui faire part d'une de mes observations. "Pour être plus sérieuse, j'ai vu une bibliothèque sur le chemin et je me disais que ça pourrait être sympa d'y jeter un coup d’œil? En plus je crois que tu aimes lire non?"

J'avais, en effet, surprise un panneau indiquant ce qui semblait être une bibliothèque ou un quelconque centre d'archives et si mon intention semblait totalement désintéressée, elle ne l'était pas vraiment. Certes, il était assez évident que je veuille comprendre plus en détail les us et coutumes de ma nouvelle race mais là n'était pas mon unique but : je désirais aussi me documenter sur la langue couramment utilisé par toutes les races liées aux dragons, le draconique. J'avais entrepris, lorsque personne ne le voyait, d'en apprendre les bases. Pourquoi attendre d'être seule? Si apprendre ne constituait en rien une faiblesse, mon image m'interdisait de laisser paraître ce genre d'intérêt. Je sais c'est plutôt stupide mais je refusais que mon entourage ne le découvre. Juste par fierté personnelle. J'avais donc commencer à me renseigner par moi-même, en vain, puis auprès de nos professeurs mais sans plus de succès. J'avais finalement trouvé mon bonheur dans une rencontre avec un nouvel élève - qui m'avait dragué en premier lieu - du nom d'Erik. Ce dernier, en plus d'être assez beau pour espérer une carrière semblable à la mienne, avait pour lui de détenir certaines connaissances dont celle de parler et de savoir déchiffrer les bases de la langue des dragons. J'avais ainsi appris tout ce qui m'était possible auprès de ce jeune homme avant de me plonger dans les divers ouvrages qu'il avait pu me conseiller au cours de nos diverses conversations. J'avais ainsi acquis un certain vocabulaire et j'étais apte à comprendre et à formuler des phrases simples mais j'espérais plus. J'espérais la perfection comme à chaque fois. Je nourrissais l'espoir d'en apprendre plus encore ici. Je me levais donc, sans trop attendre la réponse de la jeune fille avant de lui tendre la main.

-"Tu viens?" lui adressai-je en souriant.

Si je comptais en apprendre un peu plus sur mes origines, rien n'égalait cependant l'intérêt grandissant que je vouais à ma camarade de chambre. Peut-être qu'au milieu des rayons et des étagères, j'en découvrirais plus à son sujet et sur l'irrépressible attirance que je ressentais entre elle et moi?





Merci à Weiss pour l'avatar ♥️
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Edelweiss L. Wintenberger
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Dim 13 Mai - 3:27


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




Un petit pas en avant vers la complicité ? Pendant un court, très court instant, Weiss s'était posée cette question alors qu'elle souriait doucement pour Melody. Effectivement, malgré toutes ses maladresses, son comportement parfois agaçant ou ses taquineries embarrassantes et déplacées, elle avait toute de même un certain charme dans sa manière d'être. La jeune fille commençait à saisir quelques subtilités de son caractère ou du moins, elle le pensait. C'est étrange... d'une certaine façon, sa colocataire lui faisait penser à une petite fille un peu maladroite et timide cherchant simplement à se faire une amie... Et cette simple idée lui donna une sorte de pincement au cœur sans qu'elle ne s'en rende compte. Comme si ses souvenirs s'immisçaient entre la surprise et la reconnaissance que lui avait procuré ce cadeau. Comme si un petit quelque chose l'empêchait de profiter pleinement de ce moment... Elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus mais elle le sentait de plus en plus, cherchant à dissimuler ce ressentit en rhabillant avec le papier le magnifique stylo. Durant ce moment de minutie ou elle s'appliquait à protéger son nouveau bien, elle s'octroya la possibilité de réfléchir. Pourquoi avait-elle pensé à son collège soudainement ? Elle jeta un discret coup d’œil à Melody, cherchant en elle la réponse à sa question. Et c'est ainsi qu'elle lui apparut, floue et incertaine mais bien réelle. Étrangement, elle cru se voir en elle. Certes, l'enrobage était terriblement différent, cependant, le fond semblait être le même. Melody souhaitait sincèrement se faire une amie. Tout comme Weiss à son arrivée en France. Et ce souvenir lui en rappela d'autre un peu plus pénibles. Maintenant qu'elle y pensait, mis à part sa famille, personne ne lui avait jamais rien offert... Elle était un peu triste à cette idée mais d'un autre côté, cela rendait le stylo d'autant plus précieux. Il symbolisait, en quelque sorte, l'espoir retrouvé. L'espoir si souvent oublié d'avoir une véritable amie. Elle ferma un court instant les yeux pour mieux profiter de cette agréable sensation. Certes, elle ne considérait pas encore Melody comme son amie, mais il fallait avouer qu'elle était sur la bonne voie. C'est plutôt.. réconfortant de s'imaginer une relation d'amitié pour l'avenir..

- Je compte sur toi pour la tenir cocotte! J'espère d'ailleurs que tu m'écriras une jolie lettre d'amour avec ce stylo ! dit-elle en riant, d'humeur taquine.

Un soupire vint se glisser en son for intérieure. Mais pourquoi.. Non. La question était plutôt: Comment faisait-elle pour si souvent réussir à gâcher un moment agréable ? Enfin, en soi elle ne le gâchait pas vraiment, le terme était un peu fort, mais avec Melody tout semblait jouer sur des montagnes russes. Il faut croire qu'elle ne pouvait s'empêcher de dire des choses embarrassantes dans les moments "d'émotions"... Quel curieux fonctionnement. Soit elle était réellement maladroite, soit elle ne savait pas faire autrement, soit il s'agissait de sa vraie nature qui reprenait les rênes...
Forcément, Weiss ne savait plus trop où se mettre, rougissant légèrement et cherchant quelque chose à fixer du regard. Elle avait beau savoir qu'elle plaisantait, cette remarque la mettait tout de même mal à l'aise pour la simple et bonne raison qu'elle ne savait pas comment y répondre puisqu'elle n'était pas dans l'optique de lui écrire ce genre de lettre. Alors elle garda le silence, ne voulant pas aggraver son cas en disant quelque chose pouvant être mal interprété ou au contraire trop froid. Elle se contenta simplement de ranger avec précaution l'objet de cette plaisanterie dans sa sacoche, voulant faire diversion. C'est alors que Melody enchaîna, proposant une nouvelle activité en utilisant comme justificatif qu'un "couple" ne pouvait passer son temps qu'à discuter. La jeune fille ponctua sa phrase d'un clin d’œil voulant ajouter du poids à ses sous-entendus, en plus des guillemets que Weiss avait pu entendre dans son ton de voix. Encore sur cette histoire de couple ? Le vendeur de glaces était assez loin, il n'était pas nécessaire d'insister...

- Pour être plus sérieuse, j'ai vu une bibliothèque sur le chemin et je me disais que ça pourrait être sympa d'y jeter un coup d’œil? En plus je crois que tu aimes lire non? s'empressa-t-elle de reprendre, voulant redonner du sérieux à cette conversation.

Effectivement, elle avait vu juste: Weiss aime lire. Elle utilise d'ailleurs cette passion comme couverture pour dissimuler son asociabilité. Il est pratique d'avoir toujours un livre sous la main en prévision d'une conversation pénible ou que l'on aimerait éviter. Il suffit alors de parcourir les lignes des pages pour couper tout dialogue désagréable ou importun.
En parlant de lecture, la jeune fille se souvint d'une de ses trouvailles plus jeune. En effet, elle s'était découvert une affection réelle pour la littérature française. Cela étant, elle devait bien être la seule à en porter de l'intérêt au collège... Les adolescents de nos jours sont sincèrement désespérants sur certains points.

- Effectivement, j'aime lire, répondit-elle à sa colocataire pour valider sa proposition.

Elle était d'ailleurs étonnée que Melody s'intéresse à la lecture. Il ne lui semble pas l'avoir souvent surprise en train de lire. Ou bien le faisait-elle lorsqu'elle était en dehors de la chambre ? C'était une possibilité...
Ne se perdant pas en spéculations inutiles, elle finit le cornet de sa glace pour ne pas faire attendre trop longtemps sa colocataire. Il était certain que sa proposition s'appliquait sur l'instant et non dans une demi-heure. D'ailleurs, Melody se levait déjà, tendant sa main en souriant. C'est alors que Weiss remarqua l'appareil photo au design insolite qui pendait autour de son cou. Comment avait-elle pu le rater ? Il n'a rien de discret tant au niveau de sa forme que de sa taille. Et puis, il était plutôt joli en plus de dégager le charme d'une époque ancienne. Il devait se trouver dans le magasin d'antiquité au vu de ses ornements qui rappelaient un bon nombre d'articles qui y étaient exposés.
Pendant un instant, elle se demanda pourquoi sa colocataire avait fait cet achat puisque, après tout, elle était mannequin et devait préférer être au devant de la scène plutôt qu'en retrait, derrière l'objectif. Enfin, elle préféra finalement ne pas faire de commentaire et posa ses deux mains sur la table pour s'aider à se relever refusant ainsi celle de Melody. Ce sera sûrement mal vu de rejeter ce geste après le cadeau qui lui avait été offert mais elle ne voulait pas agir différemment pour cette raison. Sinon, cela signifierait que son amitié avait été achetée par ce stylo et ne voulait pas agir faussement, sous le coup d'une gratitude mal placée. Elle lui adressa néanmoins un petit sourire esquissé, ne voulant pas se montrer froide ou désagréable.

- Je te suis dans ce cas.

Joignant le geste à la parole, elle lui emboîta le pas dès l'instant où elle se mit en mouvement. A mesure qu'elles marchaient, la jeune allemande ne pu s'empêcher de remarquer une certain calme dans les rues de la cité souterraine. Étrangement, il semblait y avoir de moins en moins de monde foulant les pavés pour donner une aspect bien plus tranquille aux différentes ruelles qu'elles empruntaient. L'heure de point était-elle passée ? Ou bien s'éloignaient-elles des endroits les plus fréquentés ? Weiss finit par abandonner ses questionnements, ne possédant de toute façon aucune réponse pour observer les bâtiments alors que Melody suivait les panneaux. Et puis, au croisement d'une rue, elle cru voir du mouvement derrière une gros pot de fleurs décoratives. Intriguée, elle s'en rapprocha, faisant fi des protestations de Juwelen, visiblement assez peu rassuré à l'idée de s'approcher. Effectivement, il semblait avoir quelques craintes mais la jeune fille ne parvenait pas à comprendre jusqu'à ce qu'elle voit un petit chat recroquevillé dans un petit coin.

- Oh... Salut toi, dit-elle en souriant.

Elle occulta un instant Melody pour mieux se rapprocher du félin tapit dans l'ombre, après quoi elle s'accroupit délicatement près de lui. C'était plus fort qu'elle, les chats exerçaient une réelle emprise sur elle ce qu'il l'obligeait à s'arrêter à chaque fois qu'elle en voyait un. Elle comptait tout de même sur sa réplique pour interpeller sa colocataire et lui signifier qu'elle avait fait une hâlte. Après tout, il aurait été fâcheux de se perdre dans ce labyrinthe victorien.

- Comme tu es mignon... Mais que fais-tu dehors, tout seul ? poursuivit-elle à l'attention du chaton.

Malgré son regard terrorisé, la jeune fille se risqua à tendre la main pour présenter son doigts à sa petite truffe. Elle le trouvait tellement chou avec son pelage noir et ses grands yeux bleus soulignés d'un museau tout rose qu'elle n'avait qu'une envie, le caresser. Alors elle avança un peu plus sa main tandis que le petit chat l'observait, visiblement inquiet. Puis, d'un coup rapide, il envoya ses pattes en avant pour agripper nerveusement Weiss de ses petite griffes et lui mordre le doigt. Juwelen poussa une petite plainte et prenant la fuite pour se réfugier sur l'épaule de Melody tandis que son âme-sœur se crispait légèrement en fermant un œil. Mais elle resta immobile et silencieuse, ne faisant aucun mouvement brusque pour ne pas effrayer encore plus le chaton, le laissant ainsi s'énerver sur sa main.

- Je ne te veux pas de mal petit chat.. Inutile d'avoir peur.. lui adressa-t-elle d'une voix douce en esquissant un sourire.

Ce pauvre petit félin devait être perdu et apeuré pour réagir de cette manière... Qu'avait-il vécu pour être dans cet état de frayeur et d'agressivité ?

- Du calme bébé chat..

Finalement, il crispa ses mâchoires sur le doigts de Weiss et ne bougea plus, semblant hésiter, après quoi il baissa doucement les oreilles et la lâcha. Il regarda sa main, la sentit timidement puis se mit à lécher les petites plaies qu'il lui avait fait comme pour s'excuser. Alors Weiss se mit à sourire en le regardant avec les yeux d'une enfant qui ouvrirait un cadeau de noël puis elle la caressa avec douceur.

- Oh, tu es adorable ! Comment tu t'appelles minou-minou ? dit-elle d'un ton léger, comme lorsqu'on parle à un enfant, mais qu'est-ce que tu fais tout seul petit cœur ? Tu as perdu ta maman ?

Le chaton se mit à ronronner en se frottant contre sa main puis il leva le nez, reniflant une odeur qui semblait le charmer. Timidement, il s'approcha de la sacoche de la jeune fille tandis qu'elle l'interrogeait du regard. Seule la nourriture devait l'attirer de la sorte cependant, elle n'avait pas souvenir de transporter des aliments... Oh mais..! Elle fouilla dans le sac pour en sortir son sachet de bonbon au miel et en extirpa un pour le présenter au chat. Il le renifla un instant avant de l'attraper entre ses dents. Weiss se mit à rire discrètement, amusée par son comportement si mignon alors qu'il mâchouillait la petite bille dorée puis elle lui donna une dernière caresse avant de se lever tout en continuant à lui parler. Puis elle abandonna à regret ce petit chaton plein de vie pour rejoindre sa colocataire en se frottant sa main griffée, l'air de rien, reprenant son air habituel.

- Excuse-moi, je nous ai retardé, adressa-t-elle à Melody en reprenant sa marche.

Elle ne s'attarda pas bien longtemps sur cette petite agression féline, ne voulant pas que sa camarade s'inquiète pour rien, ni sur le comportement qu'elle avait adopté par la suite, se refusant d'accepter sa perte de crédibilité concernant son attitude si détachée voire froide. Elle récupéra ensuite sa bouteille de désinfectant pour en appliquer sur ses coupures, discrètement.

*Ça fait drôlement mal Edelweiss ! Ces chats... Que des brutes. J'en ai horreur !* se plaignit Juwelen en retournant se percher sur son épaule.

La jeune fille l'écouta sans trop porter d'intérêt à ce qu'il racontait. Bien sûr, elle lui demanda pardon pour lui avoir imposé une douleur qu'elle aurait pu éviter mais d'un autre côté, elle ne voulait pas agrémenter ce débat sur la race féline. Il était normal que l'oiseau ne l'apprécie pas puisqu'il s'agissait de prédateurs redoutables pour lui mais Weiss, elle, avait toujours porté une affection particulière pour ces animaux et ne pouvait refouler cet état de fait seulement pour son ami à plume.

Les rues se faisaient plus larges au fur et à mesure qu'elles avançaient vers leur objectif pour aboutir finalement à une place aérée, cerclée de boutique et d'une terrasse de café. Au centre, une majestueuse et étonnante fontaine y trônait, arborant des rouages en mouvement qui s'affairaient à diriger les petites cascades d'eau tandis qu'un jet s'échappait de la bouche d'une statue représentant une sorte de dragon qui surplombait toute la structure. En face, une immense façade se dressait fièrement pour dominer les lieux, exhibant des teintes cuivrées soulignées de décorations gavées à même le bois. Ce mélange de métaux, de pierres et de bois couplés à une inspiration victorienne avait véritablement quelque chose d'unique. Étonnant mais aussi intriguant. Bien qu'étant dans la ville souterraine depuis un moment déjà, Weiss se surprenait à continuer sa contemplation face à cet imposant bâtiment. Arrêtant son regard sur les minces et longues vitres qui perçaient la pierre pour laisser à la lumière la possibilité de se frayer un chemin à l'intérieur, détaillant les portes principales faites de bois, encadrées par des rouages. De part et d'autre, il y avait deux statues de dragon reposant sur des socles, gardant l'entrée.
Il ne faisait aucun doute qu'il s'agissait de leur destination. Alors, toujours un peu en retrait, laissant à Melody prendre l'initiative pour s'en approcher, elle finit par passer entre les deux gardiens pour atteindre le seuil. A l’intérieur, le silence sacrale imposait son règne, laissant reposer les pages des livres endormis. Une table massive taillée dans un bois clair logeait en face de l'entrée, proche du mur. Il n'y avait personne pour veiller sur elle mais tout portait à croire qu'elle tenait le rôle de l'accueil. Les étagères, en bois plus sombre que celui de l'accueil, s'organisaient en suivant la forme du long bâtiment, adossées au mur. Il ne semblait y avoir qu'une seule pièce sans compter la remise dont la porte se trouvait derrière la table de bois, ainsi, des mezzanines et des balcons intérieurs avaient été aménagés pour mieux utiliser toute la hauteur du lieu. L'on pouvait y accéder par des escaliers en colimaçons aux reflets lisses et cuivrés. Quelques chaises et fauteuils étaient installés dans des endroits stratégiques pour permettre aux lecteurs de s'y reposer. Dans un coin, un immense globe en cuivre entouré de gros anneaux scintillait très légèrement tout en affichant une carte du monde. Weiss tourna la tête vers le plafond pour y observer sa voute, décorée de sculptures et gravures en plus d'un magnifique lustre pour venir amplifier l'éclairage naturel du soleil.
Il y résidait une ambiance chaude, portée par la lumière douce mariée aux teintes brunes du bois et du métal tandis que le bruit du silence amenait une sensation de froideur intimidante..  

La jeune fille se risqua à marcher vers les premières étagères pour observer les tranches anciennes des livres sans y toucher. Puis elle se tourna vers sa colocataire, l'interrogeant du regard pour ne pas encore briser le silence qui habitait la pièce, de peur que sa voix ne résonne. Elle se demandait s'il y avait quelque chose qui l'intéressait en particulier ou si elle voulait simplement se balader entre les livres.


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Melody Lawford
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Dim 10 Juin - 17:41
Une balade amoureuse? Entre shopping et confidences
Comprends moi..


Si la demoiselle vint à refuser mon aide, ignorant mon geste sans plus d'explication, elle se releva aussitôt comme pour me signaler son aval. Je ne me vexais pas pour ce petit incident diplomatique, d'autant que j'étais bien consciente que Edelweiss ne cherchait qu'à rester la plus impartiale possible et à se préserver de contact qui ne seraient en aucun cas nécessaire. J'acceptais la chose aussitôt avant de commencer de nouveau à arpenter les rues en la compagnie de la jolie petite allemande, suivant les panneaux pour essayer d'atteindre ce temple de la connaissance et du savoir. Je me sentais déjà impatiente à l'idée d'en découvrir un peu plus sur les rites et coutumes de mon peuple d'adoption, leur langue que j'apprenais en secret sous les conseils avisés d'un garçon bien étrange par de nombreux aspects, leurs manières de vivre et peut-être enfin trouver une place dans ce monde nouveau. Je jetais un coup d’œil à ma queue écailleuse avant de soupirer et de tourner la tête vers ma camarade de voyage qui semblait perdue dans ses pensées et dans la contemplation des rues désormais vides de monde. C'est fou ce qu'elle est jolie.. Je m'imaginais déjà lui permettre de briller de plus belle avec telle ou telle accessoire.. Attends.. Quand ai-je commencé à trouver Edelweiss jolie déjà? Ne nous fourvoyons pas. Je n'ai jamais trouvé Edelweiss moins jolie qu'une autre mais je la jugeais précédemment comme une fille avec un certain charme. Charme qui ne m'atteignait guère jusqu'à présent. Pourtant, en cet instant, elle semblait plus rayonnante que toutes les lumières de cette ville comme si chaque lampadaire, chaque sources de lumières, quel qu'elle soit, avait cédé de sa magnificence à la demoiselle pour qu'elle subtilise les cœurs autour d'elle. Une mannequin en quelque sorte. Je chassais de suite cette pensée d'un revers mental. Il serait gênant qu'elle se fourvoie sur mes intentions ou qu'elle me surprenne à la regarder de la sorte. Ce n'est qu'un regard professionnel après tout. Je quittais le fil chaotique de mes pensées pour me rendre compte que la demoiselle semblait m'avoir faussé compagnie, profitant de ce court laps de temps d'inattention. l'aurais-je perdue en tournant sans la prévenir? A t-elle prise un peu d'avance? Je regarde un instant autour de moi sans trouver de réponse à mes questions avant qu'une voix familière ne résonne jusqu'à mes oreilles.

-"Oh... Salut toi" entendis-je alors non loin de moi.

Je tournais le regard vers un petit coin avant de me rassurer. En effet, la petite allemande n'était pas partie bien loin. Elle semblait avoir fait la rencontre d'un petit animal. Je m'approchais un peu plus en veillant à ne pas faire de bruits pour ne pas faire fuir le nouveau petit protégé de ma camarade. J'identifiais très vite la petite créature comme étant un petit chaton au pelage d'ébène et aux yeux azurs. Que faisait un chaton en ces lieux? Les aoras et les hybrides possédaient-ils des animaux de compagnie ou bien est-ce l'animal d'un des rares humains? Les chats supportaient-ils d'être enfermés sous terre de la sorte dans ce cas? N'avait-il pas peur de tout ces dragons et ces créatures de toutes tailles? Ce chaton prendrait-il ses pattes à son cou si je venais à esquisser un geste envers lui? Après tout, je suis un dragon d'une certaine manière et il se peut qu'il me craigne. Après tout je ne suis plus la même.. J'esquissais un petit sourire devant ce constat douloureux tout en m'interrogeant sur le sujet, observant la scène avec un peu de recul pour ne pas effrayer le félin ni briser l'admiration que je ressentais devant la douceur des gestes de Weiss. J'étais étonnée et fascinée par ce revirement: elle qui paraissait toujours détachée de toutes choses venait de laisser filtrer une part de sa personnalité que je ne soupçonnais guère. Je me sentais honorée en quelque sorte mais je pense même que l'espace d'un instant j'en venais à jalouser ce chaton. J'aimerais qu'elle me regarde comme ça, qu'elle me témoigne la même douceur, que ces barrières s'abaissent comme les miennes ont tendance à le faire en sa présence. Je veux simplement être une amie avec qui elle peut laisser aller ses sentiments, une amie avec qui elle n'aurait pas peur de parler ou de laisser la tendresse de ces gestes émergeaient. Je veux être sa véritable amie. Je ne saurais expliquer pourquoi mais en cet instant je n'ai pas d'autres souhaits, moi qui n'ai jamais vraiment eu le loisir d'en avoir. Je n'eus pas le temps de m'attarder sur ce sentiment particulièrement désarmant que la demoiselle se releva et arriva à mon niveau.

- Excuse-moi, je nous ai retardé

Je hochais simplement de la tête sans rajouter un seul mot, même si je dois admettre que l'idée de la taquiner sur son élan de douceur me traversa l'esprit un bref instant, cependant, je me tins au silence pour laisser ce souvenir intact, la magie de l'instant complète. Je verrais un jour d'autres instants similaires mais pour l'instant, j'enfouirais cette image au creux de mon cœur pour franchir ma façade comme la sienne et œuvrer comme aujourd'hui à une amitié durable entre elle et moi. Je jetais cependant un regard entendu à Juwelen ainsi qu'un sourire. La halte terminée, nous reprîmes dès lors le chemin de la bibliothèque. Le trajet ne fut pas des plus longs, au contraire, il ne nous fallut que quelques instants pour rejoindre la place qui donnait sur l'imposant lieu de savoir. Imposant est le mot d'ailleurs. Mon regard se porta immédiatement sur le bâtiment qui, telle une cathédrale, semblait s'élever sur plusieurs étages et dominer les lieux d'une aura toute particulière. Les quelques boutiques qui jalonnaient la place ne parvenaient pas, malgré des façades rivalisant les unes avec les autres par leurs originalités et leurs attrayantes marchandises, à occulter le côté majestueux de cette bibliothèque. En effet, la fontaine qui faisait face à l'immense arche de l'entrée de la bibliothèque, évoquant aussi bien les lieux que ses habitants ainsi que les deux dragons donnaient une impression particulièrement grisante : celle de se retrouver devant l'héritage d'un peuple qui transcende les âges, témoin du temps qui passe, des vies qui effleurent cette Terre sans jamais la marquer. Un jour, je serais l'un de ces témoins. Un sentiment de fierté profonde mais aussi de frayeur vint à m'envahir et j'hésitais alors à prendre la main de ma camarade pour m'accrocher à mon seul repère. Oui j'ai peur d'un jour d'être oublié de ceux que j'aimais et que le tic-tac de l'horloge puisse effacé toute trace de leurs présences hormis dans mon cœur, lointaine réminiscence d'un temps que le quotidien aura dérobé à mon regard. Je me refuse cependant à prendre cette main si proche et si chaude. Elle ne comprendrait pas. Je l'incommoderais avec ce contact. Pire, je la mettrais mal à l'aise. Ce fardeau est le mien. Les autres finiront par le voir. Les années se chargeront de leur délivrer la vérité. Ils le sauront lorsque l'âge les fera décliner et que je me tiendrais à leurs côtés, comme aujourd'hui, en tout points pareils. Le destin est cruelle parfois. En cet instant, juste cet instant, j'eus l'impression que ma façade se constituait de nouveau sous mes yeux pour me couper de mon amie, du monde extérieur, pour me protéger.

Je n'eus cependant pas le temps de me complaire dans cette vague désagréable d'émotions négatives que nos pas nous menèrent à l'intérieur après avoir franchi la porte sous le regard suspicieux de deux hommes Xaela de bonne taille - c'est à dire deux mètres comme la plupart de leurs congénères - ainsi que d'une fille humaine qui semblait étonnée de voir un pareil couple en ces lieux. Je n'y prête cependant que peu d'attention avant de pénétrer dans un vaste hall d'où la bibliothèque s'étend sous nos yeux comme un océan de livres et d'étagères où repose milles et unes connaissances. Mon regard vagabondait dès lors de si, de là. Par là, j'observais une vaste table massive où semblait attendre une hybride, presque semblable à ma tante, que j'identifiais à la hâte comme le lieu de dépôt et de retraits des divers ouvrages ; par là, je distinguais des étagères débordantes d'ouvrages. Je notais alors un détails sur ces dernières : en effet, chacune d'entre elles présentaient sur le côté une petite plaque en bronze ou en cuivre sur laquelle des inscriptions en draconiques, ainsi que d'autres en anglais, décrivaient le nom de la section qu'elles désignaient. Intriguée, et à la recherche d'un type d'ouvrages bien précis, je me dirigeais lentement, sans vraiment porter attention à Weiss pour l'occasion, vers le meuble le plus proche pour en identifier le contenu. Mon regard se porta donc naturellement vers le petit encadré cuivré.  Astronomie. Ce n'était vraisemblablement pas le bon. Je me mettais donc en quête des livres traitant de biologie ou encore de l'apprentissage de cette langue si ancienne, cherchant du regard l'étagère en question. Mathématiques. Littérature antique. Philosophie. Arts. Je parcourais les diverses rangées d'ouvrages sans trouver ce que je cherchais en ces lieux. Mince.. Où cela peut-il être..? Finalement, après quelques minutes de recherches, je finis par trouver l'objet de mes recherches. Littérature jeunesse. Je m'aventurais entre les rayonnages, inspectant chaque ouvrage en quête d'un livre qui attirerait mon attention. Pourquoi donc? Comprenez bien que je ne suis pas le genre de filles à se perdre dans les lignes des livres et dans des mondes fantasques. Ne nous méprenons pas non plus : j'aime lire, du moins je n'appartiens pas à la plupart des jeunes de mon âge à qui la lecture fait horreur : j'aime m'imaginer vivre des aventures lointaines et découvrir des mondes nouveaux mais le temps me me manque. La raison de ma recherche est tout autre cependant. Je n'eus cependant pas le temps d'approfondir ma réflexion qu'un des titres vint à attirer mon attention. Je m'approchais de l'ouvrage, effleurant sa reliure abîmée de mes doigts délicats avant de le dérober à ses congénères. Le Conte de la Princesse de la Mer de Rubis. Je le feuilletais, traduisant avec peine certains termes pour me faire une idée de l'histoire de ce conte. Il s'agissait d'une princesse Raen, habitant un village sous-marin qui avait, par chance, une amie en tout points semblable à elle aussi elles intervertissaient de temps à autre leurs places pour vivre des aventures jusqu'à ce qu'un rituel vienne tout mettre en péril : leur amitié, leur village, la Mer de Rubis entière. Je me perdais un instant entre les lignes avant de reprendre mes esprits et de relever le regard. Weiss était là. Sûrement par hasard, peut-être parce que mon absence avait été plus longue que prévu. Je commençais à rougir légèrement d'être surprise dans un instant de faiblesse avant de lui soumettre une explication à voix basse pour ne pas briser l'ambiance sacrale de ce temple littéraire.

-"Ce n'est pas vraiment ce que tu penses.."
fis-je en cherchant à m'expliquer.

Si c'était parfaitement ce qu'elle pensait. J'essayais d'apprendre une langue et pour cela, Erik m'avait conseillé de me mettre à lire des livres pour enfants aussi bien pour approfondir mes connaissances culturelles , car comme il le dit si bien : "Les livres pour enfants débordent de codes pour que les enfants ne se perdent pas dans le monde qui s'ouvre devant eux et comme tu es toi-même une "enfant" aoranne", ainsi que pour parfaire ma capacité à lire le draconique. Mince.. J'apprenais depuis des semaines sans déranger quiconque et sans laisser personne le savoir, cachée non loin d'un escalier de l'académie et tout ça partait en miettes. Mon image de perfection venait de s'ébranler.

-"C'est..c'est..C'est pour apprendre à lire.. Enfin je sais lire l'anglais.. mais je peine pour lire le draconique.. Un terme ou deux ça va mais.."

Je me sentais terriblement idiote. J'aurais dû savoir que Weiss s'en rendrait compte en m'accompagnant mais j'avais espéré, fantasmé qu'elle ne me suive pas pendant cette étape de mon périple, trop perdue dans ses propres recherches. Je venais de lui montrer ,involontairement, une face de moi que je ne montrais jamais. Je ne suis pas parfaite. Je tends à l'être et je le sais mais je ne le suis pas, quelque soit les espérances à ce sujet que je pouvais relever dans mes bulletins de notes, les yeux de mes proches, ceux d'inconnus. J'espère que tu pourras le comprendre Weiss.. Non. Pendant un instant, une vague de soulagement s'éleva en moi. Je savais qu'elle ne me jugerait pas. Pourquoi? Je ne saurais le dire. Cette fille est tellement formidable qu'elle ne peut être comme tout ces autres. Je crois même que c'est la première fois que l'admirée admire quelqu'un..






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Lun 2 Juil - 21:23


Une balade en amoureuse? Entre shopping et confidences




La jeune fille déambulait lentement dans cette immense salle aux allures anciennes, laissant glisser le bout de ses doigts fins sur la tranche des livres. La respiration lente, l'air rêveur, elle se contentait de visiter les lieux, à la fois curieuse et inattentive comme si le fil de ses pensées pourrait laisser une traînée imaginaire s'échapper de ses doigts. Si elle était d'abord nerveuse dans cette ville souterraine à la limite de l'étouffement, elle se sentait maintenant plus sereine dans un endroit tel que celui-ci. Le bruit du silence, le reflet doux des rayons de soleil sur ces teintes cuivrées, l'écho subtil des pages qui se tournent. Un havre de tranquillité pour son cœur un peu trop éprouvé depuis le début de cette promenade. Enfin, Edelweiss se sentait apaisée. Elle aurait pu s'asseoir. Laisser la lumière qui perçait les fines vitres caresser la peau de son visage. Écouter simplement les talons de sa colocataire claquer timidement contre le sol. Fermer les yeux un instant pour permettre à cette chaleureuse froideur de l'englober pour la plonger dans une bulle. Cependant, elle avait peur que cet état d'intériorisation ne libère ses pensées si précautionneusement muselées. Lesquelles pourraient ressortir dans cet instant de méditation? Des pensées agréables? Désagréables? Le doute planant, elle préféra s'encrer dans la réalité pourtant si étrange dans laquelle elle était et empêcher tout désagrément de survenir. Alors elle posa un instant ses yeux sur les plaques de cuivres qui indiquaient les catégories des ouvrages. Intéressant... Les habitants de cette ville parlaient donc deux langues: l'anglais et... une langue locale? Weiss arrêta son hypothèse dessus, ne parvenant pas à reconnaître les caractères.

Elle glissa un doigt sur le haut d'un livre d'histoire pour le tirer de l'étagère avant de rétracter sa main dans une grimace discrète. Ses petites coupures étaient plus douloureuses qu'elles n'y paraissaient... Peut-être aurait-elle du s'abstenir de s'approcher de ce chaton? Non, la joie de l'avoir caressé juste après était plus forte... Un soupir s'échappa de ses lèvres tandis qu'elle pressait de son autre main la blessure qui l'avait lancé, faisant fi des commentaires plaintifs de son compagnon ailé. Finalement, elle abandonna le livre pour parcourir des yeux les différents titres qui lui étaient possibles de comprendre. Certains lui semblaient plus intéressants que d'autres mais, comme il était idiot de juger un livre à sa couverture, elle préféra mettre de côté ses idées préconçues. Ainsi, elle en déroba un pour le feuilleter, portant son attention sur les grands titres pour se donner une idée des thèmes abordés avant de le reposer et de réitérer son action avec un autre ouvrage. Pour être parfaitement honnête, il n'y avait pas forcément de sujet qui l'intéressait plus que les autres. La cité souterraine ne l'attirait que pour ses architectures insolites à vrai dire et, bien qu'elle n'exclut pas la possibilité que les habitants jouissent d'une science nouvelle qui leur est propre, elle ne pensait pas avoir le temps pour s'attarder sur les détails. De plus, elle ne comptait pas y retourner de sitôt et donc n'aurait aucun instant pour profiter des savoirs de cette civilisation. Afin d'éviter toute frustration, elle préféra donc rendre le parcourt de ses étagères plus léger qu'elle ne l'aurait fait en temps normal. Tranquille, ses pas la menèrent à cette imposante sphère aux couleurs café légèrement délavée, preuve du temps qui s'était posé dessus. Malgré tout, elle parvenait à luire sous le rayon de lumière qui caressait sa surface lisse et métallique, tel le reflet d'une lune rousse, scintillant sagement sous le soleil. Edelweiss glissa délicatement ses doigts dessus, baladant son regard de pays en pays, arrêtant son attention sur les inscriptions qui parsemaient les anneaux dorés englobant l'objet. Était-ce des règles? Ou bien de simples éléments décoratifs? Elle ne se posa pas plus de questions puisqu'en parcourant la sphère de la main, elle sentit soudainement son doigt s'affaisser légèrement comme si elle avait appuyé sur un bouton poussoir. Le retentissement d'un tintement fit sursauter la demoiselle qui retira immédiatement sa mains de l'orbe comme s'il était devenu soudainement brûlant. Puis une myriade de cliquetis subtiles s'échoua contre son oreille avant que les anneaux ne s'alignent dans un mouvement lent et que le globe s'ouvre de moitié grâce à un ingénieux mécanisme à peine bruyant. Une bouffée de panique prit alors la jeune fille face aux mouvement de l'objet qu'elle ne pouvait maîtriser. Par réflexe, elle recula d'un pas tandis que lui s'immobilisait complètement. Avait-elle fait une bêtise? Sûrement. Elle n'aurait pas du toucher de façon si hasardeuse cette sphère à l'apparence spéciale. Elle aurait du se douter que des imprévus seraient survenus en se laissant porter par la rêverie, oubliant les règles de bonne conduite. Les mots de sa mère résonnèrent alors dans son esprit: "On ne touche qu'avec ses yeux Edelweiss". Elle avait parfaitement raison... Comment faire? Comment expliquer à la propriétaire des lieux ce qu'il s'était passé?

La jeune fille regarda furtivement autour d'elle, essayant d'évaluer sa situation. Personne ne semble l'avoir remarqué pour le moment, c'est une bonne chose. Elle se risqua alors à s'approcher de l'orbe pour mieux l'observer. Il formait désormais un dôme renversé, parfaitement creux où une nouvelle carte tapissait le fond. La carte du monde souterrain? Finalement, son attention fut totalement accaparé par cette découverte étonnante. Terriblement astucieux comme concept. Instinctivement, elle essaya de se repérer, retraçant le chemin qu'elles avaient emprunté à l'aller avec Melody et fit en sorte de le mémoriser. Le trajet du retour n'en sera que facilité. Elle poussa tout de même un petit soupir. Que devait-elle faire de cette sphère transformée en bol géant? Elle fit travailler ses yeux pour essayer de retrouver le bouton qu'elle avait malencontreusement pressé dans l'espoir que le mécanisme s'enclenche en sens inverse. Il lui semblait l'avoir trouvé mais sa délimitation avec la surface était très peu voyante alors, hésitante, elle se risqua tout de même à appuyer dessus une nouvelle fois. Des cliquetis, le mouvement des anneaux et le globe eut tôt fait de retrouver sa forme initiale. C'est donc avec soulagement qu'elle se détourna de l'objet pour chercher sa colocataire du regard. Elles s'étaient pas mal éloignées suite à leurs explorations respectives, ainsi, Melody se trouvait presque à l'autre bout de la pièce, livre en main, concentrée. Doucement, Weiss s'approcha d'elle, essayant de ne pas faire de bruit pour ne pas la déranger dans sa lecture.

Vaguement curieuse, elle posa le regard sur les images qui figuraient dans le livre que sa colocataire tenait dans les mains. Elle semblait y porter tant d'attention et de concentration que l'ouvrage avait quelque chose d'intrigant. Un livre d'histoire? De coutumes? Il lui semblait que la cité souterraine l'intéressait pour en apprendre davantage sur son "peuple d'adoption". Mais il n'en fut rien. A la place, des dessins aux tons très pastels avec des personnages dont l'allure rappelait les livres pour enfant. C'est plutôt mignon. Weiss n'aurait pas pensé que sa camarade s'intéresse à ce genre de lecture mais elle avait sûrement ses raisons. Ainsi, la jeune fille étudia pensivement l'illustration, une expression neutre et détachée sur le visage lorsque Melody releva le regard, remarquant par la même occasion la présence de la petite allemande.

- Ce n'est pas vraiment ce que tu penses.. Tenta-t-elle d'expliquer à voix basse alors que le rouge lui montait aux joues.

Elle semblait embarrassée par la situation comme si elle avait été prise en flagrant délit d'une activité honteuse. Était-ce si gênant que cela de s'intéresser aux livres pour enfant? Visiblement ça l'était puisque sa colocataire se confondait en explication pour justifier son intérêt pour cet ouvrage. Oh? Elle apprenait donc la langue locale appelée "draconique". Voilà donc qui expliquait les différentes inscriptions et caractères que la jeune fille ne parvenait pas à saisir. Elle regarda un instant Melody, attendant que son discours cesse avant de dire quoi que ce soit. Aucune émotion ne paraissait sur son visage pour commencer, écoutant sagement ce que lui disait sa camarade. Puis elle esquissa un sourire en la voyant si embarrassée qu'elle la renvoyait à elle-même lorsqu'elle était gênée. Les rôles semblait s'être inversés pendant un petit moment et, comme elle aimerait qu'on lui fasse, Weiss s'efforça d'être rassurante malgré cette petite distance qu'elle dressait entre elles, inlassablement.

- L'un de mes livres avait des dessins similaires. Je l'avais utilisé pour apprendre plus rapidement à parler anglais, confia-t-elle d'une voix discrète tout en jetant un œil à l'image.

C'est vrai qu'elle avait eut cette envie d'apprendre l'anglais très jeune. Dès l'instant où elle toucha son premier appareil photo. L'on avait averti la petite fille à l'époque que si elle voulait devenir photographe, elle devrait savoir parler anglais pour mieux cerner les logiciels ou bien avoir plus de portes ouvertes sur le monde. Ainsi, elle avait doucement commencé à l'aborder avec l'aide de sa mère mais ne s'était réellement plongée dans son apprentissage qu'à partir du collège. En s'exerçant avec des livres pour enfants, elle fit des progrès rapidement constatés par ses professeurs, elle ne pouvait donc qu'approuver la démarche de Melody.
Juwelen vint à se poser sur l'épaule de la jeune fille, lui adressant un regard.

*Je suis fier de toi petite fleur, tu as su te montrer attentionnée et compréhensive envers ta camarade de chambre* adressa l'oiseau, presque sautillant de la voir se rapprocher un peu de Melody ou du moins, de lui porter de l'intérêt.

*A le dire de cette manière, je me sens comme ayant un cœur de glace...* soupira-t-elle intérieurement.

La télépathie lui était encore un peu déstabilisante mais elle parvenait à mieux l'aborder pour répondre à son compagnon ailé sans avoir besoin de parler à voix haute. Cependant, sa réflexion l'avait quelque peu vexé même si elle ne voulait pas le montrer. Il s'agissait peut-être d'un encouragement mais il résonnait simplement comme un écho à sa propre froideur. Elle a conscience d'être une personne naturellement distante et malheureusement elle ne sait faire autrement, pourtant elle espérerait qu'on ne lui fasse pas remarquer. De toute façon, elle ne savait comment briser cette partie d'elle pour mieux aller vers autrui... Et puis, elle n'en avait pas envie. Du moins, pas pour tout le monde. Elle chassa finalement ces pensées pour reporter son attention sur sa camarade.

- Souhaite-tu poursuivre tes lectures? Je trouverai de quoi m'occuper sans avoir à te déranger. A moins que tu ais fini et que tu veuilles faire autre chose?


Codage par Nika L. Iélanov sur Pensionnat Immortalia
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