Sin Theatre


 

♪ Allo maman bobo ♪ [PV Bethany]

Daniel Wing
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Dim 10 Juin - 22:14
J'étais allongé sur le lit de l'infirmerie. Je devais admettre que je n'allais pas très bien. Oh, je savais que ce ne serait que provisoire : je guéris naturellement vite. Enfin, plus vite qu'un humain ordinaire, ce qui veut dire que cela prend un peu de temps tout de même. Je n'aime pas le montrer, je n'en ai jamais eu l'envie, pas depuis mes premières raclées "parentales". La douleur était donc une vieille amie, probablement l'une des rares à qui je ne porte pas malheur.

Comme vous l'avez compris, je ne suis pas venu dans cet endroit de ma propre volonté. En fait, j'étais tranquillement en train de voler, de planer même quand c'est arrivé. Enfin "ce"... un crétin qui devrait se voir retirer son permis de voler : il m'est rentré dedans, en plein dans le dos. Résultat, il m'a envoyé valser dans un arbre. Bien sur, j'étais surpris et je ne réussis pas à m'accrocher à une branche et je finis ma chute au sol. Et au pied d'un prof. Celui-ci refusa de m'écouter quand je lui dis que j'allais bien, peut-être parce que je me massais l'épaule et que j'avais un peu de mal à garder ma jambe gauche bien droite. A moins que ce ne soit le petit filet de sang venant de mon cuir chevelu ? Bref, il m'emmena à l'infirmerie, limite il m'aurait porté si je n'avais pas menacé de m'enfuir après l'avoir débarrassé de tous ses habits.

Il n'était parti que lorsque je m'étais installé sur ce lit et que j'eus promis que je n'en partirais pas avant que l'on m'ait examiné. Cela dit, je patientais depuis un moment maintenant. J'avais même pu faire un petit somme de deux heures ! Et j'avais sauté l'heure du repas ! Un scandale.

J'entendis quelqu'un entrer dans l'infirmerie et je me redressais, imaginant un vieux docteur ronchon. Vu ma chance actuelle, ce serait un miracle si je n'y échappe pas. Soupirant, je me redressais en position assise, dégageant un peu ma longue natte pour qu'elle ne soit pas écrasée et attendant que l'on vienne m'ausculter.
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Bethany Williams
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Lun 11 Juin - 4:08



Allô maman bobo ♪

Avec

Daniel Wing


Des ailes… J’avais des ailes qui étaient désormais attachées à mon dos. Je n’avais pas envie d’y croire. Cela devait être un mauvais rêve à cause de la fièvre qui m’avait prise. Saleté d’indigestion ! Pourtant, les jours passaient et je devais me rendre à l’évidence : deux appendices m’empêchaient de m’habiller comme je le voulais chaque matin à moins de mettre des ceintures pour les plaquer contre mon corps. Pour avoir essayé et faillit m’évanouir à cause de l’impression d’étouffer, j’avais plutôt opté pour l’option “débardeur jusqu’à nouvel ordre”. Elles avaient beau être bien jolies, elles signaient la fin de mon humanité, tout ce qui aurait pu me permettre de m’en aller de cette école et reprendre ma vie solitaire. Dans ma tête, il ne me restait donc plus qu’une solution, aussi douloureuse soit-elle : il fallait qu’on me les coupe !

L’idée même n’était pas pour me plaire bien que je veuille faire croire le contraire. Le professeur des “races” avait tenté de me raisonner, proclamant qu’il serait plus sage pour moi d’attendre qu’il ait trouvé ce que j’étais. Tâche qui ne se révéla pas simple pour lui puisque je refusais de coopérer. J’étais même contre le fait de déployer ces choses qui vibraient dès que je pensais à quelque chose. Comment aurais-je pu faire quelque chose contraire à tout ce que je souhaitais ? Non. Impossible. Alors, jour après jour, sans m’en lasser (ou presque), j’allais à l’infirmerie pour demander l’amputation de mes nouvelles ailes. Bien entendu, cela m’était refusé sous prétexte qu’elles finiraient alors par tellement me manquer que je finirais mal. A mes yeux, comme mes oreilles, ce n’étaient que des conneries pour me faire abandonner l’idée. Rien de plus.

Alors, je vins aussi en ce début de semaine. Malheureusement, je n’y trouvai pas la personne que je cherchais. A la place, assise sur un des lits, je vis un jeune homme sans doute plus grand que moi, que ce soit en taille ou en âge. En même temps, avec la carrure qui était la mienne, ce n’était pas étonnant. Ce qui retint le plus mon attention, ce fut sa longue tresse qu’il semblait avoir ramenée à lui. Ce n'était pas vraiment ce genre de coiffure que j'avais l'habitude de voir chez les hommes. Parce que, oui, il en était indubitablement un. Le contraire aurait été vachement étonnant en fait vu sa carrure. Et c’est en l'observant, toujours debout devant la porte d’entrée, que je me rendis enfin compte qu’il semblait blessé.

Pendant le temps de quelques secondes, je me demandais si l’impossible était vraiment possible. Si les saignements de nez que j’avais eu en voulais aider cette fille en cours était le fruit d’un quelconque pouvoir. Ayant désormais des ailes, même si je les avais soigneusement cachées au mieux sous une veste ample, je ne pouvais pas vraiment prétendre que c’était totalement impossible. Alors, déterminée à mettre tout ça au clair, je me dirigeai vers le jeune homme. Je n’aimais pas du tout ce que je m’apprêtai à faire. Après tout, j’étais une personne qui aimait être loin de toute activité humaine, loin de toute relation sociale. Déjà, cela me permettait de dormir en paix, mais en plus je pouvais ainsi éviter à mon coeur des douleurs inutiles. Alors, pour m’encourager à marcher vers lui, je me dis que c’était juste pour vérifier. Rien de plus. Une politesse mesquine, mais qui s’en souciait ?

Une fois près de lui, n’affichant aucune réelle émotion, je lui tendis la main. Mon expression était donc comme distante mais je fis l’effort de ne pas paraître froide lorsque je lui adressai la parole :

- Salut, je m’appelle Bethany. Je crois que nous allons rester un moment ensemble, jusqu’à ce que l’infirmière arrive.

Si elle arrivait un jour. Peut-être qu’elle savait que j’allais pointer le bout de mon nez et qu’elle avait préféré se faire la malle le temps que je me lasse. Pas très professionnel comme comportement, mais très humain. La fuite… je connaissais et c’était encore mon attitude en voulant m’ôter ces ailes trop grandes à mon goût.
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Jeu 14 Juin - 17:21
La personne entra dans la pièce, elle était visible depuis la petite chambre qui accueille deux lits "médicaux". Je lui fis un sourire en voyant qu'elle n'était pas médecin ou infirmière. c'était évident car elle ne portait pas la blouse blanche, ce alors qu'elle aurait été de service si cela avait été le cas. Je dis "elle" car il s'agissait indéniablement d'une fille. Ou, tout du moins, elle en avait l'allure et les courbes. Je ne parle pas de la chevelure car je suis la preuve qu'un homme peut en avoir une longue et tressée. Même si parfois je me dis en être l'unique preuve.

Salut, je m’appelle Bethany. Je crois que nous allons rester un moment ensemble, jusqu’à ce que l’infirmière arrive.

Elle me tendit la main et j'eus un petit regard vers la mienne. Il y avait un peu de sang dessus, aussi sec que le petit filet qui avait coulé de ma chevelure, et de la terre. Je doute qu'elle le remarque mais je me rappelais encore des paroles de soeur Isabelle sur le fait de ne pas serrer des mains quand les miennes étaient sales. Elle avait été une des rares à veiller sur moi, pendant les quelques années où je vécus dans le monastère avant d'arriver ici. Les autres avaient tendance à m'éviter autant qu'ils le pouvaient, certains me traitant même de "fils du démon". N'importe quoi, comme je le sais maintenant : je suis le fils d'un ange ! Je levais donc, plutôt, ma main légèrement serrée à mon front, faisant comme si je soulevais légèrement une casquette.

"Daniel Wing, simple prisonnier en attente du, ou de la, personne chargé des lieux. Personne fort occupé car cela fait un moment que je l'attend.... Et désolé de ne pas te serrer la main mais.. bon, je ne suis pas très en état."

J'y faisais attention seulement maintenant mais ma tenue ne devait pas être très.. stricte. Je n'y attache d'ordinaire pas une si grande importance mais tout de même. Je sortis une feuille de la poche de ma chemise, vérifier de ma main gauche ne pas en avoir dans les cheveux. Je ne sais pas mais moi, je trouve cale drôle un type avec des feuilles ou des petites branches dans la chevelure. Bon, mon uniforme n'était pas déchiré mais bien débraillé et un peu abîmé. Je me mis sur le bord du lit, assis les jambes dans le "vide" pour faire sortir mes ailes d'ébènes et vérifier qu'elles n'ont rien.

"Tu viens parce que tu es malade ? Tu veux que je te laisse le lit ? Tu sais, moi, une chaise me suffit."

Bon, l'infirmière n'approuverait pas mais oui, j'en étais tout à fait capable, d'aller m'asseoir sur une chaise, voir même de "gambader" dehors. on, je boiterais mais ce n'était rien du tout. Ce n'est pas une légère douleur à la jambe qui va m'arrêter. Des chutes, j'en ai déjà eu malgré mon jeune âge, et je ne parle pas des passages à tabac. D'ailleurs, histoire de prouver à Bethany qu'elle peut prendre le lit, je me mis debout, lentement, en gardant une main posée sur le drap blanc.[/color]
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Jeu 14 Juin - 20:22



Allô maman bobo ♪

Avec

Daniel Wing


Lui tendant patiemment la main - ou plutôt, me forçant à faire preuve d’une patience que j’étais loin d’avoir - je le vis regarder la sienne. Cette dernière était ensanglantée, ce qui me ramena momentanément à ma crise de panique, quelques mois plus tôt. Je pris alors une grande respiration tout en restant discrète pour ne pas montrer la légère angoisse qui gonflait dans ma poitrine. Ce n’était pas le moment de me sentir mal. Je voulais vérifier si, oui ou non, j’avais un pouvoir. Quel qu’il soit ! Et, du coup, à quoi m’en tenir. Malheureusement, il sembla que malgré mon calme et ma politesse, aussi mesquine fut-elle, le sang présent sur ma paume l’empêcha de me toucher. Je me sentis alors un peu con alors qu’il se présentait à son tour. Daniel Wings, qui me fit d’ailleurs part que ça faisait un moment qu’il attendait la personne s’occupant de l’infirmerie. Ainsi, cette infirmière de malheur me fuyait bel et bien !

Difficilement, je retins une grimace. Non seulement il m’était refusé de m’ôter ces fichues ailes que je n’avais jamais voulues, mais en plus on ne me donnait pas de raisons valables à cela ! Ne pas céder à l’énervement ne me fut pas simple, mais j’y parvins assez bien finalement. En fait, il me restait plus qu’à tester ma théorie, la voir foirer, et m’en aller pour dormir dans mon lit. Un programme tellement alléchant que je parvins à me concentrer sur autre chose que l’absence de mon interlocutrice journalière.

- Ne t’en fais pas pour ta main. C’est pas grave.

Je n’avais pas répondu en souriant, très consciente que mon état émotionnel ne devait pas être passé inaperçu. Puis, de toute façon, je n’en avais pas envie et, pour changer, j’avais la flemme de me forcer. Surtout pour un semi-inconnu que je venais de rencontrer et avec qui je ne voulais aucun lien particulier. Mais je l’observai toujours, guettant une opportunité de le toucher. Ainsi, je le vis en train de se regarder et enlever les feuilles qui s’étaient accrochées à lui, un peu comme s’il découvrait son état en même temps que moi. Mais, finalement, ce n’est pas ça qui me surprit le plus, même si j’aurais pu croire le contraire au début.

Lorsqu’il fit apparaître ses ailes noires ébènes, assis normalement sur le lit qu’il occupait, je fis presque un bon en arrière. Je n’aurais pas dû être aussi surprise puisque dans cette école rien ne semblait normal. Pourtant, je n’étais pas prête à un tel spectacle. Tant et si bien que je ne pus décrocher mon regard seule d’elles. On aurait dit les ailes d’un ange malgré leur couleur. Les plumes étaient belles malgré leur air désordonné à mes yeux. Peut-être n’était-ce pas le cas, mais bon… Il n’y avait aucune ressemblance avec les miennes. Non. Aucune.

Tu t’attendais à quoi petite ?

*Génial… Je n’ai pas besoin de toi, tu peux t’en aller ! Et…!*

- Tu viens parce que tu es malade ? Tu veux que je te laisse le lit ? Tu sais, moi, une chaise me suffit.

Comme pour me prouver ses dires, il se mit sur ses deux jambes tout en gardant un appuie moindre sur le lit. Je ne sais pas pourquoi, mais je ressentis de l’inquiétude pour lui. Oubliant même pourquoi j’étais encore là, retardant mon envie de retrouver mes coussins, je m’approchai de lui et posai une main sur son épaule en déclarant :

- Reste au moins assis sur le lit. C’est bon, je vais bien. Pas de maladie ou de blessure. Je voulais juste…

Que l’inquiétude se lise ou non sur mon visage ou dans ma voix, c’était au second plan. Mais cela devint très rapidement le cadet de mes soucis puisque je me sentis mal tout d’un coup. Je n’avais pas fait attention, mais en posant ma main sur son épaule, j’avais joint nos deux peaux par la déchirure de sa chemise. Je la retirai d’ailleurs rapidement alors que je me mettais à tousser du sang. Ce fut moindre, mais assez pour ensanglanter mes mains que j’avais amené à ma bouche. Tremblante, ne comprenant pas ce qu’il s’était passé, je les retirai pour les regarder. Malheureusement, la vue de ce rouge écarlate provoqua une nouvelle crise de panique alors que des images floues et incohérentes me tétanisaient. Tombant à genoux, je ressentais de la douleur au niveau des côtes alors que ma respiration était difficile. L’incompréhension ne m’aidait clairement pas ! Et je ne savais pas comment arrêter tout ça non plus…
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Ven 15 Juin - 18:14
- Ne t’en fais pas pour ta main. C’est pas grave.

Heureusement d'ailleurs que ce n'était pas grave. Imaginez si au lieu d'une main j'avais un moignon ! Bref, blague mise à part, cela m'allait qu'elle ne m'en veuille pas. Il y a de ces gens, si tu ne les saluts comme ils le désirent, c'est un crime grave, passible de coups et autre passage à tabac. Mon père, adoptif hein, n'hésitait pas à me l'apprendre d'une belle droite quand il pensait que je le saluais mal ou trop lentement. Je n'avais même pas dix ans alors !

- Reste au moins assis sur le lit. C’est bon, je vais bien. Pas de maladie ou de blessure. Je voulais juste…

Me dit-elle alors que je réalisais qu'il y avait deux lits dans la pièce. C'est idiot, hein, de faire genre "tu peux prendre le lit" alors qu'il y en a un autre de libre à deux mètres de soi. Toujours est-il que Bethany me surprit : sans me connaître, elle vint pour m'aider à me rasseoir. Je fis disparaître mes ailes, par réflexe et habitude, n'ayant guère que des inconnus les caressent. Je me décalais un peu, m'apprêtant à refuser son aide quand elle se mit à trembler puis à tomber à genoux par terre, les mains devant sa bouche. Je vis le sang sur ses paumes et je sortis aussitôt un mouchoir, le lui tendant. C'était un en papier, pas en tissu.

"Hé ? que t'arrive-t-il ?"

Je tâchais d'ignorer la petite crise de panique qui me menaçait, de vieux et douloureux souvenirs remontant à ma mémoire d'un seul coup. A la place, je me penchais, prenant la demoiselle dans mes bras. Doucement, je l'aidais à se relever et à s'installer sur le rebord du lit. Je doutais qu'il soit judicieux d'allonger quelqu'un crachant du sang et je me contentais de rester debout, devant elle, lui caressant le dos d'une main lente et aussi légère que possible. Je ne savais pas quoi faire d'autre !!

"Cela t'es déjà arrivée ? Tu veux que j'ouvre la fenêtre et que je crie à l'aide ?"
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Sam 16 Juin - 1:55



Allô maman bobo ♪

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Tremblante, il semblait que je fasse une fixette sur ce sang qui salissait mes mains. Je n’arrivais pas à m’en détacher, ce qui ne m’aidait pas. Les images floues qui me prenaient étaient tellement denses qu’elles me donnaient le tournis. Sans parler qu’elles créaient en moi une panique complètement absurde. Pourquoi devrais-je avoir peur ? Pourtant, c’était comme ancré en moi, indissociable de ce que je voyais. Tant et si bien que j’avais envie de pleurer, ce qui se matérialisait par une grosse boule qui obstrua rapidement ma gorge. Déjà que j’avais bien des difficultés à respirer, si je ne me calmais pas rapidement j’allais finir par m’évanouir par manque d’oxygène. Heureusement, du blanc vint se placer entre le rouge qui avait comme prit possession de ma vision. Avec quelques secondes, je compris qu’il s’agissait d’un mouchoir en papier. Il me fut difficile de me dire que c’était le jeune homme à côté de moi qui me le tendait avant que je n’entende sa voix me demandant ce qu’il m’arrivait. Pour le coup, j’étais totalement incapable de prononcer le moindre mot. A la place, je me mis à déplier le mouchoir que je venais d’attraper avec des mains tremblantes. Mains que je me mis à essuyer comme si ma vie en dépendait. D’où cela me venait-il ? Pourquoi la vue du sang m’insupportait-il autant ? Pourquoi… ? Les mots m’échappaient sans que je puisse les rattraper et, au lieu de me désespérer voire de me frustrer, cela m’attristait grandement. C’était incompréhensible.

Me sortant un peu plus de torpeur sans m’en sortir totalement, Daniel s’était penché vers moi pour m’aider à me relever. Mais au lieu de tenter de me garder debout, heureusement puisque mes jambes étaient aussi tremblantes que mes mains, il m’assit sur le matelas qui l’avait accueillit quelques instants plus tôt. Je n’aimais habituellement pas les contacts, mais le fait que le jeune homme reste à mes côtés, me flattant… les ailes, me faisait du bien. A vrai dire, sans même y penser, je me mis à respirer progressivement plus calmement, suivant le rythme de sa main. La douleur à mes côtes n’avait toujours pas disparue, mais elle se fit plus ténue grâce à cela. Dire “merci” n’était toujours pas dans mes cordes, mais je me sentis déjà moins ailleurs.

Encore une fois, il me posa des questions. Cette fois, je lui répondis déjà par la négative en secouant doucement la tête. Je n’avais pas vraiment envie d’attirer l’attention sur moi. Il y en avait déjà bien assez, même si elle venait que d’une seule personne, ou que celle-ci se montrait sympathique. Puis, voulant plutôt préciser les pensées par rapport à la première question, je pris la parole d’une voix rauque que je ne me connaissais pas :

- Une fois, en cours, j’ai voulu aider quelqu’un qui était blessé. Mais je me suis mise à saigner du nez sans raison. Et là… je crache du sang ? … C’est quoi ce bordel ?


Tu le sais mais tu ne veux pas l’accepter.

Super ! Le retour de Constance ! Je n’avais vraiment pas besoin de ses commentaires. Sur le coup de l’exaspération et du reste de panique dont je ne m’étais pas débarrassée, je voulus me pencher en avant. Cela se révéla être une très mauvaise idée et je dûs me redresser pour mettre fin aux douleurs de mes côtes tandis que je tentai d’étouffer un gémissement dans ma grimace. Bon, ce ne fut pas très réussis, mais déjà bien moins pire que ce à quoi j’aurais pu m’attendre. Manquerait plus que je passe pour une chochote…

- Et toi, comment te sens-tu ?
demandai-je pour détourner l’attention de ma personne.
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Dim 17 Juin - 0:40
Vous savez, ce n'est pas parce que je m'en moque de souffrir que je ne me préoccupe pas des autres. En plus, maintenant que j'étais un peu plus proche d'elle, je pouvais voir que la jeune fille était jeune, peut-être en première ou seconde année. Ne sachant que faire, je me contentais de lui caresser doucement le dos, en la soutenant par ma présence. Je devais paraître idiot de lui demander si je devais ouvrir la fenêtre pour crier et faire venir de l'aide. Je crois que je me souviendrais de cela plus tard, avec un sourire amusé.

- Une fois, en cours, j’ai voulu aider quelqu’un qui était blessé. Mais je me suis mise à saigner du nez sans raison. Et là… je crache du sang ? … C’est quoi ce bordel ?

Alors qu'elle disait cela, je me rendis compte... que je n'avais plus mal, plus du tout. Mon bras, ma jambe, même mes côtes ne me faisaient plus souffrir. Ce serait donc grâce à elle ? Beth a un pouvoir de guérison ? Si c'est vrai et qu'elle saigne à chaque fois, c'est qu'il y a un prix à payer. Voilà une capacité à double tranchant.

- Et toi, comment te sens-tu ?

"Moi ? Je n'ai plus rien et je t'en remercie, je crois,mais tu devrais te concentrer sur toi-même. Ce n'est pas intelligent de se soucier des autres quand tu ne vas pas bien toi-même."

Voici un joli conseil que je devrais peut-être suivre un jour. Je suis déjà du genre à ne pas me soucier de mon état de santé alors.... Suis-je le meilleur pour en donner aux autres ? Seigneur, me voilà à faire comme les prêtres à dire aux autres ce qu'ils doivent faire ! Au secours !!! Vite, daniel, redeviens toi-même.

"Et surtout, tu devrais faire attention si tu te mets à saigner à chaque fois que tu soignes les autres comme cela."

Comme elle allait mieux, je me reculais pour m'asseoir sur le bord de l'autre lit. Je me demandais d'un seul coup.. elle n'avait pas une veste ? Je tournais un peu la tête, repérant le vêtement sur le porte-manteau de l'infirmerie... Ne me dites pas... Arf... J'ai du vouloir l'aider à mieux respirer.. Oui, je me souviens avoir pensé qu'elle se sentirait mieux si elle retirait sa veste, que je pourrais la pendre à un des crochets... mais je n'ai pas osé le lui demander.. et j'ai utiliser mon pouvoir inconsciemment ! Je soupirais en me frottant la tête. D'ailleurs, c'est quoi, ce truc que je voyais dans le reflet de la fenêtre, dans son dos ? Des ailes?

"Euh je crois que je suis peut-être pas en position de te donner des leçons en fait. Je crois que j'ai déplacé ta veste sans le vouloir, désolé."

Je lui fis un petit sourire contrit, et gêné. Je ne me détournais pas, par contre, vu qu'elle avait toujours son débardeur.

"Mais pourquoi caches-tu tes ailes ? elles ont l'air jolies pourtant."
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Dim 17 Juin - 3:09



Allô maman bobo ♪

Avec

Daniel Wing


Ma question trouva une réponse à peine fut-elle posée : Daniel allait bien. Peut-être même un peu trop bien puisqu’il ne se priva pas de me faire une remarque. Celle de ne pas me préoccuper des autres alors que j’étais moi-même mal. Autant ses remerciements me déstabilisèrent, autant je ne voulus pas accepter ses conseils. N’était-il après tout pas le premier à avoir voulu me laisser le lit alors qu’il était blessé ? Surtout qu’il y avait un lit juste en face ! Prétendre que je n’étais pas ravie était un sacré euphémisme. Je n’aimais pas être prise pour une imbécile, ce que j’avais l’impression à ce moment-là. Sans parler de ce qui m’arrivait. Pourquoi me remerciait-il d’avoir craché du sang ? C’était totalement incompréhensible. J’allais lui en faire part quand il reprit, prétendant que je soignais les autres et que c’était pour cela que je m’étais sentie mal.

- Qu’est-ce que tu racontes ? demandais-je, abasourdie.

Moi, j’avais un pouvoir ? Non ! C’était impossible. Totalement impossible ! J’étais un être humain. Donc je ne pouvais pas avoir une capacité hors norme comme guérir quelqu’un par le toucher.

Pourtant c’était bien ce que tu voulais vérifier, non ? Pourquoi ne l’acceptes-tu pas ?

*Toi la ferme ou je t’étrippes !*

J’aimerais bien voir ça.

Cette voix commençait également à me taper royalement sur le système avec ses remarques à la con. Ce n’était pas vraiment dans mes habitudes de me laisser aller à la colère. C’était beaucoup trop fatiguant et une perte de temps phénoménale. Pourtant, je ne parvenais pas à faire autrement. Comprenez-moi bien : je suis malade une nuit comme si j’avais une indigestion violente ou une gastro carabinée. Le lendemain matin je me retrouve avec des ailes de papillon qui n’en sont pas vraiment dans le dos. On me refuse de me les enlever. Et là on me dit que j’ai un pouvoir de guérison ? Pouvoir qui, en plus, est à double tranchant ? Non mais il y avait de quoi virer tarer ! Et je ne parlerais même pas du vol dont j’avais été victime tant ça me ferait péter les plombs.

Comme s’il avait ressentit mon énervement monter, ou que celui-ci se serait vu sur mon visage, le jeune homme s’excusa auprès de moi. Alors qu’il semblait se rendre compte qu’il n’avait effectivement pas le droit de me faire des remarques sur le fait de s’inquiéter ou non pour les autres, je me rendis compte qu’il faisait plus frais d’un coup. Je crus d’abord qu’il avait ouvert la fenêtre pendant mon absence, même courte. Mais en portant ma main à mon bras, lui répondant brièvement que ce n’était pas grave (allez savoir si je le pensais réellement), je me rendis compte que ce dernier était dénudé. Juste à ce moment-là, alors que le tilt se faisait dans mon esprit, il ajoutait qu’il était peut-être celui qui avait déplacé ma veste et qu’il en était désolé. Sur le coup de l’incompréhension la plus totale, je tournai à nouveau la tête en sa direction avec des yeux grands ouverts. Je n’eus malheureusement pas le temps de lui poser une seule des centaines de questions qui me traversaient puisqu’il m’en posait une autre à la place. De toute façon, je n’aurais même pas su articuler sur le coup, bien que je me sentis quelque peu frustrée d’avoir été comme coupée dans un élan pourtant vain.

Gardant pour moi les ressentiments qui menaçaient de me faire finalement exploser, je me concentrai sur la question qui venait de m’être posée : pourquoi est-ce que je cachais mes ailes. Le compliment ne me faisait ni chaud, ni froid. Cela aurait pu, mais elles étaient une telle gêne pour moi que ce n’était tout simplement pas possible. Je détournai la tête vers le pied du lit, regardant un point fixe comme s’il était plus intéressant, les sourcils froncés. Puis, sur un ton froid, dans lequel on ressentait ma colère, je répondis :

- Je les déteste. Elles m’empêchent d’être humaine. Elles m’empêchent de partir, de continuer la vie que j’avais avant de venir ici, d’être libre. Si on pouvait me les couper je serais mille fois mieux !

Je n’allais certainement pas m’étendre sur ma vie et ce que je regrettais. Il en était même hors de question. Très clairement. Mais pour le coup, c’était le principale raison pour laquelle je haïssais mes ailes. Ces deux appendices qui vibraient sous l’effet de la colère comme lorsque j’étais plutôt contente. Rien que les sentir bouger sans me demander mon avis me paraissait intolérable.
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Mer 20 Juin - 23:47
- Qu’est-ce que tu racontes ?

Comment cela, ce que je raconte ? Elle a un pouvoir, comme tout le monde ici. On ne l'a pas avertie à son arrivée à S'Indare ? Ou alors, elle n'y a pas cru, malgré les ailes qui lui ont poussé dans le dos. Je ne pouvais pas comprendre sa réaction mais je dois admettre ne pas être un cas commun : je savais ne pas être humain bien avant de venir dans cette école.

- Je les déteste. Elles m’empêchent d’être humaine. Elles m’empêchent de partir, de continuer la vie que j’avais avant de venir ici, d’être libre. Si on pouvait me les couper je serais mille fois mieux !

Je clignais des yeux, comprenant encore moins ce qui l'agaçait dans ses ailes. Bon, peut-être était-ce parce qu'elle ne pouvait les faire disparaître comme moi ? Je soupirais, me frottant un peu la nuque. C'était trop compliqué : j'aime quand les choses sont simples. Et me redressais, toujours assis, laissant mes ailes réapparaître.

"Bon, je ne sais pas ce que tu reproches à tes ailes mais, sincèrement, je ne vois pas le soucis. Je ne suis pas humain, je ne l'ai jamais été. J'ai toujours eu mes ailes, et certaines capacités, d'aussi loin que je me souvienne, et j'ai une bonne mémoire. Et je me rappelle avoir eu une discussion avec le père Maxwell qui m'avait recueilli quand j'étais jeune. Il m'a dit : on ne devrait pas juger l'humanité d'une personne à son apparence mais à ce qu'il a dans son coeur."

Ou un truc du même genre. Je n'avais que cinq ou six ans quand j'avais eu cette discussion avec lui quoi. Et je lui avais demandé si Dieu m'aimait alors que je n'étais pas humain, venant de faire s'enflammer mes cheveux pour la première fois. Je ne savais même pas si cela allait aider Bethany.

"Moi, je n'aime pas trop mes ailes, elles font trop "ange maléfique" pour moi mais elles sont là et je ne peux pas faire comme si je n'en avais pas. Et les tiennes, je suis sur qu'elles te sont jolies. Et puis, tu n'imagines pas le plaisir que c'est de pouvoir voler. Enfin.. on a surement déjà du te dire tout ça. On a tous changé en venant ici, on a tous reçu un pouvoir, un cristal et la plupart ont découvert qu'ils sont plus qu'humain."

Je me remis debout, étirant les bras vers le plafond. Mes ailes ténébreuses ne bougèrent pas. Je ne les aimais pas mais je ne les détestais pas, j'avais passé cette période, surtout maintenant que je pouvais réellement les utiliser. Avant de venir ici, seul le père Maxwell les avait vu et il m'avait toujours averti de cacher leur existence. Je n'avais pas trop envie de finir sur un bucher donc... Ici, c'était différent mais je ne savais pas si j'allais rester en ce lieu très longtemps.. L'image de l'église Wing en flamme me revenait un peu trop à l'esprit.

"Je ne sais pas si ce que je t'ai dis va t'aider, je ne sais même pas trop ce que je pourrais faire ou dire de plus... Mis à part t'écouter, cela va de soi. Raconte moi tout ce qui ne va pas ou ce que tu ne comprends, bethany. Je verrais si je peux faire plus comme ça."

Je lui fis un grand sourire, les bras écartés et mes mains sur ma nuque. Mes ailes étaient au repos, dans mon dos. Cela devait quand même me donner une drôle d'allure avec mon uniforme et ma tresse qui s'agitait légèrement à cause du vent. Après tout, j'avais ouvert la fenêtre de la petite chambre de l'infirmerie pour ne pas crever de chaud.
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Jeu 21 Juin - 14:02



Allô maman bobo ♪

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Daniel Wing


Je ne voulais pas le regarder, comme si cela pouvait couper la conversation pourtant bien amorcée. En même temps, pourquoi ne l’avais-je pas envoyé paître comme avec l’autre guignol dans la cours quelques temps plus tôt ?

Peut-être parce que tu voulais tester ce truc, là, que tu possèdes sans l’admettre.

Et celle-là qui se la ramenait sans me demander mon avis ! J’étais loin d’avoir terminé de pester, surtout si elle se la ramenait sans cesse. Tout cela arrivait depuis l’apparition de ces fichues ailes. D’ailleurs… à quoi ressemblaient-elles exactement ? Je n’avais pas encore eu la réelle envie de les regarder par moi-même de crainte de les rendre plus réelles qu’elles ne les étaient déjà. Pouvais-je lui demander ? Je n’osais pas, surtout après ce que je venais de lui dire. D’ailleurs, j’étais persuadée qu’il allait me laisser, s’en aller, peut-être même sans m’adresser à nouveau la parole, ou en me remettant en place. Pourtant, en se levant, attirant mon attention par un bruissement assez discret d’ailes plus éloignées que les miennes (ce qui signifiait par déduction logique que c’était les siennes qu’il avait ressorti), il me fit part qu’il ne parvenait pas à me comprendre. Pour étayer ses propos, il me raconta sa vie.

Arrête un peu. Il te parle de son vécu pour que tu comprennes que c’est pas grave si t’as des ailes. Et il a bien raison.

*La ferme ! Avoir des ailes, encombrantes qui plus est, m’empêche de quitter cette foutue école ! En plus de te ramener dans ma tête !!*

Cependant, une phrase retint mon attention, celle qui lui avait été dite quand il était jeune. Qu’il ne fallait pas juger l’humanité d’une personne à son apparence, mais à ce qu’elle a dans son coeur. Bizarrement, ça me parlait, sans que je sache pourquoi. Je me détendis donc un peu tout en restant sceptique. Après tout, je ne savais pas pourquoi je ressentais autant de tristesse que de réconfort avec ces simples mots. C’était n’importe quoi…

Un peu perdue, je ne répondis rien, écoutant simplement Daniel continuer à me parler. Il avait d’ailleurs enchaîné sur le fait qu’il n’aimait pas non plus ses ailes qui… n’étaient pas classes ? Mais il semblait les avoir acceptées rien que pour leur capacité à le faire voler dans le ciel. On m’en avait effectivement parlé, mais quelque chose m’effrayait dans le fait de dévoiler mes ailes.

*Encore un peur totalement débile…*

Pas tant que ça en fait.

Ne comprenant pas ce qu’elle voulait dire, je ne répondis rien. Enfin, ce n’était pas totalement vrai puisque je me savais amnésique. Peut-être que cela venait de là, mais je pouvais pas en être sûre. Plutôt que me faire peur à cause de ce que je ne savais pas, je préférais aller de l’avant, seule. Pas comme au temps de l’orphelinat.

- Je ne sais pas si ce que je t'ai dis va t'aider, je ne sais même pas trop ce que je pourrais faire ou dire de plus... Mis à part t'écouter, cela va de soi. Raconte moi tout ce qui ne va pas ou ce que tu ne comprends, bethany. Je verrais si je peux faire plus comme ça.

En le regardant, je pouvais voir qu’il parlait avec légèreté, chose que je ne savais plus faire depuis bien longtemps. J’avais oublié comment faire. D’un certain côté, je l’enviais. Mais cela m’effrayait, cette fois pour des raisons qui restaient dans mon coeur brisé. Lui parler de ce qui n’allait pas qui touchait ma vie privée était hors de question. Je ne voulais même pas l’aborder. Néanmoins, comme il n’y avait personne qui m’avait parlé comme lui auparavant, je décidai de lui donner un minimum de confiance qui ne me ferait sans doute aucun mal. Je me levai donc doucement, prenant en compte que j’avais perdu du sang sans en connaître la quantité exacte. N’éprouvant aucun vertige, je restai sur mes deux pieds et allait fermer la pièce en la jugeant assez grande. Puis, me tournant vers le jeune homme, je lui demandai avec un ton beaucoup plus neutre que précédemment, le regardant dans les yeux :

- Dans ce cas, pourrais-tu me dire à quoi ressemblent mes ailes s’il te plaît ? Je sais qu’elles sont duveteuses, sensibles et dorées, mais je n’arrive pas à voir leur forme.

J’attendis d’avoir son accord avant d’aller dans un espace assez grand de la salle et lui tourner le dos. Là, je pris une grande inspiration et me concentrai. Je n’avais jamais tenté de les faire bouger par moi-même et le mieux qu’elles aient fait par elle-même c’était vibrer étrangement. Je ne savais pas du tout comment m’y prendre.

Au bout de quelques minutes, mes pensées avaient largement dérivées, faisant naître des vibrations dans mes appendices toujours suspendues le long de mon dos. Puis, au bout d’un moment, elle remontèrent enfin d’un coup pour s’ouvrir. Il s’agissait d’immenses ailes de papillons d’un doré uni à qui le soleil donnait quelques nuances. Malheureusement, ne me rendant pas compte qu’elles avaient enfin fait ce qu’elles voulaient, je continuai à penser à ce que cela ferait de voler. Et, finalement, les paroles de Daniel me revinrent et me firent décoller violemment. Ma tête heurta le plafond sans pour autant m’assommer. Le pire, c’est que cela ne suffit pas à me faire redescendre alors que je m’étais recroquevillée sur moi-même à cause de la douleur, tenant ma tête entre mes mains, les yeux fermés.
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Ven 29 Juin - 23:34
Elle était un peu bizarre, quand même. Je lui parle mais elle ne me regarde même pas. Bon, peut-être que je parle un peu trop. On me le dit souvent, ça: "Daniel la ferme !" ou "t'es toujours aussi bavard ?". Des propos très courtois que l'on m'adressait, quand on ne se décidait pas à me clouer les lèvres à coups de poings. Je sais, cela n'arrivait pas aussi souvent que je le laisse penser mais assez pour que je le retienne... ou devrait le retenir. Je ne peux pas m'en empêcher : parler me détend. Cela me fait me sentir vivant et puis, c'est le propre d'un individu de communiquer et communiquer verbalement, c'est parfois mieux que physiquement. Après, aussi, on me traite d'insouciant... Bah, si cela me permet de vivre malgré ce que je subis, quelle importance comment on parle de moi ? Bref, la demoiselle, voyant que j'ai fini de papoter, semble vouloir me répondre.

- Dans ce cas, pourrais-tu me dire à quoi ressemblent mes ailes s’il te plaît ? Je sais qu’elles sont duveteuses, sensibles et dorées, mais je n’arrive pas à voir leur forme.

"Bien sur, tourne toi un peu."

Je la regardais se déplacer au centre de la pièce. Elle n'est pas si grande que cela mais suffisante pour mes ailes, donc aussi pour les siennes non ? En tout cas, je fis un effort pour rester silencieux : il me semblait que c'était la première fois qu'elle acceptait de les montrer, à une autre personne voir à elle même. C'était important pour elle et je préférais éviter de la déranger. Cela lui prend une éternité, quelques minutes, pour arriver à dévoiler ses ailes, les dépliant entièrement. De jolies ailes de papillons, d'une taille bien moindre que mes plumes mais tout de même suffisante, je pense, pour voler. Je ne sais si c'était intentionnel mais elle le prouva, d'ailleurs, aussitôt, s'élevant dans la pièce un rien trop rapidement pour que je puisse l'empêcher de se cogner au plafond, manquant l'ampoule d'un bon mètre. Je grimaçais un peu, ne trouvant cela qu'à moitié drôle vu ma première expérience de vol, dans une petite cuisine. Ce n'avait pas été un plafond mais un mur que j'avais rencontré. Bon, comment l'aider maintenant ?

Déjà, je montais, pieds nus pour ne pas le salir, sur un lit et je levais mes mains vers elle, doucement pour ne pas l'effrayer, tout en parlant d'une voix calme que j'espérais apaisante.


"Tu as de très belles ailes, bethany, magnifiques même. Maintenant, laisse moi fair. Ouvre les yeux ma grande."

|i]Je ne sais même pas pourquoi je l'appelais ainsi, moi. Bon si cela l'aidait à ne plus se replier sur elle même. Je lui pris les mains, les écartant lentement de son visage en la faisant venir vers moi. Je ne compris pas trop la suite, je crois qu'elle a cessé de battre des ailes et qu'elle est tombée... sauf que, pour éviter qu'elle ne s'écroule au sol, j'ai du l'attirer à moi, qui suis tombé en arrière, sur le lit, Bethany entre mes bras, la tête sur l'oreiller. Je sentis mes joues me brûler car c'était la première fois que je me trouvais dans une telle position avec une fille !!! Toutefois, elle semblait un peu fatiguée, et surement mal, à cause de son premier vol.

Ne sachant pas trop quoi faire, j'écartais un bras, celui opposé au mur, pour la laisser se relever si elle le souhaite, lui caressant lentement, et un peu nerveusement, le dos en évitant ses ailes. Cela l'avait aidé déjà, peut-être que cela aura le même effet.[/i]

"Là là, c'est finit, calme toi. Ca va passer."

Je souriais aussi, comme toujours diriez vous, malgré ma gêne, ou peut-être même à cause d'elle, pour la dissimuler. Les mots me venaient tout seul, me remémorant ceux que le père Maxwell avait eu pour me réconforter alors que j'étais en pleur après mon premier vol. Hum, qu'avait-il fait d'autre ? Ah ! une glace ! ... Non, je ne peux pas en trouver une dans cette infirmerie, zut... Bon, on verra cela quand on en sortira. Je notais qu'elle reprenait un peu le dessus et fis un effort pour tourner mon regard vers elle, espérant qu'elle ne notera pas la couleur de mes joues.

"tu te sens mieux ?"
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Dim 1 Juil - 15:41



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Qu’est-ce qui m’arrivait ? Pourquoi je ne tombais pas ? Je n’osais pas ouvrir les yeux. Déjà, la douleur à la tête était assez forte pour m’en empêcher. Mais, en plus, je craignais que les réponses ne me plaisent pas si je venais à regarder mon environnement. J’étais tellement nerveuse que mon coeur battait assez fort pour cogner contre ma cage thoracique.

Peut-être veut-il s’échapper pour aller trouver un nouveau propriétaire ?

La blague me semblait vraiment de très mauvais goût. Mais, d’un autre côté, cela me permit de me calmer un chouilla sans pour autant me détendre. Comment aurais-je pu ? Autour de moi, j’entendais et sentais du mouvement, comme si on contournait la zone dans laquelle je me trouvais. Vu les ailes que j’avais, c’était peut-être pour les éviter. Je les sentais bouger alors que je ne le souhaitais pas, ce qui fit revenir la haine que je leur vouais. Comment était-ce possible d’aimer quelque chose qui ne répondait même pas à mes désirs, ou même mes ordres ? C’était totalement absurde ! En plus de cela, à cause d’elles, j’allais devoir faire des trous dans tous mes vêtements. Il ne fallait pas qu’on voit ma cicatrice… Je ne voulais pas que mes ailes se voient non plus, mais je n’avais pas vraiment de solutions.

*Merde ! Si seulement elles pouvaient disparaître !* Pensais-je en fronçant plus encore les sourcils à cause de la colère et la tristesse qui m’animaient, en plus de la douleur. C’était juste avant qu’une voix que je commençais à reconnaître un peu se manifeste. Daniel me disait que mes ailes étaient magnifiques. Je ne voulais pas le croire. Ce n’était pas possible ! Comment quelque chose ayant autant de beaux qualificatifs pouvaient être aussi difficiles à supporter ? Impossible ! Et pourtant…

Je ne savais pas si je pouvais pas faire confiance en ce jeune homme. Je ne le connaissais pas, après tout. Et c’est ma méfiance à son égard qui me fit ouvrir les yeux comme il me le demanda. Je n’aimais pas la façon dont il me surnomma à cause de ce que cela pouvait représenter. Non. Plus jamais je ne laisserais quelqu’un devenir “ami” avec moi ! Et c’est pourquoi, quand je le vis approcher ses mains de mon visage, je voulus me reculer. Je n’y parvins pas, comme si mes ailes refusaient d’obéir à la peur qui me prenait. Pourtant, elles me laissèrent avancer vers ce garçon qui se voulait sans doute rassurant.

*Non… Pas ça…*

Je ne sais pas pourquoi mais, dès que j’eus pensé cela, mes ailes s’arrêtèrent immédiatement de battre. Tout se passa si rapidement que je ne compris pas du tout ce qu’il se passa. Au lieu d’atterrir sur le sol, je me trouvai sur un lit d’infirmerie puant le désinfectant avec l’ange qui me tenait contre lui. En m’en rendant compte, je voulus me détacher de lui, mais je n’y parvins pas. Essoufflée comme si j’avais couru pendant une heure sans m’arrêter, je ne parvins même pas à me relever tout de suite. Respirer était difficile à cause de mes côtes douloureuses et le manque d’oxygène que je semblais subir. Non mais il se passait quoi à la fin ?!

Juste à côté de mes ailes vibrantes désormais repliées dans mon dos, je sentais une mains passer régulièrement. La voix de Daniel se manifestait également en essayant, encore une fois de me rassurer. Je ne voyais pas son visage étant donné que je ne m’étais toujours pas relevée, mais j’imaginais qu’il devait avoir ce petit air rassurant peint sur le visage, comme lorsqu’il m’avait demandé d’ouvrir les yeux. Etait-ce feint ? Ou bien … ?

*Non ! Personne n’est jamais réellement sincère dans les amitiés.*

Alors pourquoi regrettes-tu autant de ne pas t’être renseignée avant ta fugue sur la situation de ta jeune amie ?

- La ferme… soufflais-je presque inaudiblement à l’intention de ma conscience qui prenait trop ses aises dans mon esprit.

J’étais encore essoufflée, mais cela allait un peu mieux tout de même. Assez pour que je puisse me relever. Honteuse de m’être retrouvée dans cet état, je fis tout pour ne pas regarder le jeune homme dans les yeux alors que mes joues s’étaient légèrement rosies. Il venait de me demander si je me sentais mieux mais j’avais plus répondu à une voix dans ma tête qu’à celui qui s’inquiétait de mon état. Je ne pouvais pas me permettre de rendre la situation plus malaisante qu’elle ne l’était déjà. Alors, me tenant mes côtes comme si cela allait apaiser la douleur, je me relevai et allai vers la sortie de la pièce. Et, juste avant de l’ouvrir, j’eus comme une hésitation.

Tu es vraiment devenue bien ingrate.

Pendant une seconde, je restai comme ça avant de tourner la tête vers lui. Elle avait terriblement raison. Je n’aimais pas ça… Alors, comme hésitante, et toujours en fuyant son regard, je lui déclarai :

- Merci… de m’avoir aidée.

Et c'est tout ?!!

Je fis mine de vouloir rajouter autre chose. Mais les mots me manquèrent. Alors, j’ouvris la porte avec l’objectif de rejoindre ma chambre, oubliant totalement ma veste toujours accrochée au porte-manteau.
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Jeu 19 Juil - 20:36
Ce ne fut pas facile mais je parvins tout de même à la faire redescendre, par de doux propos mais aussi en l'attirant doucement. J'avais bien senti une résistance de sa part mais elle finit par passer autre et se laisser venir vers moi. Bon, on finit allongés l'une sur l'autre mais aussi gênant que cela soit, ce n'était pas le plus important. Elle se calma et finit par se relever. Cela dit, je me demandais à qui elle demandait de se taire. Cela ne semblait pas adressé à ma personne et nous étions seuls dans la pièce.

Elle se leva et je me redressais à mon tour, m'installant en position dite assise sur le bord du meuble.


- Merci… de m’avoir aidée.

Euh, elle allait partir, là comme cela ? Elle venait de se cogner au plafond, sans parler du contre-coup d'avoir utiliser un pouvoir de soin sur moi. Et ce contre-coup n'était pas rien : elle avait craché du sang tout de même. Je ne pouvais pas la laisser s'enfuir comme cela. Je n'en ai pas l'air mais je suis quand même agile et rapide. Je me levais et la rejoignis avant qu'elle ne franchisse la moitié de l'infirmerie, l'attrapant doucement dans mes bras.

"Hé, attends ! Tu devrais prendre le temps de te reposer un peu."

Je doutais de la convaincre par la logique. Elle devait elle-même bien savoir quelle n'était pas en forme. Je décidais donc d'user des grands moyens ! Je la relâchais aussi après l'avoir prise dans mes bras, lui tournant le dos en faisant tournoyer légèrement son débardeur dans ma main droite, ajoutant sans la regarder un seul instant,

"Enfin sauf si tu souhaites que tout le monde puisse admirer tes ailes et tes sous-vêtements."

Le ton était taquin mais je m'en voulais quand même un peu d'agir de la sorte avec elle. De la main libre, je pris une chaise à roulette et je la poussais dans sa direction pour qu'elle s'y installe. Cela dit, ma conscience me harcela aussitôt et je posais ma main gauche sur ma tête en râlant légèrement contre moi-même. Je m'avançais vers le pote-manteau et touchais la chemise pendue dessus, tournant le regard juste pour voir où était Bethany. Dès que j'eus sa position, je reportais mes yeux vers le mur. La chemise devait se trouver sur ses épaules, maintenant, et le débardeur aussi.

"Désolé, je ne voyais pas d'autre moyen de te convaincre de rester te reposer un peu. Si tu veux être seule, dis le et c'est moi qui m'en irait. Après tout, grâce à toi, je n'ai plus vraiment besoin de rester ici..."

Il y avait du remord dans mes propos, car il faut savoir être sincère parfois dans ses propos, mais aussi.. un peu de tristesse quand j'envisageais de me retrouver seul, un fois de plus. Cela dit, vu mon geste, je ne méritais pas moins de sa part... mais je le referais quand même. Dans son état, elle serait capable de se remettre à voler, dans un couloir où elle s'assommerait contre le plafond ou à l'extérieur où elle serait incapable de redescendre toute seule ! Si je devais me sacrifier pour lui éviter cela, oui, je le ferais.
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Lun 13 Aoû - 14:41



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Je venais de traverser une partie de l’infirmerie quand je sentis qu’on m’attrapait par le bras. Surprise tant je ne m’y attendais pas, je fis un volte face en écarquillant mes yeux émeraudes. C’était encore lui qui me retenait. Pourquoi ? Nous étions quitte pourtant. A moins qu’il n’ait quelque chose à me reprocher ? A vrai dire, je n’eus pas à me poser la question bien longtemps puisqu’il me demanda d’attendre en s’expliquant. Pour lui, je devais me reposer un peu. Certes, j’avais perdu du sang, je m’étais cogné et je ne sais plus quoi d’autres qui faisait que je n’étais pas au meilleur de ma forme. Mais c’était justement ce que je comptais faire, me reposer. Mais pas ici. Dans ma chambre. Loin des regards curieux des autres ou de ceux voulant absolument me parler pour je ne savais quelle raison absurde. C’est pourquoi je lui répondis :

- Ca, je le sais. Maintenant, tu m’lâche et j’pourrais aller me reposer.

T’es vraiment la pire des têtes de mules quand tu t’y mets ma pauvre ! me fit ma conscience à laquelle je répondis d’aller se faire mettre ou de se la boucler une bonne fois pour toute. Je n’avais pas besoin de ses commentaires débiles alors que j’étais déjà bien trop occupée à me débattre avec un ange têtu.

Malheureusement, sans prévenir, il me joua un sale tour dont je vis le résultat que lorsqu’il m’en fit part. Rouge pivoine de gêne et de colère, j’entourai ma poitrine seulement cachée par mon soutien gorge de mes bras. Cela ne changeait pas grand-chose, que ce soit physiquement ou dans mon envie de le frapper, mais je me voyais mal le poursuivre pour tenter de rattraper mon bien. A la place, je lui lançai des regards noirs quand je n’étais pas en train de veiller à ce que personne n’arrive inopinément. Je lui répondis même froidement à son commentaire :

- Va en enfer !

Au rythme de mes humeurs, mes ailes ne cessaient de vibrer, voire de s’entrouvrir. Cela me donnait un air qu’à moitié menaçant à cause de ma frêle carrure. Mais j’étais vraiment prête à me jeter sur lui pour récupérer mes biens et lui faire payer ça.

Ma pauvre, non seulement il ne te laisserait pas faire, mais en plus tu ne lui ferais pas grand mal.

Elle avait raison, je devais bien l’avouer, mais cela m’aiderait au moins à garder un semblant de sang froid après coup. Ma dignité ? Elle pouvait rejoindre Satan en cet instant précis. Ou, plus exactement, elle pouvait rejoindre ma fierté perdue depuis l’instant où je m’étais montrée faible et polie envers lui. … Devais-je également reparler du moment où je m’étais retrouvée démunie face au psy qui s’était transformé en chat juste pour m’approcher ? J’en avais encore la rage malgré tout !

Ignorant totalement la chaise qu’il m’avait envoyée, sans doute pour que je m’assois dessus, je le vis s’approcher du porte manteau de la pièce. Je fus surprise d’y trouver ma veste disparue plus tôt. Petit à petit, je compris un peu mieux l’origine de la disparition de mes vêtements. Théorie qui trouva sa véracité dans le fait que je les retrouvai à peine quelques secondes après qu’il eut touché mes biens. Malgré moi, je soupirai de soulagement d’être enfin habillée. Mais ma colère n’était toujours pas retombée, loin de là. Je m’approchais donc de lui avec des pas lourds sans me soucier du fait de me retrouver à nouveau dénudée partiellement. Après tout, vu la honte qui se lisait sur son visage, il était peu probable qu’il le refasse. Surtout sans but, à moins qu’il ne soit en train de me tromper.

Pointant sa poitrine du doigt en le regardant droit dans le yeux. Puis, d’une voix glaciale, je lui répondis :

- Tois, tu fais bien c’que tu veux j’m’en fiche. Mais m’empêche pas de retourner dans ma chambre sans quoi tu ne t’en sortiras pas en aussi bon compte ! Plus tu m’feras ce genre de tour, plus je ferais de ta vie un enfer !

Tout doux Bethy, il est gentil ce petiot.


*Toi la ferme !* pensais-je alors que je trounais le dos au jeune homme, parée à sortir de l’infirmerie.

Finalement, je ne savais toujours pas ce que j’allais faire de cette paire d’ailes que je ne parvenais toujours pas à accepter. Tout le monde essayait de me convaincre qu’elles étaient géniales, mais je ne le voyais pas comme ça. J’avais beau tourner le problème dans tous les sens, ces ailes étaient tout sauf quelque chose de génial !
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